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?Je suis fière de mes artistes?
<B> Urnima Saha-Ragoobar, vous avez monté, dans le cadre du 143e anniversaire de la naissance de Rabindranath Tagore, le ballet Mayar Khela ? The Play of Illusion, présenté par le MGI et l?Institut Rabindranath Tagore, au Indira Gandhi Centre for Indian Culture, le lundi 7 juin 2004. D?où vous vient cette passion pour Rabindranath Tagore ? Quel est votre parcours ? </B>
Comme lui, je viens de Calcutta, Bengali de naissance. J?ai fait ma thèse de Doctorat sur sa philosophie. Auparavant, à la Benarès Hindu University, j?ai fait une maîtrise en Sanskrit ? Tagore avait une très grande connaissance de cette langue. J?ai aussi une maîtrise en philosophie et religion indiennes. Senior Lecturer au MGI, j?enseigne depuis 1976, date depuis laquelle je suis à Maurice. J?ai épousé un Mauricien, Santaram Ragoobar, qui faisait ses études d?économiste à la même université (Indian Philosophy & Hindu Theology in the department of Sanskrit). J?ai aussi une licence en Vocal music.
<B> Pourquoi, des nombreuses créations de Tagore, avoir choisi The Play of illusion ? Quelles sont vos autres réalisations au long de votre carrière ? </B>
Regardez le monde en ce 21e siècle. Les jeunes surtout sont fascinés par l?amour entre les sexes opposés. On n?entend plus presque parler de mariages arrangés. On se marie par amour. Mais combien réussissent ? Ils ne connaissent le réel sens de l?amour. Tagore n?avait que 27 ans quand il a créé Mayar Khela. Quand on étudie sa philosophie, on peut la suivre dans notre vie quotidienne. La philosophie veut dire avoir une vision intérieure de soi, vous voyez vos défauts et vos qualités. Il me fallait transmettre le message de Tagore à ces jeunes. L?amour est à l?intérieur de nous et non dans le monde extérieur. We need love to satisfy ourselves. Nous nous sentons meilleurs alors. Pleins de joie.
Chaque année je fais quelque chose pour l?anniversaire de Tagore. En 2003, j?ai donné une lecture-demonstration : A Glimpse of Tagore?s love songs, où j?ai chanté. J?ai donc démontré l?amour selon Tagore. Les années précédentes, j?ai donné des interviews à des journaux.
<B> Tous les chants de Mayar Khela sont en Bengali. Comment avez-vous réussi à transmettre le sens de l??uvre aux élèves et aux enseignants du MGI, qui interprétaient le ballet ? Auriez-vous eu recours à une traduction préalable ? Si oui, combien de temps y avez-vous mis ? Quelles ont été les difficultés rencontrées ? </B>
J?ai tout traduit. Cela m?a pris un mois. Le langage de Tagore est très difficile à traduire parce que très poétique et philosophique. J?ai fait en sorte de ne pas m?écarter du sens afin que l?on puisse avoir le même sentiment et la même expression. Mais j?ai réussi à le faire. C?était un plaisir. L?écrivain Bhismadev Seebaluck avait fait la redaction du texte. Ma directrice, Sooryakanti Gayan, a aimé le thème. Elle m?a donné son aval et m?a beaucoup encouragée à monter le ballet.
<B> Que pensez-vous de la performance de vos danseurs ? Combien de temps ont-ils eu pour répéter ? </B>
J?en suis très heureuse et très fière? surtout de mes artistes, élèves et personnel du MGI. Ils étaient pris par un autre programme, the play had to be delayed. Ils ont eu deux mois pour se préparer, pour assimiler la langue, la philosophie, la danse. Surtout qu?il s?agissait pour eux d?une langue étrangère. Et pour couronner le tout, les spectateurs bengalais comprenaient parfaitement le ballet. Tout s?est bien passé parce que les mots et les gestes étaient synchronisés à merveille.
<B> Comment se sent-on quand le show est terminé ? </B>
Soulagée. J?étais très inquiète pour les lumières. Je dormais mal. Mais, heureusement, tout a bien marché. C?était un grand bonheur. Je ne me sentais plus fatiguée. Mon rêve s?était réalisé. On a envie soit de perfectionner ce qu?on vient de créer, soit de trouver un nouveau concept. Cela a généré tant d?autres idées que je peux développer dans un futur immédiat ! J?ai déjà un concept que je pourrais mettre en marche, si l?occasion m?était donnée, pour les célébrations à venir.
<B> L?inauguration du Rabindranath Tagore Institute est pour bientôt. Vous avez, sans aucun doute, un programme particulier pour cette occasion?</B>
Avec notre Bengali Association, nous préparons un programme d?une heure comprenant des chants et des danses et la récitation de poèmes. C?est pour fin juin, à Ilôt, à Pamplemousses.
<B> Propos recueillis par Jeanne Gerval-ARouff</B>
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