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Vox populi?

9 juin 2004, 20:00

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A chaque fois que la question de dépénalisation de l?avortement revient officiellement sur le tapis, les tirs de barrage reprennent. Chacun y va de ses positions archi-rabâchées, on tourne en rond et la décision n?est pas prise.

La dernière salve, tirée samedi par le Comité interculturel pour le respect de la vie, vise le projet du gouvernement d?introduire l?interruption volontaire de grossesse pour des cas spécifiques tels que le viol et l?inceste.

Le comité a réussi une démonstration de force en remplissant la salle des fêtes de la mairie de Beau-Bassin ? Rose-Hill. Mais il y a tout à parier que, si les mouvements défendant le droit de la femme à disposer de son corps organisaient un ralliement similaire, ils draineraient autant de partisans. Il ne fait aucun doute que les ?pro? et les ?anti? sont à force égale, hommes et femmes confondus.

Que faire alors ? La question est si délicate que le gouvernement risque de ne pas vouloir en assumer pleinement l?initiative. Puisqu?on ne peut se fier aux mouvements de foule comme ont l?habitude de le faire les politiques lors de leurs rassemblements pour la fête du Travail ? car les uns comme les autres sont capables de mobiliser autant de grandes foules qui viendront exprimer leurs opinions avec force ? pourquoi ne pas sonder l?opinion des Mauriciens sur une question aussi épineuse par l?organisation d?un référendum à question directe ?

Le seul cas de référendum prévu dans la Constitution a trait au renvoi des élections au-delà de cinq ans. Pour l?organisation de référendums sur des sujets à portée nationale, il faudrait une résolution du Parlement à cet effet.

Un tel référendum sur la dépénalisation de l?avortement dans des cas spécifiques comporterait plusieurs avantages. Il aurait d?abord le mérite de cerner le v?u des Mauriciens sur la question et permettrait ensuite aux divers mouvements montés au créneau de mesurer leurs assises et leur raison d?être. Finalement, si c?est le ?oui? qui l?emporte, Ashok Jugnauth pourrait se dédouaner d?avoir présenté un tel projet de loi et même tirer un capital politique de cette mesure en arguant que ?pa mwa sa, zot kinn desid sa?.

Le gouvernement fait actuellement montre d?une facilité quasi déconcertante à instituer des commissions d?enquête. Il devrait être en mesure d?apporter une résolution au Parlement pour un enjeu tout aussi important que des contrats alloués à telle ou telle société ou de projets d?achat de telle ou telle compagnie étrangère. Le tout est une question de volonté politique?

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