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Frico Labelle le pouvoir de l?imagination
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Frico Labelle le pouvoir de l?imagination
C?est fou le hasard, quand on y pense. En 1998, par temps d?élection partielle à Flacq-Bon Accueil, les slogans politiques font siffler les oreilles de Frico. «Coq santé, soley ape leve?»
A force d?être martelés, les appels du pied aux électeurs aboutissent finalement à un séga qui tout compte fait, n?a rien de politique. «Se par expre.»
Des années de recul et une bonne dose de succès au fond des grands yeux sombres, Frico n?a rien oublié des rigueurs de la vie de pêcheur. «Depi laz 7 an mo lapes.» Pour courir vers la mer, le gamin du Morne se détourne du chemin de l?école.
Dès le premier jour, avec son mask rakor improvisé, il attrape un poulpe de belle taille. «Sa lepok la, ourite ti Rs 5 la liv.» Pêche à la senne, au gros, «ar golet, lor talbot», le jeune homme quitte la maison de ses parents à 16 ans pour courir le monde. Qu?importe si sa mère, pêcheur elle-même, n?apprécie pas la vocation bourgeonnante de son fils.
A l?entendre parler ainsi de son enfance ? le sourire où manque une dent visiblement attendri ? il est difficile de croire que Frico est irrémédiablement dégoûté des activités marines. Sentiment de rejet né après que Frico passe un 1er janvier sur un chalutier, loin de sa famille, «avek de kann labier san lalkol.»
Le mal du pays menace de le submerger. Pourtant, l?auteur de Coq santé ne peut rayer de sa mémoire les témoins de là où il vient. Des pensées qui avaient tellement besoin d?être exprimées qu?elles se sont muées en chansons. Huit textes pour habiller un troisième album aux couleurs du passé. Kan nou mazine tou sala est une autoproduction disponible sur le marché à Rs 150.
«Mo finn mazinn tou seki mo finn trouve.» Presque 35 ans de vie à galérer. A tenir pendant deux ans seulement, le serment solennel pris pour le meilleur et le pire. A rouler sa bosse, sa guitare sous le bras et des chansons en poche, en Italie, en France, à Djakarta, à Singapour, à Bangkok.
Exposé aux musiques du monde, Frico en profite pour les intégrer dans sa conception du séga. Des accents de salsa, la volonté de se dispenser debatterie pour privilégier le djembé et la grosse caisse.
Et pour allier, l?inimitable sens du rythme de Menwar. Autant d?exigences d?artiste pour parler de L?île Maurice, de L?afection Mama, de Guy Moonsamy, son mentor en pêche dans Vié peser.
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