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Le triomphe du Roi Otto

4 juillet 2004, 20:00

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Otto Rehhagel, l?entraîneur allemand de la Grèce, surprenant vainqueur de l?Euro 2004, hier, à Lisbonne, est un adepte d?une discipline rigoureuse au service du collectif, ayant forgé sa réputation avec des clubs au départ sans grande ambition, tels Brême et Kaiserslautern.

Couronné ?roi Otto? ou ?Rehhakles?, en référence mythologique à Heraclès (Hercule), par la presse populaire, l?ancien défenseur, âgé de 65 ans, a réalisé l?exploit d?apprendre la rigueur à des joueurs grecs plus portés sur l?improvisation méditerranéenne.

?Dans le passé, nous voulions jouer un football attractif, parce que nous avions des joueurs très techniques, explique le défenseur de Leicester City, Nikos Dabisas. Mais cette stratégie a échoué. Rehhagel nous a dit que nous ne devions pas être attractifs, mais efficaces?.

En Grèce, l?Allemand a conservé sa tactique ?à l?ancienne?, avec deux stoppeurs et un libero derrière sa défense. ?Nous nous sommes construits petit à petit depuis trois ans?, explique le sélectionneur appelé le 9 août 2001 au chevet hellène. Contre la République tchèque, ?j?ai donné quelques conseils suivant mon expérience, qui ont été suivis par mes joueurs?, ajoute-t-il.

Car après neuf ans de carrière comme défenseur (1963-72 au Hertha Berlin et à Kaiserslautern), cet amateur d?art ? il avait inscrit le nom du peintre Rubens sur la sonnette de sa maison munichoise ? est devenu de 1973 à 2001 un entraîneur à la discipline de fer.

?Discipline, c?est le mot magique, dit-il. Nous sommes naturellement individualistes, mais l?important est que le groupe s?entende bien en dehors du terrain. Tous les joueurs sont importants, même ceux qui sont sur le banc, car ils font partie du groupe.?

Cette valorisation du collectif lui avait valu de gros problèmes au Bayern Munich (de juin 1995 à avril 1996), alors que les stars du ?FC Hollywood? s?accomodaient mal de son autorité.

Mais elle lui a également permis de remporter avec Kaiserslautern le Championnat d?Allemagne en 1998, l?année même de la montée en D1, une première. Et aussi de faire du Werder Brême un des principaux clubs allemands au début des années 1990 avec des victoires en championnat (1988, 1993), en Coupe nationale (1991, 1994) et en Coupe d?Europe des vainqueurs de Coupes (1992).

Toutefois, à cause de son expérience malheureuse avec le Bayern ? qu?il a amené en finale de la Coupe de l?UEFA avant d?être remercié ? il est toujours considéré en Allemagne comme un entraîneur de ?club de province.?

Qu?importe. ?J?ai montré que je pouvais gagner n?importe où?, a-t-il affirmé en évoquant sa réussite à la tête de la sélection grecque, fonction pour laquelle il est sous contrat jusqu?en 2006.

Quant à la finale d?hier, face au Portugal, Rehhagel avait raison de dire : ?nous sommes les outsiders et nous n?avons rien à perdre, alors tout est possible?. Certains se souviendront aussi que, il y a 50 ans, le 4 juillet 1954 à Berne, l?Allemagne renaissante remportait le titre mondial aux dépens des archi-favoris hongrois?

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