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Sur Sargamen route vers la finale

5 juin 2004, 20:00

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Après une absence de cinq ans, un concours de chants en hindi et en bhojpuri, tient les téléspectateurs en haleine depuis le 7 mars. «Nous avions en tête l?idée de faire le meilleur show possible. Je crois que les téléspectateurs sont ravis de l?initiative, » explique Suren Raghu, le réalisateur de l?émission.

Pour assurer le show, la MBC a misé sur Neelam Sharma. L?ex-animatrice de Radio One, s?est vue proposer cette émission dès son arrivée à la rue Pasteur. «La Neelam de la télévision est plus classique, moins joviale, pas parce que je ne suis plus moi-même, mais parce que la caméra exige une autre attitude,» explique la présentatrice. Cette dernière qui jongle ainsi avec la radio et la télévision, avoue préférer être derrière le micro. «La radio, c?est mon domaine. Mais l?aventure télévisuelle est pour moi une belle aventure. Je suis ravie de faire partie de l?aventure Sur Sargam.»

On imaginait cette finale mixte, mais seules trois candidates sur douze, ont réussi à passer l?épreuve des préliminaires et des semi-finales. Qu?à cela ne tienne, les trois ambassadrices de Sur Sargam, sont prêtes à relever le défi. Ce concours de chants qui se veut dénicheuse de talents pour les amoureux de l?hindi et du bhojpuri, a déjà tenu toutes ses promesses.

Depuis mars, elle a auditionné 500 candidats, venus des quatre coins de l?île, elle en a sélectionné 81, jusqu?à accorder un ticket pour la finale à douze d?entre eux. A la clé, des sommes intéressantes, soit Rs 50 000 pour le ou la gagnante, Rs 35 000 pour celui ou celle qui se classera en deuxième position et Rs. 25 000 pour celui ou celle qui prendra la troisième place du podium. Entourés par les musiciens qualifiés du Aarohi Group de Sohail Gobin, les candidats de Sur Sargam ne peuvent que se surpasser.

Quand la chanson coule de source

Les douze finalistes de Sur Sargam recherchaient tous une plate-forme pour s?exprimer. Si la majorité d?entre eux, à l?exception de Priamvada Matapullut et Rajiv Ramgoolam, sont rodés au chant en public à travers de nombreux mariages et cérémonies culturelles et religieuses, pour lesquels leurs talents sont recrutés, il n?en demeure pas moins qu?ils estiment être des amateurs.

Kishen Ramen, habitant de Rivière des Créoles, est un habitué des compétitions musicales locales. Outre le Geet Gata Chaal, il a également été finaliste à La Gamme d?Or. Membre du Sargam Group, il trouve que la compétition s?annonce serrée. «C?est enn zoli ti concours, banne finalistes pou la plupart banne habitués, donc zot tout éna bocou talent, » explique-t-il.

Priamvada Matapullut est le sourire de cette émission. Touchante dans sa réserve, cette mère de famille est à sa première participation dans un concours de chant. Poussée par sa passion pour la musique et surtout pour le chant, elle a suivi avec assiduité, les cours de chant classique du MGI. Aujourd?hui, elle a gagné non seulement en puissance vocale, mais également en assurance. «Il était temps pour moi d?affronter à la fois le public, mais également un jury de professionnels,» explique-t-elle. Soutenue par sa famille et son mari, elle s?estime chanceuse. Son plus grand fan reste sa fille de deux ans et demi, qui comme sa maman, aime pousser la voix.

Après vingt ans passés à chanter dans les mariages avec son groupe, le Mon Desert Musical Group, Guy Lindor, ne s?est pas fait prier pour participer à Sur Sargam. «La mizik, c?est enn grand plaisir pour moi ! » déclare-t-il. Cette assurance ne manque pas de faire sourire Rajiv Ramgoolam, un jeune homme plutôt timide, qui est à sa première participation dans un concours de chant. Ce dernier a voulu tenter sa chance car jusqu?ici, il chantait seulement pour sa famille ou sous la douche.

De son côté, Kishen Ramen connaît un bonheur tranquille. Comme les autres, il a la musique et la chanson dans la peau. Fort de son succès au concours de chant en tamil organisé en 2003, il remet presque son titre en jeu, histoire de ne pas couper avec la compétition. Le sourire franc, les yeux pétillants, il se dit « décontracté et excité, » à l?idée d?être à nouveau confronté au public et au jury.

Aussi assuré que Kishen Ramen, Mukesh Chady, un autre habitué des concours de chant de la MBC et fondateur du groupe Mira sound, exprime à chacune de ses participations, son envie quasi viscérale de faire de la musique. «Mo espéré qui sa compétition là capav apporte moi sa grand bonheur là, » dit-il simplement.

Le bonheur, c?est également ce que recherche Vinaye Ramdu. Ce pompier de vingt-sept ans, qui habite le village de Centre de Flacq, a décroché le Special Jury Award lors du concours Swaaz Raur, organisé il y a quelques années par la MBC. Dans cette belle aventure musicale qui se poursuit pour lui, ce sont surtout ses grands parents qui sont ses plus fidèles supporters.

Sandhya Balaram, enseignante au Collège Pierre Poivre, espère pouvoir aller au-delà de son trac ce soir. «J?ai commencé à chanter à l?école. Depuis, j?ai essayé de mieux connaître les rudiments de la musique et du chant grâce aux cours dispensés par le MGI. Aujourd?hui je suis heureuse d?être finaliste à Sur Sargam, c?est un autre défi et une autre aventure, » explique-t-elle.

Ce concours a des saveurs de bonheur pour Girish Hurloll. Ce dernier, âgé de dix-sept ans, est mal voyant. «La mizik ine toujours apporte bocou l?espoir dans mo la vie, » explique-t-il. Si la victoire n?est pas la force qui le motive de prime abord, cet habitant de Trou d?Eau Douce, veut simplement goûter aux joies de chanter devant un public et un jury.

De son côté, Rajesh Untoo, chanteur depuis plus de vingt ans, salue la louable initiative de la MBC d?avoir «organisé enn concours de choix.» Cet habitant de Plaine-des-Papayes, fidèle aux concours de chant de la MBC, peaufine son art dans les mariages et peut chanter autant qu?il veut, grâce au karaoké.

Un jury juste et attentif

Anand Chuttoo, Varsha Rani Bissessur et Sunil Deerpaul auront la lourde tâche de désigner le gagnant de Sur Sargam, ce soir. Au départ, il était prévu que dix candidats accéderaient à la finale. Face à la difficulté de choisir ces dix sélectionnés, le jury a décidé de choisir douze candidats. « Le niveau des candidats était le même, nous avions du mal à trancher. Finalement, nous avons décidé d?en choisir douze au lieu de dix, » explique Varsha Rani Bissessur.

Cette dernière, enseignante de musique, détentrice d?un B.A et d?un M.A en musique, est ravie de faire partie de ce jury, parce qu?elle a elle-même, dans le passé, était lauréate des concours de chant de la MBC. « Nous mettrons davantage l?accent sur l?interprétation plutôt que la voix. Nous aurons à c?ur de décerner les prix aux plus méritants. Cette tâche ne sera guère facile, compte tenu de l?excellent niveau des candidats, » explique-t-elle. Ces candidats qui n?hésitent pas à interpréter des chansons classiques, prennent des risques car la difficulté est bien là. « Les notes sont plus élevées, il faut beaucoup de souffle et une voix capable de faire beaucoup d?ondulations, » explique-t-elle.

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