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Falsification :des faux billets plus vrais que vrais

17 juillet 2004, 20:00

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A/C 152865 : ce numéro de série qu?endossaient 27 billets de Rs 200 a été fatal à deux habitants de Chemin-Grenier le 8 juillet. Leur arrestation a permis de mettre au jour une véritable petite mine, non pas d?or mais de faux billets ! En perquisitionnant le domicile d?un complice, la police a saisi de nombreuses feuilles de papier avec l?impression des billets, des guillotines et bien d?autres équipements sophistiqués. Les couleurs et les impressions étaient parfaites sur un papier qui s?apprête à la monnaie courante : les copies étaient plus vraies que les vrais billets. Aujourd?hui, plus besoin de plaquettes, de talons, d?encrier, de cadres, de moules en bois tels qu?on a pu souvent le voir dans les films illustrant la fabrication de faux billets. Ce trafic ne tient qu?à la technologie informatique !

« Pour contrefaire la monnaie, il suffit de se munir d?un ordinateur, d?un scanner avec une bonne résolution d?image et d?une bonne imprimante laser. On peut scanner le vrai billet et travailler sur l?image avec un logiciel spécifique et ensuite, il reste à imprimer le billet en recto et verso », confie un expert en informatique. Selon lui, ce matériel, tout comme le papier se rapprochant de celui servant à fabriquer des billets authentiques, sont facilement accessibles sur le marché local. Beaucoup d?escrocs utilisent tout simplement des photocopieuses couleurs.

Ainsi, cette supercherie relève davantage d?un jeu d?enfant ! En août 2001, trois jeunes, âgés entre 12 et 17 ans, avaient été arrêtés pour avoir présenté une fausse coupure de Rs 100 dans une boutique. Le cerveau de cette affaire n?avait que 17 ans ! Et de nos jours, il n?y a pas que la monnaie mauricienne qui passe entre les mains des falsificateurs ? Les devises étrangères en font aussi les frais. Le 5 juillet dernier, un habitant de Triolet a présenté un faux billet de 1 000 euros en échange de jetons.

Au total, on recense plus de 200 billets contrefaits annuellement. Que se passe-t-il donc lorsqu?une telle falsification survient ? « La police arrête la personne en possession du faux billet, qui est conservé comme pièce à conviction, et envoyé pour une expertise au Forensic Science Laboratory (FSL) », déclare Me Elias Oozeerally.

Si un faux billet est présenté à la succursale d?une banque, c?est la Mauritius Bankers Association (MBA) qui intervient. « Nous allons aviser les responsables des banques qui sont membres de l?organisation de prendre les mesures nécessaires suite au cas de falsification dénoncé », affirme Aisha Timol, Chief Executive de la MBA. Cette organisation comprend la Banque de Baroda, la Banque des Mascareignes, la Barclays, la First City Bank, la Habib, la HSBC, l?Indian Ocean International Bank, la MCB, la Mauritius Post and Cooperative Bank, la South East Asian Bank et la SBC.

Après l?examen du FSL, le billet est remis à la Banque de Maurice. « Avec le progrès technologique, les fausses coupures sont plus faciles à fabriquer. Les experts effectuent une contre-expertise du billet, ainsi qu?une petite enquête sur son origine. Mais très souvent, il est difficile de remonter à la source de fabrication », déclare Ramesh Basant Roi, gouverneur de la Banque de Maurice, qui est la seule instance à pouvoir produire les roupies et billets mauriciens.

En général, les experts émettent un rapport ou un certificat, signé par le Managing Director de la Banque de Maurice, attestant de la contrefaçon, en conformité avec la section 25 de la Bank of Mauritius Act. Les équipements servant à la falsification sont également saisis et présentés comme pièces à conviction. Il incombe au magistrat ou au juge qui siège de déterminer ce qu?il advient des équipements utilisés. Ils seront détruits ou vendus à l?encan. Pour ce qui est des billets, ils seront à nouveau transférés à la Banque de Maurice pour être détruits.

