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Jean-Noël Samoisy, un meneur d?hommes

6 juillet 2004, 20:00

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Jean-Noël Samoisy est encore tout jeune quand il décide de mener la lutte contre l?alcoolisme. Aujourd?hui, ayant atteint la quarantaine, il consacre toujours, de nombreuses heures à aider ses frères et s?urs en difficulté. Il ne s?arrêtera pas en si bon chemin, avec la collaboration et la compréhension de sa famille.

Né à Montagne-Goyave, le jeune Jean-Noël s?intéresse au travail social, alors qu?il est encore au collège. Il fait partie du club Interact qui deviendra par la suite le Rotaract et le Rotary.

Sa mission est d?aider les malheureuses victimes qui habitent surtout dans les régions le plus éloignées. Débordant d?énergie, Jean-Noël fait également partie d?un club de jeunes de son village natal et du comité du village. Il aide à améliorer les conditions de vie des habitants de son village.

Ses études secondaires terminées, il prend de l?emploi au service de l?Agriculture, comme Agricultural Assistant. Il y sera pendant sept mois.

Il part ensuite pour Maurice et est enrôlé au ministère de la Santé comme aspirant infirmier. Il y passera quatre ans et travaillera dans différents hôpitaux de l?île. Il retourne à Rodrigues en 1987 et vient travailler à l?hôpital de Mont-Lubin. C?est d?ailleurs dans ce village qu?il vient habiter en 1989.

Sa proximité avec les patients confirment son engagement pour le social. Il redouble d?énergie dans sa lutte contre la toxicomanie.

Il lance , avec des amis, le Crack Anti-Drug Group, une organisation non-gouvernementale, qui lutte contre les abus de l?alcool.

Jean-Noël décide de se spécialiser dans la lutte contre la toxicomanie. Il suit des cours par correspondance d?une institution française et d?une autre d?Angleterre. En 1995, il part en France dans le cadre d?un échange professionnel et de formation dans un centre d?alcoologie à Nantes. Il profite de son séjour en France pour jumeler l?organisation de Crack Anti-Group à l?OASIS, un groupe nantais.

Pendant des années, Jean-Noël se démène pour doter le pays d?un centre d?alcoologie. Grâce à l?Union européenne, des associations de la Réunion et de France et aussi de l?actuel commissaire, Serge Clair, le centre d?alcoologie a pu ouvrir ses portes en 2000. Jean Noël Samoisy tient à rendre hommage à Marcel Rousseau, un psychologue français, à Annick Lavenant, psychiatre et à Pascal Chauvin, un alcoologue et sexologue, qui ont tous aidé à former des jeunes et mettre sur pied le centre d?alcoologie.

En 2000, Jean-Noël est approché par le Trust Fund pour l?intégration des personnes vulnérables pour prendre en charge la branche à Rodrigues. Il prend un congé sans paie auprès du ministère de la Santé pour s?adonner à ses nouvelles activités.

Est-il satisfait de son combat ? A cette question, Jean-Noël répond qu?il n?y a pas de solution magique pour combattre la toxicomanie. Il souligne qu?il y a deux types de résultats. Le premier, c?est de gérer la situation et le deuxième, c?est de réparer les dégâts. Tout en affirmant que la situation est inquiétante à Rodrigues, il se demande quelles auraient été les conséquences si tout ce travail de prévention n?aurait pas eu lieu. Il affirme que sur 1 000 personnes que le Crack Anti-Drug a aidées, 50 pour cent s?abstiennent complètement de prendre de l?alcool, alors qu?un bon pourcentage en consomment avec modération. ?Il est réconfortant de revoir le rayonnement d?une famille?, souligne-t-il.

En tout cas, Jean Noël bénéficie de la collaboration de ses trois enfants : Jean Hubert (14 ans), Anne-Cathy (12 ans) et Natanielle (5 ans) et surtout de son épouse Florise, qui est enseignante. Une famille dont la mission est d?aider les victimes?

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