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Ni mauvaises surprises ni cadeaux non plus
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Ni mauvaises surprises ni cadeaux non plus
Aujourd?hui 17 heures : le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, présentera son premier budget, le quatrième et avant-dernier du présent gouvernement. Après trois années de ?serre ceinture? sous la direction de l?ancien ministre des Finances, Paul Bérenger, la population, comme le secteur privé, se demande à quelle sauce sera assaisonné le présent exercice budgétaire.
Preuve des attentes suscitées par le budget : le magazine Eco-Austral note une baisse significative du moral des chefs d?entreprise dans son dernier sondage. Surtout attribuée à l?attentisme prébudgétaire car les résultats étaient nettement meilleurs en mars.
Si dans d?autres pays, la présentation du budget est purement un exercice comptable, à Maurice elle prend des proportions d?événement national. Ce n?est pas si anormal compte tenu de la taille réduite de l?économie des mesures budgétaires qui peuvent effectivement influer d?une manière ou d?une autre sur la performance de l?économie nationale et le bien-être de la population.
A ce chapitre, la majorité de la population se demande si après deux hausses successives de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), elle aura à subir un autre choc pour son pouvoir d?achat. ?Ce ne sera pas un no tax budget?, la phrase de Pravind Jugnauth, dans une interview à un hebdomadaire, laisse perplexe. A cela, Rama Sithanen, porte-parole du Parti travailliste sur l?économie, répond que Paul Bérenger avait en 2002 promis qu?il n?y aurait pas de nouvelle hausse de la TVA jusqu?à la fin du présent mandat du gouvernement. Il rappelle aussi que l?ancien ministre des Finances avait laissé entendre que le gouvernement serait en mesure d?alléger la pression fiscale en 2004-2005.
Pravind Jugnauth a fait savoir hier qu?il n?y aura pas de baisse de la TVA. A une année des élections générales, on peut parier qu?il n?y aura pas non plus de nouvelle hausse. Mais il peut, afin de financer les dépenses de l?Etat, recourir à d?autres taxes, notamment les droits d?accises sur l?alcool et la cigarette, entre autres.
En fait, tout dépendra de la marge de man?uvre dont disposera le ministre des Finances en termes de revenus et de dépenses. Le principal élément à prendre en considération est le montant des recettes générées par la TVA.
Recettes inférieures aux projections
Rama Sithanen soutient que l?Etat engrangera Rs 4 milliards à cet item. Alors que les économistes s?accordent à dire qu?un taux de croissance légèrement plus élevé devrait effectivement dynamiser l?activité commerciale et générer des recettes de TVA additionnelles.
Les observateurs sceptiques notent néanmoins que la rentabilité des entreprises n?est pas au mieux. L?importation des produits de consommation est toujours morose, comme le témoigne la faible demande en devises des grandes boîtes commerciales. Dans un tel contexte, les recettes de la TVA pourraient donc être inférieures aux projections.
Le fait que Pravind Jugnauth ait déjà indiqué que le déficit budgétaire sera en hausse à 5,7 % du produit intérieur brut (PIB) au lieu de 5,5 % tend dans cette direction. C?est peut-être au niveau des dépenses qu?il disposera d?un ?breathing space?. Le gros des chantiers d?infrastructures a été réalisé notamment au niveau de l?éducation et de la cybercité. Le ministre persiste à dire qu?il y a d?autres projets en cours qui devront être complétés et qui pèseront aussi lourd dans les dépenses de l?Etat.
On peut toutefois estimer que l?essentiel de l?effort financier dans les infrastructures est derrière nous. Par ailleurs, on peut aussi prévoir un certain allégement au niveau d?un autre poste ?budgétivore? qu?est le remboursement de la dette.
Ce dernier a représenté Rs 9 milliards, soit près de 25 % du budget courant de l?Etat l?année dernière. La baisse des taux d?intérêt, couplée à une volonté de rééchelonner la dette sur le plus long terme, devrait contribuer à soulager le fardeau de la dette.
Rama Sithanen évoque, pour sa part, la nouvelle politique de l?Etat de différencier les bons du Trésor émis pour financer le déficit budgétaire des Bank of Mauritius Bills émis par la Banque centrale comme instrument de politique monétaire, notamment pour éponger l?excès de liquidité. Cette nouvelle approche devrait aider à réduire le remboursement de la dette publique et à contenir le déficit.
Au niveau du secteur privé, on s?attend surtout à un déclic pour relancer l?investissement. Le Joint Economic Council en fait une de ses priorités. Mais il ne s?agit pas uniquement de dynamiser l?investissement des entreprises existantes mais aussi et surtout d?encourager une nouvelle génération d?entrepreneurs à se lancer.
Au cours de ces derniers jours, Pravind Jugnauth a, lui aussi, fait de la création d?entreprises nouvelles une des priorités du budget, la plaçant dans un contexte plus général de l?élargissement des opportunités et de la démocratisation de l?économie. Pour de nombreux observateurs, il y a gros à parier que le budget fasse la part belle aux petites et moyennes entreprises.
Pour son premier budget, Pravind Jugnauth a tenu à marquer sa différence en renouant avec la tradition des consultations prébudgétaires avec la société civile en général. Après l?exercice, il s?est dit ?sensible aux attentes de la population? .
Mais pas question de budget ?Père Noël? pour autant car il est un ministre des Finances responsable, dit-il. En effet, il est sans doute trop tôt pour un budget ?électoraliste?. Car la population à la mémoire trop courte.
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