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Les assureurs n?assurent plus
Statistiques : 916 cas de vols de cellulaires ont été rapportés à la police en 2003, soit une moyenne de trois cas par jour. En 2002, le chiffre était de 690. Le premier trimestre de 2004 a vu 391 vols rapportés. Outil essentiel de travail pour beaucoup, objet de mode ou de séduction pour d?autres, le portable est aussi devenu un objet de convoitise. Mais comme il est facile de le perdre ou de se le faire voler. Un moment de distraction et on l?oublie sur le comptoir de la poste ou de la banque. Négligemment posé sur la table d?un snack ou sur la table d?une bibliothèque publique, il disparaît. Quand ce n?est pas des vols avec effraction dans les voitures ou à l?arraché, parfois avec agression.
Dès lors, faut-il assurer son portable ? De la dizaine d?acheteurs potentiels rencontrés au cours de la semaine dernière, dans divers showrooms, seulement deux nous ont répondu s?être déjà posés la question. Et y avoir répondu. ?Un portable, c?est un objet électronique comme un micro-ondes ou un appareil photo. On devrait l?assurer?, répond, convaincu, Randhir, caissier dans une banque de la capitale, qui en est à son deuxième portable ? le premier, ?démodé?, ayant été donné en cadeau au petit frère. Et pour les autres interrogés ? ?Jamais pensé.? Mais à nos explications sur les risques de vols, statistiques à l?appui, ils finissent presque tous par dire : ?Oui. Peut-être. Pourquoi pas ?? Pour Jean-Jacques et Angina, collègues dans une agence de voyages, c?est même ?une bonne idée à considérer?.
Bonne idée. Mais ils auront à faire sept fois le tour de la place pour chercher un assureur qui acceptera de les couvrir : ils n?en trouveront pas ! Du moins, pas parmi ceux que nous avons contactés pour notre enquête. Pas de volontaires, ni à La Prudence ni à la BritAm (filiale de la British American Insurance) ni à la Mauritius Union. Il y a encore deux ou trois ans, ces compagnies avaient des plans d?assurance pour les portables, maintenant plus...
?Ce n?est pas rentable, expliquent-ils. Surtout avec le nombre croissant de vols. Pour des primes de quelques centaines de roupies, cela ne vaut pas la peine. D?autant qu?il y a vol et vol. On ne peut pas payer pour la négligence ou le manque de prudence de l?assuré.? Trop de complications, trop d?emmerdes, les assureurs n?assurent plus les cellulaires !
<B>Plusieurs types de contrat</B>
Les propriétaires de portables membres du personnel des grandes compagnies peuvent s?estimer plus chanceux, car leur entreprise, en assurant leurs biens et actifs, peuvent également y inclure les portables des membres du personnel. Il va sans dire que de telles formules ne sont offertes qu?à des compagnies dont les biens et actifs doivent valoir leur pesant de millions de roupies. Cela vaut alors la peine car ce n?est qu?un petit plus qu?on ajoute aux plans.
Pourtant, on ne peut être tout à fait d?accord avec l?argument de non-rentabilité avancé par les compagnies d?assurance concernant les portables. On en trouve aussi de très sophistiqués à des prix forts, valant beaucoup plus cher que des téléviseurs ou autres appareils électroménagers.
Ailleurs, en France par exemple, le phénomène de vols de téléphones portables prend des dimensions de véritable fléau. Selon le magazine français 60 millions de février 2004, en 2002, les trois opérateurs français de téléphones portables ont enregistré 500 000 déclarations de perte ou de vol. Mais le portable peut être assuré en France. On y recense principalement trois groupes de contrats, selon le degré de protection offert.
Il y a d?abord les contrats dits ?basiques?, pour ceux possédant un appareil peu sophistiqué et qui veulent s?assurer à un prix minimal, mais uniquement contre les vols par agression et par effraction. Cette couverture se double d?un plafond assez bas pour le remplacement du téléphone, qui sera forcément un modèle d?entrée de gamme. Les contrats ?classiques? offrent une couverture plus complète : le plafond est plus élevé et l?assurance couvre aussi les dommages accidentels. Enfin, il y a les contrats ?haut de gamme?, qui ciblent les propriétaires de téléphones de valeur. Les plafonds d?indemnisation sont alors beaucoup plus élevés, mais un mobile très cher pourra être remplacé à l?identique.
On peut conclure que les assu-rances sont effectives dans deux cas : le vol et la casse accidentelle. Ces garanties sont offertes à des degrés très variables selont les contrats. Tous prennent en charge les vols avec violence ou avec effraction. Si le voleur arrache le mobile des mains du propriétaire pendant que celui-ci téléphone dans la rue, la victime est couverte par ces contrats. A noter que le vol à l?arraché est considéré comme un vol avec agression physique.
Cette définitioin des risques couverts laisse de côté les vols commis sans violence, lorsque l?appareil est volé par un pick-pocket, dans la veste ou dans le sac à main de la victime. Seuls les contrats haut de gamme couvrent ?ces vols à la tire?, ainsi que les vols par introduction clandestine sans effraction.
La plupart des contrats couvrent le bris accidentel. L?assurance prend alors en charge la réparation du mobile ou son remplacement s?il est irréparable. Lorsqu?un événement fortuit, sans force majeure, a provoqué la casse de l?appareil, il n?y a pas de couverture (par exemple si le téléphone a échappé des mains du propriétaire sans raison). Par contre, l?assurance est effective si le téléphone tombe par terre en cas de bousculade dans la rue ou s?il est abîmé dans un accident de voiture.
A distinguer, toutefois, perte et vol. Aucune sssurance ne couvre la perte du mobile. Et quand certains contrats haut de gamme mentionnent la perte parmi les risques couverts, c?est toujours selon une acception très restrictive qui exclut le portable simplement égaré. Les contrats ne garantissent que la ?perte par force majeure?, lors d?un accident, par exemple . Un contrat prétend bien couvrir la perte mais ?oublie? de définir le terme...
Etre assuré ne dispense pas de rester prudent. Tenter le voleur peut faire tomber le propriétaire du portable dans l?une des clauses d?exclusion de garantie. La plus courante concerne le vol du portable dans une voiture. Celui-ci n?est pas toujours couvert, notamment lorsque le vol se produit dans un véhicule stationné la nuit sur la voie publique.
Certains contrats sont encore plus restrictifs, se limitant à l?effraction du coffre, d?autre excluent les vols ?par négligence?, par exemple un portable oublié dans un lieu public ou visible depuis l?extérieur d?un véhicule ou d?une habitation. D?autres contrats se contentent de mentionner l?exclusion des vols par négligence ou le manquement au devoir de prudence de l?assuré.
?Négligence?, ?devoir de prudence?? des notions assez floues pouvant être invoquées par l?assureur français pour refuser la garantie. Mais au moins, le consommateur français peut s?offrir le service et défendre son cas. L?assureur mauricien, lui, est plus radical. Ce n?est est pas qu?il déteste le flou, mais il n?aime pas discuter. Il aime avoir le dernier mot. ?Pas rentable?, disent-ils. Alors, ils n?assurent pas. Au consommateur de faire preuve de beaucoup de prudence et de ne pas tenter le voleur.
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