Que dit la loi ?

En vertu de la section 100 du code pénal, toute personne trouvée coupable d?avoir contrefait le sceau de Maurice ou d?en faire usage est passible d?une peine de prison. L?alinéa 2 de cette loi stipule également que la moindre falsification d?un billet de banque ou l?imitation d?un mot, d?une lettre, d?une figure, d?une marque, d?un signe, d?une signature ou d?un fac-similé sur ou rattaché à un billet de banque ou l?usage d?un faux billet en connaissance de cause, rend toute personne passible d?une peine similaire. Idem pour quelqu?un qui utiliserait ou posséderait du papier susceptible de passer pour du papier monnaie ou pour la fabrication des faux billets, de moules à papier, de cadres, de lettres, de plaques ou d?autres instruments pour la falsification. La durée de la peine d?emprisonnement varie en fonction de la gravité des charges et de la cour où la plainte est logée. Par exemple, en cour de district, l?emprisonnement n?excédera pas deux ans tandis qu?en cour intermédiaire, la servitude pénale peut durer huit ans. Les personnes trouvées coupables de falsification de monnaie doivent également s?acquitter d?amendes, dont le montant est déterminé par le juge ou le magistrat.

La sécurité est dans le billet

Afin de préserver l?authenticité des billets, la majorité des banques centrales de divers pays ont décidé de modifier l?effigie des billets à une fréquence de dix ans. Cet accord a été pris lors du G 10 il y a plusieurs années. Mais avec l?affluence des falsifications, ce délai devrait être écourté à 5 ou 7 ans. La date prévue pour le changement des billets mauriciens n?a pas encore été fixée. La Banque de Maurice planche toujours sur la question.

Comment distinguer le vrai du faux ?

Véritable casse-tête : comment reconnaître qu?un billet de banque est authentique ? Et bien, les petits conseils ci-dessous devront vous y aider :

  1. Le toucher du billet est déterminant. Si le papier est trop malléable, trop souple, vous avez affaire à un faux.

  2. Chaque billet contient un filigrane à trois dimensions, représentant la forme d?une tête d?un dodo, visible à la lumière.

  3. Une représentation stylisée d?une conque est imprimée au recto et au verso du billet avec des motifs formant un cercle complet sous la lumière.

  4. On peut aussi lire sur le billet un fil à fenêtre contenant le sigle Bank of Mauritius.

  5. Le portrait illustrant chaque billet est gravé en creux à l?encre intaille*.

  6. Le billet renferme une image cachée vue à la hauteur des yeux et représentant les lettres BM.

Au verso, ces mêmes lettres sont reproduites mais uniquement visibles à la loupe.

  1. Sous une lumière ultra-violette, les chiffres correspondant à la valeur faciale de chaque coupure sont visibles.

  2. Sur les coupures de Rs 2 000, Rs 1 000, Rs 500, Rs 200 et Rs 100, une bande est visible sous la lumière.

  3. Sur le billet de Rs 2 000, un hologramme réunit les images du dodo et de la valeur du chiffre.

  4. Sur les coupures de Rs 1 000 et de Rs 500, deux images différentes de la valeur en chiffres ou des formes géométriques sont visibles.

  5. Les billets de Rs 200 et Rs 100 contiennent une bande métallisée d?argent terne, dans la partie gauche au recto, de haut en bas.

  6. Le billet porte un numéro de série unique. Dans le cas de faux, les billets endossent souvent le même numéro de série.

  7. À l?aide d?une plume ou d?une lampe ultra-violette, on peut détecter si un billet est faux. Par exemple, sous cette lumière, les figures et autres sigles de sécurité ne sont pas visibles. De plus, le billet sera blanc sous la lumière fluorescente.

Évitez d?utiliser des billets trop sales. Échangez les billets sales à la banque. Si c?est un faux, l?encre va se détacher du billet au contact de l?eau.

  • Intaille : gravé en creux.

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