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Accouchement difficile pour Enterprise Mauritius

12 juin 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est fait. Le secteur manufacturier aura une nouvelle configuration institutionnelle. Pravind Jugnauth l?a annoncé dans son discours du budget, vendredi. Mais l?accouchement n?a pas été facile.

La Mauritius Industrial Development Authority (Mida), l?Export Processing Zones Development Authority (EPZDA), et Subex-M disparaissent pour laisser la place à une nouvelle institution, Enterprise Mauritius.

Mais avant que le gouvernement ne tranche, argumentation, tergiversations, propos assez durs sont tenus. Le Premier ministre a communiqué la nouvelle organisation des facilitateurs du secteur industriel lors de la réunion du Haut comité ministériel sur les petites et moyennes entreprises (PME), il y a quelques jours.

Coup d?accélérateur

Joe Lesjongard, ministre des Terres et du Logement, des PME, de l?artisanat et du secteur informel encaisse. Vassan Appanah, directeur de la Small and Medium Industries Development Organi-sation (Smido) monte au créneau. Il craint que l?agence qu?il dirige ne soit engloutie. Un document où figurent 18 raisons pour lesquelles la Smido ne doit pas être intégrée à Enterprise Mauritius est circulé.

Sushil Khushiram, ministre de l?Industrie, donne la réplique. Paul Béren-ger, sur le ton de la boutade, déclare que la responsabilité des PME pourrait même être reprise par l?Industrie. Dans la foulée, le Small and Medium Enterprises Bill, projet de loi-cadre sur les PME, est « kept on hold».

Le comité présidé par Nikhil Treebohun, directeur du National and Productivity Council, continue à plancher. Un rapport intérimaire, soumis au gouvernement, prône l?intégration de la Smido à l?institution chapeautant le secteur. Tel est le cas dans des pays comme l?Irlande.

Mais la semaine dernière, coup d?accélérateur. Le cabinet tranche. Enterprise Mauritius n?assimilera pas la Smido. Mais celle-ci perdra ses attributions face aux entreprises moyennes. Elle s?occupera seulement des petites et des micro-entreprises.

La poire est tranchée. Lesjongard et Appanah respirent. En attendant, la National Industrial Development Organi-sation (Nido), à peine née, est enterrée.

Enterprise Mauritius, sera vraisemblablement une entité privée et sera cogérée par les représentants d?organismes d?État et du secteur privé.

Toutefois, les dirigeants des organismes qui disparaîtront cachent mal leur insatisfaction. En coulisses, on s?interroge sur la complexité de la législation sur le fonctionnement d?Enterprise Mauritius.

« La loi ou le règlement qui permettra la création d?Enterprise Mauritius sera d?une incroyable complexité», déplore un cadre du ministère de l?Industrie. D?autres s?interrogent « sur le transfert de compétences». Dans les milieux gouvernementaux, on se veut rassurant. « De nombreux employés concernés sont des contractuels », explique un ministre. En attendant, l?incertitude du lendemain influe sur la marche des organismes existants. Voilà où peuvent conduire des effets d?annonce et des querelles de clochers entre ministres pour garder des secteurs d?activités...

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