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Bush commémore la bataille de Normandie

5 juin 2004, 20:00

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Le 6 juin ne sera pas seulement la commémoration du débarquement de Normandie : en marge des manifestations, se tiendra une série d?intenses négociations internationales. En quête de soutien pour sa politique en Irak, le président américain tentera de convaincre ses alliés.

Puissance invitante, la France a vu grand pour orchestrer les cérémonies du 60e anniversaire du Débarquement en Normandie, qui culmineront aujourd?hui à Arromanches en présence de 17 chefs d?État et de gouvernement étrangers. Le chancelier allemand sera parmi eux, pour la première fois. Mais l?invité vedette, George Bush, qui doit prendre la parole aujourd?hui, après Jacques Chirac, au cimetière américain de Colleville.

En tant que représentant des États-Unis, c?est George Bush qui recueillera l?hommage aux « combattants de la liberté » de la Seconde Guerre mondiale. Il s?agit de montrer que le lien historique de l?Europe avec les États-Unis résiste aux divergences du moment, que la reconnaissance pour les combattants de 1944 est intacte mais qu?elle n?est pas synonyme d?alignement.

Les cérémonies du 6 juin sont le lever de rideau d?une série particulièrement dense de rencontres transatlantiques qui vont jalonner tout le mois et seront dominées par la question de l?Irak : réunion du G8 (les pays économiquement les plus puissants) aux États-Unis, rencontre États-Unis ? Union européenne à Dublin, sommet de l?Otan à la fin du mois à Istanbul, à la veille de la date officiellement prévue pour le transfert de souveraineté de la puissance occupante à de nouvelles autorités irakiennes.

Juste avant la Normandie, George Bush aura pu constater vendredi et samedi, auprès du pape et dans les rues de Rome, que sa politique en Irak ne fait pas que des adeptes. Il a été à Paris, où il a eu avec Jacques Chirac un entretien et un dîner de travail.

Le désaccord sur l?Irak va se décliner dans toutes les rencontres du mois de juin. À New York, au Conseil de sécurité de l?ONU, les Français ont monté leur groupe de résistance et proposent, des amendements au projet de résolution qui, à ce stade, ne reflète pas suffisamment la volonté de rendre aux Irakiens la maîtrise de leur sort.

Ce projet s?est heurté à un tir de barrage des pays arabes, de la France et de quelques autres. Si quelques dirigeants arabes ont accepté l?invitation à Sea Island, plusieurs autres l?ont déclinée, comme l?Egypte, qui s?en est publiquement expliquée.

« La démocratie ne s?exporte pas dans des fourgons blindés », dit-on sèchement dans l?entourage de Jacques Chirac, où depuis des mois on essaie de faire entendre aux dirigeants américains que leur « Grand Moyen-Orient » n?existe pas, et que vouloir appliquer un traitement global à des pays qui n?ont pour point commun que l?islam, c?est alimenter l?idée d?une confrontation entre civilisations. La France et les pays arabes font valoir surtout que les États-Unis n?ont rien à espérer dans cette région du monde tant qu?ils ne chercheront pas sérieusement à régler le conflit israélo-palestinien.

@ 2 004 Le Monde ? Claire Tréan

Distribué par The New York Times Syndicate

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