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Le collège Lorette de St- Pierre rattrapé par l?âge
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Le collège Lorette de St- Pierre rattrapé par l?âge
Sur les hauteurs de St-Pierre, la vieille dame ploie sous le poids des années. A tout moment, sa charpente menace de céder. 1917 : une date de naissance qui sonne comme une condamnation. Plus de 80 ans que sa façade rivalise avec la chaîne de montagne de Moka. Mais comment le disputer au granit inoxydable du Pieter Both quand on a les reins en lattes de bois ?
Mercredi, l?alerte est donnée. ?La direction du collège nous a contactés?, explique Adrien Koening de General Construction. Après une visite des lieux effectuée le même jour, la société d?entrepreneurs en bâtiment recommande à Carole Raynal, directrice du collège de Lorette de Saint-Pierre d?avoir recours aux services de l?ingénieur-conseil Daniel Wong Chung.
Le lendemain, celui-ci se rend à son tour au chevet de l?aïeule. Malgré son état, elle s?amuse encore des enfantillages de ses hôtes en uniforme à carreaux. Sous ses airs robustes, la gravité de son état n?échappe pas à l??il du spécialiste. L?oeuvre conjuguée de l?humidité, de la moisissure et des termites est telle qu?il recommande que les salles de classe ne soient plus utilisées. L?escalier branlant ne supporte plus le poids des courses-poursuites des plus turbulentes. Les conclusions finales de sa visite ne seront connues qu?à son retour de l?étranger, dans deux semaines.
Dans l?immédiat, ?pour veiller à la sécurité des élèves?, toutes celles qui occupaient la dizaine de salles de classe du bâtiment principal ont été délogées jeudi. ?Nous avons profité du fait que les filles de Form II et Form V étaient en retraite.?
C?est la pagaille. Le déménagement concerne les 350 élèves qui avaient habituellement cours sous la tôle vert pastel. Hier après-midi, jour de relâche ? le mid-term holiday initialement prévu pour vendredi a été avancé de quatre jours ? un pêle-mêle de pupitres et de chaises avait envahi les couloirs de la varangue du bâtiment principal du collège.
Les poings sur les hanches, Carole Raynal tente de ranger ce mobilier en désordre. Les pieds en l?air comme autant de blessés de guerre immobilisés dans le plâtre, les meubles de travail jurent avec le dallage en pierre de la varangue. La laideur des graffitis au blanco griffonnés par des élèves augmente sous le soleil timide.
Aujourd?hui, les 550 élèves de l?institution reprennent le chemin de l?école. Le hall, le préau, le ?petit parloir?, le coin de prière, les salles réservées aux classes de dessin et de couture; tous les coins disponibles ont été divisés en classes temporaires. ?Sur le court terme, nous attendons le rapport de Daniel Wong. A long terme, le conseil d?administration du collège décidera de la marche à suivre?, indique Carole Raynal.
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