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Les infirmiers menacent de faire la grève
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Les infirmiers menacent de faire la grève
Les doléances sont nombreuses. Le Front commun des syndicats des infirmiers (FCSI) affirme que le manque de personnel qualifié dans les hôpitaux ?est une situation intolérable et dangereuse?. Il se plaint également du ?harcèlement systématique? du ministère de la Santé pour des ?peccadilles?. Une assemblée générale prévue le 28 juillet a pour but de décider de la marche à suivre si le ministère n?améliore pas les conditions de travail. En cas de refus, le message est clair : go-slow et grève générale sont envisagés.
Le FCSI qui regroupe la Nurses Union et la Nursing Association expliquait hier que cette assemblée générale fait suite à une lettre envoyée au ministère le 12 juillet dernier. Les infirmiers y ont proposé une série de suggestions afin que leur travail au quotidien s?améliore. Au cas où le ministère ne les considère pas, ils envisagent, dans un premier temps, de faire du go-slow et de refuser d?accomplir des tâches qui ne figurent pas dans leur contrat. En deuxième recours, ils comptent faire grève.
Mais le FSCI souhaiterait rencontrer les responsables du ministère avant cette assemblée générale. Selon le président de la Nurses Association, Francis Supparayen, c?est ?à la suite d?une série de réunions dans tous les hôpitaux que le FCSI a constaté qu?il y avait d?importants mécontentements face aux problèmes quotidiens du personnel? et qu?il a été décidé de tenir cette réunion.
Infirmiers menacés
En effet, beaucoup trouvent que ?les vrais problèmes de la Santé ne reçoivent pas l?attention qu?ils méritent? alors que les Regional Health Directors menacent les infirmiers avec des lettres de renvoi et de suspension pour une vitre sale ou un mégot qui traîne, affirme Francis Supparayen.
En parallèle, l?exode des infirmiers ? au nombre de 10 à 15 par mois ? vers des pays comme l?Angleterre n?arrange pas les choses. Le président du Front explique que ?le qualified staff a été réduit considérablement?.
Selon lui, deux infirmiers gèrent en ce moment une trentaine de malades de même que leurs parents. En fait, dit-il, un minimum de cinq infirmiers qualifiés et de trois supportive staff est nécessaire dans les salles de pédiatrie le soir ?pour assurer un traitement et un service de qualité?. Dans les salles de maternité, avance Supparayen, le manque de personnel qualifié est ?encore plus aigu?.
Le système de transferts et la lenteur du processus de promotion ont aussi été évoqués. Le FCSI se dit favorable à un système dans lequel ?les promotions sont accordées le plus rapidement possible?. ?Nous ne pouvons plus attendre 20 ans pour une promotion alors que 40 à 50 postes restent vacants?, déplore le président de la Nurses Union.
Le FCSI compte également aborder l?abolition du BSc Nursing, une formation universitaire pour les infirmiers qui est offerte par l?université de Maurice de concert avec l?université de Middlesex en Grande-Bretagne. Il veut voter une résolution pour que la formation soit placée sous l?égide du ministère de l?Education. Depuis 2000, 180 infirmiers ont obtenu leur diplôme de BSc Nursing.
Le président de la Nurses Union, Cassam Kurreeman, explique quant à lui que les ?errors and omissions? du rapport du Pay Research Bureau ont causé ?encore plus de frustration?. Le salaire de Rs 50 que reçoivent les infirmiers pour une nuit de travail est insuffisant. Cette situation contribue, dit-il, à l?exode des infirmiers. Kurreeman fait aussi état de l?augmentation considérable du salaire du Directeur des services pharmaceutiques alors que celui du Chief Nursing Officer reste quasi inchangé. De plus, il juge ?pitoyable? la paie de Rs 25 par nuit des Health Care Assistants qui ont les mêmes horaires que les infirmiers.
Dans sa lettre au ministère de la Santé, le FCSI recommande la mise sur pied d?un High-Powered Committee pour étudier ces problèmes. Le FCSI demande aussi qu?un comité de transferts, semblable à ceux qui ont été institués dans les autres secteurs publics, soit établi pour les infirmiers. Le ministère devrait également mettre sur pied un comité pour mieux gérer les ressources humaines dans les hôpitaux.
?On contribue énormément au secteur de la Santé mais les infirmiers se sentent délaissés par leur ministère?, souligne un infirmier de l?hôpital Victoria. Le ministère de la Santé a bien du pain sur la planche. Car si la situation ne se décante pas, ce sont les patients qui risqueront d?en pâtir.
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