Publicité

Les petits fonctionnaires se sentent lésés

7 juin 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le mécontentement prend de l?ampleur chez les serviteurs de l?Etat, surtout les petits fonctionnaires. La publication, vendredi, du rapport du Pay Research Bureau censé corriger les anomalies et omissions du rapport initial publié en juin 2003, ne répondrait pas à leurs attentes. Enseignants, infirmiers, douaniers ou clerks, réunis pour la plupart dans 74 différents syndicats et regroupés au sein de la Fédération des syndicats du service ccivil (FSSC) estiment que ce rapport s'est contenté ?de faire plaisir aux hauts fonctionnaires à l'instigation du gouvernement?.

?Comment expliquer le fait que dans ce rapport, le salaire du commissaire de police passe de Rs 60 000 à Rs 64 000. Quelle omission ou erreur a-t-on corrigé là ? Qui a, en fait, défendu ou plaidé la cause du commissaire de police devant le PRB pour ce dernier rapport. Pour prendre une décision, le PRB écoute le représentant, des employés et l'employeur. La fédération de la police, autant que je sache, n'aurait pas bougé le petit doigt pour le commissaire?, déclarait hier Rashid Imrit qui assume en ce moment la suppléance à la présidence de la FSSC. Cette démarche, ajoute-t-il, vient bouleverser la relativité des salaires et remettre en question les grilles salariales.

Chiffres à l?appui, Rashid Imrit souligne que les salaires des petits fonctionnaires n?ont pas beaucoup évolué, ce qui provoque leur colère: ?alors qu?un poste encore non rempli au bureau du Premier ministre ? celui de Conference and Social Functions Manager ? la rémunération est passée de Rs 27 000 à Rs 29 000?.

Le président par intérim de la FSSC a réuni son comité exécutif hier pour se pencher sur la principale récrimination concernant le paiement d?un reliquat de 25 % sur l?augmentation accordée aux fonctionnaires par le PRB en juin 2003. Seuls 75 % de cette augmentation avaient été payés, sans promesse que les 25 % restant seraient accordés.

Or, dans le rapport rendu public vendredi, la somme devant être payée depuis juillet 2003 à juin 2004 a été convertie en jours de congés spéciaux jusqu?à un maximum de quatre jours de congé. Selon cette formule, si la somme équivaut à dix jours de travail, le fonctionnaire n?en obtiendra que quatre. Cette proposition a provoqué une levée de boucliers. Réuni en urgence hier, le bureau exécutif de la FSSC a pris la décision de demander un rendez-vous au ministre des Finances pour réclamer le paiement de la somme due.

<B>Accumulation du travail</B>

Rashid Imrit, est catégorique : ?Il y a un manque chronique de fonctionnaires dans la plupart des départements et les congés sont difficilement accordés. Ajouter quatre jours de congés additionnels compliquera la situation et donnera lieu à une accumulation de la charge de travail. Ce sont finalement les fonctionnaires qui devront mettre les bouchées doubles pour exécuter les tâches accumulées.?

Outre le paiement de ces 25 %, la fédération compte réclamer l?augmentation de Rs 300 promises par le gouvernement travailliste mais non accordée par le gouvernement actuel. ?Les syndicats ont référé le cas au Bureau international du travail et Paul Bérenger, ministre des Finances à l?époque a déclaré au BIT que l?augmentation de Rs 300 sera prise en considération par le PRB. Mais cela n?a pas été le cas dans le rapport de 2003 ni dans celui publié vendredi?, explique Rashid Imrith.

La FSSC qui regroupe 74 différents syndicats et environ 24 000 fonctionnaires compte demander au ministre de Finances de prévoir, dans son prochain budget l?augmentation généralisée de Rs 300 avec effet rétroactif ainsi que la mise sur pied d'un Anomalies Committee.

Jusqu?ici, seuls les syndicats des infirmiers et ceux des enseignants du primaire ont ouvertement exprimé leur mécontentent. Chez les infirmiers, l?on considère ce rapport comme une insulte. Rien que Rs 20 à Rs 30 ont été accordées comme allocation de nuit aux infirmiers... Les enseignants des collèges secondaires privés, réunis au sein de la Union of Private Secondary Education Employees se disent eux aussi déçus. Le seul syndicat qui s'est déclaré satisfait est celui des assistants maîtres d?école.

Les fonctionnaires voient dans le rapport sur les erreurs et anomalies une seule source de satisfaction. Il s?agit de la décision d?étendre le paiement d?une augmentation additionnelle à ceux qui, d?ici la fin de l?année ou l?année prochaine, auront occupé un poste pendant 25 ans. Cette somme, était initialement réservée à ceux qui avaient atteint leurs 25 ans d?ancienneté en juin 2003.

<B>L?heure du flexi-time a sonné</B>

  • Les fonctionnaires pourront, à partir du 1er juillet, choisir leur heure d?arrivée au bureau? aussi longtemps que celle-ci se situe entre 8 h 30 et 9 h 15. Ceux qui se présentent devant la pointeuse à 8 h 30 termineront leur journée à 15 h 45 alors que ceux qui arrivent à 9 h 15 quitteront le bureau à 16 h 30. Tous les ministères devront adopter obligatoirement ces tranches horaires, mais ceux qui désirent se présenter plus tôt à leur poste, c'est-à-dire à 8 h 15, devront au préalable parvenir à un arrangement avec leurs collègues et leurs supérieurs hiérarchiques, mais partiront à 15 h 45. Les 15 minutes accumulées chaque matin leur seront restituées sous forme de congés ou seront utilisées pour "rembourser" d?éventuels retards. Les fonctionnaires travaillant six jours par semaine seront autorisés à prendre leur travail à 9 h 30 au plus tard. Les samedis, ils quitteront les bureaux à 12 h 30. Jusqu?ici, toute arrivée après 8 h 45 était considérée comme un retard. Depuis janvier, les fonctionnaires arrivés au travail entre 8 h 45 et 9 h 15 étaient tenus de rembourser chaque minute de retard. Ceux arrivés après 9 h 15 voyaient leurs retards déduits de leurs jours de congé.

La régularisation du flexi-time est une des mesures contenues dans le rapport du Pay Research Bureau sur les erreurs et omissions notées dans le rapport initial publié en juin 2003. Cette mesure qui ne s?applique toutefois pas aux infirmiers, médecins, policiers ou pompiers n'a pas causé l'euphorie.

Publicité