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La filière africaine reprend du poil de la bête
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La filière africaine reprend du poil de la bête
Rien ne semble arrêter l?entrée de la drogue sur le territoire mauricien. Après la filière indienne, les trafiquants ont trouvé une voie d?accès à travers le continent africain pour écouler leurs stupéfiants dans l?île.
Ainsi, la brigade anti-drogue a trouvé cette semaine près de 600 grammes d?héroïne sur deux ressortissants sud-africains, un Tanzanien et deux complices locaux.
Avec ces saisies évaluées à plus de Rs 6 millions, il semble que les trafiquants se tournent plus vers les Africains que vers les passeurs de la Grande péninsule.
Lundi, lors d?une opération de l?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) menée par l?assistant commissaire de police (ACP) Vinod Appadoo, 400 grammes d?héroïne ont été découverts dans la chambre d?hôtel de Stephan Joseph Wasson, un ingénieur de Cape Town âgé de 40 ans.
De la drogue importee de Tanzanie
La drogue, emballée dans trente-quatre sachets, était dissimulée sous les coussins d?un canapé. La perquisition a également permis de trouver environ Rs 14 000 en dollars américains et en roupies.
Pressé de questions, le Sud-Africain a fini par avouer qu?il devait remettre le colis à des Mauriciens après avoir reçu un appel de son contact qui est resté au Cap.
Le lendemain matin, c?est ainsi qu?Antoine Neville Rome, un chauffeur, Gino Gustave, un pêcheur, et le policier Jean-Paul François ont été interceptés lors d?une opération de surveillance au lieu de rendez-vous, à Trou-aux-Biches.
Le même jour, dans l?après-midi, une deuxième équipe de l?Adsu interpelle le Tanzanien Juma Maulid Mohamedi et le Sud-Africain Hamza Ndwandwe dans une guesthouse située à Sodnac, Quatre-Bornes. Ils sont trouvés en possession de 200 grammes d?héroïne et de plus de Rs 50 000 en roupies et en livres sterling.
Hamza Ndwande, un Marketing Manager, avait pris rendez vous avec Juma maulid Mohamedi à Sodnac au lendemain de son arrivée dans l?île. Ils ont tous deux avoué avoir importé la drogue de la Tanzanie.
Reste maintenant à la police de savoir qui sont les fournisseurs de l?héroïne. Remonter la filière est un travail très ardu et jusqu?ici, les enquêteurs ne sont jamais remontés au niveau des intermédiaires à l?étranger, malgré les protocoles de coopération entre les différents services de police.
Quoi qu?il en soit, dans les milieux des forces de l?ordre, on déclare que le point de départ de la drogue est sans conteste l?Afghanistan.
Elle transite par l?Iran, l?Inde, le Pakistan, le continent africain et même via Dubayy dans les Émirats arabes unis, pour ensuite se vendre comme des petits pains, entre Rs 200 et Rs 350 la dose, dans les principaux points chauds à Maurice.
Des Sud-africains pris dans les filets
Pour remonter la filière autant que possible, la police travaille sur la liste des personnes qui voyagent régulièrement dans les pays à risque, dans le but de démasquer les éventuels passeurs et trafiquants de drogue. Il y a quelques années, il y avait une recrudescence de passeurs venant de l?Inde. La source s?est tarie après de nombreuses arrestations, tant chez les passeurs, que chez les commanditaires présumés.
D?autres filières ont proliféré çà et là. Il y a eu une filière rodriguaise où la drogue passait par Plaisance, transitait par Plaine-Corail, pour ensuite revenir à Maurice. Les passeurs profitaient d?un contrôle moins minutieux sur les passagers en provenance de Rodrigues pour faire transiter la drogue.
Puis il y a eu une Philippine en provenance de Dubayy arrêtée avec 550 grammes d?héroïne en septembre 2002, six ans après une saisie sur l?axe Turquie-Maurice.
Occasionnellement des Sud-Africains sont pris dans les filets. Le dernier cas médiatisé concerne la condamnation d?Anneline Mouton en juin dernier pour importation de 674 grammes d?héroïne dissimulés dans les semelles de ses chaussures.
Cette jeune femme originaire du Cap ( simple coïncidence ? ) avait été prise le 30 juin 2002 à sa descente d?avion. Elle a raconté avoir accepté de porter des chaussures qu?un homme qu?elle venait de rencontrer lui avait remises pour qu?elle les donne à un contact local.
Plaidant la naïveté de sa cliente, l?avocat Raouf Gulbul a réussi à faire que l?accusation de trafic de drogue soit ramenée à celle d?importation de drogue. Ce qui lui a valu dix ans de prison et Rs 100 000 d?amende au lieu des quarante-cinq ans sanctionnant ce délit.
Dans les deux cas récemment mis au jour, il semble que la police n?a pas eu de mal à démonter le réseau local de trafiquants. Comme le soulignait l?express dimanche le 6 juin dernier, il semble que bon nombre de fournisseurs de drogue aient démarré leur activité à Roche-Bois et la région de Baie-du-Tombeau.
Concernant l?opération de l?Adsu à Trou-aux-Biches, l?un des contacts locaux, Gino Gustave, était connu des services de police. Cet habitant de Cité Briquetterie était en liberté sous caution à cause d?une affaire de drogue.
Au volant de sa Honda CRV, sa grosse chaîne en or au cou, habillé comme les rappeurs des clips américains, il ne passait pas inaperçu pour un homme qui se disait pêcheur.
Son frère aîné purge une peine d?emprisonnement pour trafic de drogue, alors que sa s?ur vient récemment d?être interpellée avec 86 doses d?héroïne aux Dockers Flats, à Baie-du-Tombeau.
C?est dans cette région qu?habitait le deuxième Sud-Africain arrêté lors de la saisie à Quatre-Bornes?
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