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Kelis artiste appétissante
Patience. Une vertu essentielle, un élément indispensable pour comprendre l?univers de Kelis. Voilà une artiste américaine qui s?est d?abord bâtie une solide réputation en Europe avant d?intéresser ? enfin les Américains, qui, pour une fois, ont manqué de flair ! En 1999, elle s?impose avec Caught Out There, un titre fort, dans lequel elle s?affirme comme une battante. Son clip frappe l?imagination. Kelis y mène une horde de femmes en colère et réduit en miettes, un petit ami infidèle.
A ce moment, Kelis a tout pour réussir : une voix superbe, un physique plus qu?avantageux et des collaborateurs célèbres. Son Kaleidoscope porte la griffe des Neptunes, alias Pharell Williams et de Chad Hugo, le duo de producteurs derrière le succès de Justin Timberlake ou Beyoncé. Pharell Williams et Chad Hugo, amis d?enfance de Kelis, collaboreront également avec la jeune femme sur Wanderland, son album suivant. Signalons que cet album n?a même pas eu les honneurs d?une sortie aux Etats-Unis. Tasty, son troisième album, sorti depuis décembre 2003, confirme tout le bien que l?on pensait d?elle. Pourtant, ce n?est qu?avec le single Trick Me qu?elle obtient, enfin, une reconnaissance dans les charts américains.
Tasty est la preuve que tout vient à point à qui sait attendre. Kelis, du haut de ses 24 ans, s?appuie sur des titres concoctés par les meilleurs producteurs de hip-hop et de r&b. Jugez plutôt : le duo Williams-Chad, Andre 3000 d?Outkast et Raphael Saadiq. Tasty se veut l?album qui révèle Kelis au grand public. La présence de Pharell Williams et Chad Hugo s?entend sur cet album, particulièrement, sur le titre Milkshake.
Cependant, cette troisième production révèle une Kelis, plus forte, plus sensuelle et plus féministe. Un sex-symbol. La jeune femme a co-écrit cinq des quatorze chansons de Tasty. Elle y maintient les guest appearances au strict minimum. Nas, son fiancé, chante sur In Public, Pharrell Williams sur Protect My Heart et Andre 3000 sur Millionaire.
Tasty regorge de petits joyaux musicaux, aussi entraînants que Milkshake, rangé d?ores et déjà, parmi les hits 2004 des boîtes de nuit aux Etats-Unis. «Je ne suis plus la femme aux cheveux arc-en-ciel qui s?égosille dans le micro,» explique Kelis. Pas besoin d?aller plus loin que Milkshake pour savourer le goût de Tasty ! Une ligne de basse plus sèche, un rythme saccadé : Kelis se pose entre la collégienne et la nasty girl.
<B>SENSUALITÉ INCARNÉE</B>
Un titre sulfureux au beat cadencé par des percussions lascives et un refrain mi chanté, mi-parlé, les Neptunes ont tout simplement offert à leur muse un nouveau morceau culte. A l?autre bout de cette échelle se trouve Rollin' Through The Hood, un pur produit des Neptunes, une protest song langoureuse. Puis, Kelis nous égare encore avec In Public, un titre qui ferait saliver une Christina Aguilera. Kelis et son compagnon y chantent les règles de l?acte sexuel. Les paroles sont interdites aux âmes prudes. L'incarnation de la sensualité version soul, façon Kelis et Nas.
Trick Me pousse le reggae vers de nouvelles frontières. Une superbe production signée Dallas Austin au gimmick incroyablement efficace. Le producteur d'Atlanta a retrouvé l'inspiration lumineuse à la hauteur des standards qu'il a déjà concoctés pour TLC, Pink ou autre Madonna. Keep It Down se range dans les catégories punk et rock tandis que Marathon joue la carte de la nostalgie, sur des rythmes jazzy récupérés des années 70.
Glow est une vraie perle soul. Après Trick Me, gageons que le prochain tube issu de Tasty sera Millionaire, concocté avec Andre 3000 d?Outkast. Du swing-pop réarrangé par des moyens numériques : quatre minutes où la star se la joue blasée. Des titres qui réinventent la soul, le hip-hop et le reggae : Tasty est un album à savourer sans modération. Kelis prouve qu?elle sait s?entourer. Au grand public de se laisser séduire ...
La petite fille de Harlem
Née Kelis Rogers, la chanteuse a été élevée dans une famille bourgeoise de Harlem. Son prénom est la contraction des prénoms de ses parents, Kennethe et Everliss. Elle doit sa beauté au métissage portoricain et chinois de sa mère. Son père Kenneth, musicien de jazz et pasteur, lui lègue l?amour de la musique. Il mourra en 1998, deux jours avant qu?elle ne signe son premier contrat avec la maison de disques Virgin. Enfant, Kelis a chanté dans plusieurs chorales, entre deux leçons de violon, piano et saxophone, tout en fréquentant une prestigieuse école privée dans les quartiers huppés de Manhattan. A 13 ans, elle décide de se raser la tête. Au fur et à mesure que ses cheveux repousse, elle les teint d?une couleur différente. Procédé qu?elle a répété pour la pochette de son premier album, Kaleidoscope, sur laquelle elle s?affichait avec des cheveux multicolores.
Après avoir décroché son diplôme de l?école de La Guardia, Kelis s?est orientée vers le conservatoire de New York. La jeune femme rencontre The Neptunes, deux producteurs. Chad Hugh et Pharell Williams ont remixé des artistes prestigieux tels que Prince ou Madonna. Kelis sort donc son premier album en 2000, Kaleidoscope, un titre qui lui ressemble tant ses influences R&B et hip-hop sont larges. Le premier single Caught Out There percute les charts américains mais aussi européens. Un an plus tard, le successeur de Kaleidoscope, l?album Wanderland, paraît dans les bacs. En 2003, elle sort Tasty.
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