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La réplique de Bérenger à Blair

17 juillet 2004, 20:00

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Le Premier ministre ne réclamait que quelques minutes à son homologue britannique, mais celui-ci n?a pu se libérer pour le recevoir au 10 Downing Street. A la place, il lui a fait parvenir une lettre. « Ce courrier de Blair, je l?ai reçu que quelques minutes avant ma rencontre avec Don Mc Kinnon, secrétaire général du Commonwealth », laisse échapper le Premier ministre mauricien.

Avec des mots bien choisis, dans un souci manifeste de ne pas envenimer les relations entre Londres et Port-Louis, Paul Bérenger a critiqué le Premier ministre britannique : « J?ai pris note que Tony Blair s?est exprimé pour la première fois sur le dossier des Chagos le 14 juillet. Or il n?a abordé qu?un aspect du problème seulement, en affirmant que la base de Diego Garcia était vitale. Mais il n?y a pas que l?aspect militaire, il y a aussi la question de souveraineté et celle du traitement inhumain infligé aux Chagossiens? »

Comme il n?a pas pu le rencontrer, alors Paul Bérenger fera comme Tony Blair : « Je vais lui envoyer une lettre dans le courant de la semaine ». Cet échange de bons procédés a en fait commencé lors du passage de Bérenger à Londres.

Après une réponse négative du bureau de Tony Blair, les autorités britanniques ont proposé une conversation téléphonique entre le Foreign Secretary Jack Straw et le Premier ministre mauricien ou une rencontre avec l?Overseas Territories minister Bill Rammell. Mais l?entourage de Bérenger devait avancer la même raison évoquée par les services de Blair : « He could not fit that in his diary ».

Sur le plan diplomatique, il n?y a pas que le dossier Chagos qui préoccupe Paul Bérenger. Il s?attend à un « very tough time ahead » pour faire face à la baisse programmmée du prix du sucre. « Nous préparons un plan d?urgence pour l?industrie. Il viendra compléter la réforme que nous entamée depuis le début de notre mandat. »

En Europe, le « lobbying tous azimuts » va s?intensifier. L?idée est de repousser à plus tard la baisse préconisée par Franz Fishler, commissaire européen à l?Agriculture. Mais Bérenger est conscient que la partie ne sera pas facile. L?adhésion de dix nouveaux membres au sein de l?Union européenne, dont plusieurs sont eux-mêmes pauvres, n?arrange pas les choses : « Il y a comme un budget war actuellement en Europe. »

Après l?Europe, le Premier ministre, concluant son tour d?horizon, a une fois encore évoqué sa « winning formula » : « Li ène package. Li concerne, entre autres, le président ou la présidente de la République. Mo pou largue boutte par boutte. Le moment venu, zotte ava conné? ». Nous sommes désormais habitués à la bande-annonce de la formule de Bérenger.

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