Publicité

Mon-Trésor et Riche-en-Eau fermeront dans deux ans

9 juin 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le paysage campagnard ne cesse de changer. Les cheminées d?usines sucrières, notamment, disparaissent une à une au fil des années. Deux autres cheminées sont appelées à cesser de fumer dans deux ans. Mon-Trésor-Mon-Désert et Riche-En-Eau feront leur dernière campagne en 2006.

Ces fermetures font partie d?une stratégie de réduction des coûts de production du sucre. Elles ont été annoncées hier à Savannah, à l?occasion d?une fête d?entreprise inaugurant le début de roulaison de l?usine pour cette année. La présence du ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, a donné un cachet officiel à l?événement. D?ici fin juillet, Les onze sucreries de l?île seront toutes en opération.

Riche-en-Eau et Mon-Trésor-Mon-Désert font partie d?un conglomérat de quatre compagnies sucrières, formé dans le sillage du deal Illovo qui avait vu le désengagement du groupe sud-africain en faveur d?un consortium mauricien. Les deux autres usines appartenant à la Société usinière du Sud (SUDS) sont Savannah et Union St-Aubin.

Raymond Rivalland, Chief Operations Officer de SUDS, explique qu?il ne suffit pas d?alléger la charge salariale pour améliorer l?efficience d?une entreprise sucrière. Il est tout aussi impératif de grossir les usines et de les moderniser, initiative qui va mobiliser un investissement colossal.

La fermeture de Riche-En-Eau et de Mon-Trésor-Mon-Désert, selon les termes du Blue Print sur la centralisation, coûtera Rs 300 millions. Environ un milliard de roupies devront être investies dans Savannah pour quasiment doubler sa capacité de production. D?ici 2007, l?usine devra pouvoir broyer 1,2 million de tonnes de cannes, soit le double du volume actuellement accueilli. Elle tournera au rythme de 350 tonnes de cannes par heure et produira100 000 tonnes de sucre.

<B>??Ce sera une cyber-usine?</B>

?Nous allons faire de Savannah une usine-modèle du 21e siècle. Elle aura des diffuseurs à la place des traditionnels moulins et sera complètement automatisée et informatisée. Ce sera une cyber-usine ! Les architectes et les ingénieurs sont déjà à l??uvre?, s?enthousiasme Raymond Rivalland.

Pour que le projet de centralisation soit viable, il sera absolument nécessaire pour SUDS d?investir parallèlement dans une centrale thermique. La société a répondu à un appel d?offres du Central Electricity Board pour fournir le réseau national.

SUDS souhaite investir dans une centrale aussi importante que celle de Belle-Vue, avec une capacité de 60 à 70 mégawatts. Elle se dit prête à démarrer la construction aussitôt le feu vert du CEB obtenu. ?Si toutes les conditions sont réunies, la centrale sera opérationnelle d?ici fin 2006?, indique Raymond Rivalland.

Rationaliser et moderniser. En dépit des coûts impliqués, Maurice n?a pas d?autre choix si elle veut survivre au-delà de l?environnement complètement protégé, où elle a évolué jusqu?ici, convient le ministre Bodha. Ce dernier ajoute que le gouvernement continuera à étendre son soutien à l?industrie sucrière sur le plan international, en faisant tout son possible pour conserver les préférences et acquis, et localement, en facilitant et encourageant la restructuration.

Les mesures incitatives sont contenues dans le plan de réforme de l?industrie sucrière, introduit il y a quelques années. La plus grosse réalisation sous ce plan a été de permettre à quelque 7 800 salariés de quitter dignement l?industrie. On bute certes sur des retards dans la réalisation des morcellements résidentiels. Cependant, argue le ministre, une voie rapide a été aménagée pour alléger les procédures.

Le plan de réforme vient d?être sujet d?une mid-term review. Cela a été l?occasion de faire le bilan des mesures qui ont été appliquées, d?en évaluer l?efficacité et de discuter d?éventuelles réorientations. Le ministre a annoncé le rapport du mid-term review pour mi- août.

L?évocation des défis formidables confrontant l?industrie sucrière n?a pas empêché les employés de Savannah et les planteurs de la région de célébrer le début de la coupe dans la simplicité certes, mais avec beaucoup d?optimisme. Les indicateurs sont plus prometteurs que l?année dernière.

Savannah roulera 145 jours et estime devoir broyer 475 000 tonnes de cannes et produire quelque 50 000 tonnes de sucre. A ce stade, le taux d?extraction est estimé à 10,60 %. Selon l?estimation officielle faite au démarrage de la récolte, la production nationale devrait tourner autour de 590 000 tonnes de sucre.

Publicité