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Les clés du budget 2004-2005
Le premier discours du budget de Pravind Jugnauth, le ministre des Finances, est très attendu. Il devra pouvoir proposer des solutions concrètes aux problèmes chroniques de l?économie mauricienne. Il est attendu au tournant sur un certain nombre de sujets. Voici les plus importants.
La création d?emplois
À la fin de 2003, le pays comptait 54 400 personnes sans-emploi, soit un taux de chômage alarmant de 10,2 %. Pravind Jugnauth n?a pas beaucoup de choix pour contenir ce problème. Dans son budget, il lui faudra encourager la création d?entreprises et le développement de celles qui sont déjà en activité. Ces dernières recruteront, par conséquent, parmi les sans-emploi actuels, mais aussi parmi les jeunes fraîchement sortis des collèges et universités.
Il devra d?autre part assurer une possibilité d?emploi à ceux qui sont aujourd?hui au chômage. Pour cela, il devra proposer des mesures concrètes pour recycler les licenciés des secteurs textile et sucrier. Il faut également que l?État poursuivre ses efforts dans le domaine de la formation post-secondaire, pour s?assurer que les nouveaux postes à pourvoir dans l?industrie des technologies de l?information et de la communication trouvent preneurs. Ces objectifs seront d?autant plus à la portée du ministre des Finances s?il arrive à relancer la croissance économique dans le pays.
La croissance économique
C?est là que se crée la richesse du pays. Depuis 2001, celle-ci n?a pas dépassé la barre des 5,6 % du produit intérieur brut (PIB). Les dernières estimations du Central Statistics Office prévoient un taux de 5,9 % pour l?année civile 2004. Alors que le pays rêve aux taux à deux chiffres, atteints au milieu des années 80, Pravind Jugnauth ne dispose pas d?une grande marge de man?uvre. En effet, une bonne partie de la performance économique du pays ne dépend pas toujours des décisions prises à Maurice, mais aussi de la conjoncture internationale.
Pour le reste, il faudra que l?État mette en place un environnement économique propice à l?essor des entreprises. Cela passe par des procédures administratives simplifiées, la capacité d?attirer de nouveaux investisseurs et des aides à la création d?entreprises. Le discours du budget devra contenir des idées fortes dans ces domaines.
Les investissements
Ils continuent à tourner autour de 20 % du PIB depuis les cinq dernières années. Et jusqu?ici, c?est le gouvernement qui investit le plus dans les gros projets de développement, dans l?éducation ou les infrastructures publiques. Sa part ne cesse, en fait, d?augmenter. Mais il compte toutefois impliquer davantage le secteur privé grâce auPublic Private Partership. Cette initiative assurera le financement des projets d?envergure par le secteur privé et le secteur public.
Les autres mesures liées à la promotion de l?investissement seront celles qui assureront la création d?emplois et la croissance économique. Il faut que les investisseurs étrangers et mauriciens aient suffisamment confiance et soient bien encadrés pour consentir à développer leurs activités dans l?île.
Les impôts et les taxes
L?État a besoin de chaque roupie disponible pour pallier son déficit budgétaire. Mais il paraît hors de question de le faire avec une hausse de l?impôt sur le revenu ou avec des taxes directes ou indirectes. Au pire, la structure actuelle restera en place, avec sans doute la traditionnelle hausse du prix des cigarettes. Dans le meilleur des cas, le ministre des Finances pourrait décider d?alléger la pression fiscale sur les ménages, une mesure hautement politique. Pravind Jugnauth pourrait également céder à la demande des syndicats de relever les abattements fiscaux actuels.
La déduction personnelle pourrait dépasser les Rs 75 000 actuels et d?autres abattements fiscaux, plus généreux, seraient accordés aux contribuables. Les droits de douane sont également à surveiller. Ils seront peut-être revus à la baisse sur certains produits que le Mauricien moyen apprécie. Toutefois, ces mesures sont synonymes de manque à gagner pour l?État. Mais les procédures de recouvrement des droits de douane deviennent de plus en plus efficientes. Voilà de quoi assurer des revenus supplémentaires se chiffrant en milliards pour l?État.
L?inflation
Pari gagné jusqu?ici sur ce chapitre.
Le taux d?inflation est resté relativement stable durant ces dernières années. Il est actuellement estimé à 3,9 % par le Central Statistics Office. Mais les hausses salariales, à la suite du paiement de la deuxième tranche des recommandations du Pay Research Bureau pourraient augmenter l?inflation. L?État devra utiliser les outils appropriés pour éponger l?excès de liquidités de l?économie pour prévenir une flambée des prix. Avec les hausses du prix des matériaux de construction et des produits pétroliers, l?exercice demeure périlleux.
Le déficit et la dette publique
L?État vit au-dessus de ses moyens depuis des années. Une bonne partie de ses dépenses sert avant tout à assurer le paiement des emprunts contractés les années précédentes. La dette publique est actuellement estimée à plus de Rs 92 milliards, soit plus de deux fois le budget de l?État pour la dernière année financière. Pravind Jugnauth a déjà annoncé que l?objectif d?un déficit budgétaire à 5 % du PIB pour l?année fiscale 2004-2005 ne sera pas atteint. Il compte sur son Medium Term Expenditure Framework pour rationaliser et mieux planifier les dépenses de l?État. Son budget devra contenir des trésors d?inventivité pour solutionner ce problème sur lequel ses prédécesseurs ont tous buté.
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