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A.Nagapen : pleins feux sur ?Le transit de Venus?
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A.Nagapen : pleins feux sur ?Le transit de Venus?
Un bel objet que le livre d?Amédée Nagapen, Le Transit de Vénus, qui sera lancé à Rodrigues demain. Il se pare d?une jaquette cosmique, en dignitaire respectueux de l?événement qui monopolisera l??il des scientifiques, des astronomes amateurs et des laïques le 8 juin prochain, date à laquelle Vénus passera à nouveau devant le Soleil. Ce phénomène rare intervient deux fois par siècle, à intervalle de huit ans. Comme pour mieux situer le passage de Vénus, le prêtre-membre de l?Académie des sciences d?outre-mer se paie le luxe d?offrir à son lecteur 248 pages bleu ciel, d?un papier de qualité. Ce transit de Vénus sera visible à Maurice de 9 h 15 environ à 15 h 26 (heures locales), soit d?une durée de 6 h 11, selon Amédée Nagapen. Des postes d?observation seront installés tant à l?île Rodrigues qu?à Maurice.
Le Prélat de la maison du Pape suit à la trace, à l?île Rodrigues, le Chanoine Alexandre-Gui Pingré (1711-1796), astronome et savant pluridisciplinaire, dépêché spécifiquement pour l?occasion par la Société royale des sciences de Paris, et dont on lit dans son journal, en date de juin 1761 : ?Je devais observer le passage de Vénus ; je devais de plus constater, avec toute la précision possible, la latitude et la longitude du lieu où j?avais observé ce passage.? L?île Rodrigues est alors le point de mire indocéanique.
Le but de la présente étude du prêtre-historien, fort documentée et judicieusement illustrée, est, comme il le rappelle dans son Avant-Propos, de restituer ?la geste indocéanique des astronomes, attirés avant tout par l?île Rodrigues?. Il ajoute : ?Dans le même souffle, elle entend témoigner de la dynamique d?une mémoire vivante où les événements d?hier demeurent présents, actuels, chez les citoyens de l?île Rodrigues autonome.? La deuxième partie de l?étude traite des Britanniques à Rodrigues et à l?île Maurice ? 1874.
Outre l?aspect scientifique exhaustif de l?ouvrage, décliné dans un langage simple et accessible à tous, ce livre fournit à Amédée Nagapen, l?humaniste, l?occasion d?élaborer sur une thématique récurrente de son ?uvre, précisément L?Esclavage aux Mascareignes et Le Code Noir. Grâce à la mêmetendance chez Pingré, qui ne pouvait se taire sur la main-d??uvre servile dans les Mascareignes esclavagistes, et sur son corollaire, le phénomène du marronnage.
Au chapitre VIII, titré ?Pingré joue les prolongations?, l?humaniste mauricien se charge de rétablir en toute justice la balance et mentionne des prouesses de Pingré, souvent renvoyées au rancart, un aspect du ?chapelet de déboires? subis par le Chanoine durant la prolongation de son séjour à Rodrigues, pour reprendre la terminologie de l?auteur. N?ayant ?aucune observation à faire?, Pingré entreprit de faire découvrir la topographie, autant que la faune terrestre et marine de Rodrigues. Une contribution conséquente qui, malheureusement, fut mal interprétée par Port-Louis, qui lui prêta pour raison de prolongation, son propre plaisir. Autant d?aspects divers inattendus, riches et instructifs, du contenu du livre Le Transit de Vénus, qui retiennent l?attention du lecteur, autant que les faits scientifiques. Et lui confèrent un charme particulier.
Un ouvrage de plus qui vient illustrer, après seulement cinq mois, quand il lança La Paroisse de St. Julien, l?historien-humaniste prolifique au travail bien fait, sa liberté intérieure et sa joie de vivre, pour tout résumer. Amédée Nagapen, primé à plusieurs reprises, a aussi publié, entre autres, L?Eglise à Maurice 1810 ? 1841, Le Marronnage à l?Isle de France ? Ile Maurice, Histoire de la Colonie, Isle de France ? Ile Maurice ? 1721-1968.
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