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Affaire Lallah : Mooraghen compte impliquer Chetty
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Affaire Lallah : Mooraghen compte impliquer Chetty
Après toutes les révélations qu?il a faites, Antoine Chetty devient à son tour, la cible des dénonciateurs.
Dix semaines après son arrestation, Moonsamy Mooraghen, un des principaux suspects dans l?affaire Deelchand a décidé de se mettre à table. Antoine Chetty, celui-là même qui l?a incriminé dans divers délits, sera le principal visé.
Sur la proposition de la direction de l?Anti-Drug & Smuggling Unit (Adsu), le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh a accepté qu?une autre équipe consigne les «révélations» de Moonsamy Mooraghen. Celles-ci portent sur les circonstances de la mort du notaire Rajkumar Lallah.
Par conséquent, des éléments du Central Criminal Investigation Departement (CCID) mèneront l?enquête.
A 14 h 20, hier le suspect Moonsamy Mooraghen est arrivé au bureau de l?Adsu avec l?intention de faire des «révélations». Il était encadré d?au moins sept éléments de la Special Supporting Unit (SSU). Moonsamy Mooraghen a tout de suite été rejoint par son homme de loi, Me Hervé Lassémillante.
Les hommes d?Hector Tuyau, inspecteur à l?Adsu, ont commencé à l?interroger en présence de Pierre Murugan, assistant surintendant de police. Lorsque les enquêteurs lui ont demandé de quoi il allait parler, il a répondu : «Mo pu coze lor Chetty.» Mais rien n?avait encore été consigné sur papier.
Sur ce, l?interrogatoire, qui en était encore à une phase préliminaire, s?est arrêté. Pierre Murugan a demandé que le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, soit consulté. Il a ainsi été décidé que le CCID procédera à l?enquête sur le volet de «révélations» annoncées par Moonsamy Mooraghen.
Premier suspect arrêté
Après son arrestation pour trafic de drogue, en même temps qu?Anju Lallah, Antoine Chetty a incriminé le notaire Deelchand, Moonsamy Mooraghen et un certain nombre de leurs partenaires d?affaires dans une série de délits criminels : tentative de meurtre, meurtre, crime d?incendie et complot dans des affaires de drogue. Anju Lallah a été, depuis, libérée sans condition.
Moonsamy Mooraghen a été l?un des premiers suspects à avoir été arrêtés pour avoir donné des instructions pour assassiner Philippe Calou en janvier 2000. Antoine Chetty l?a aussi impliqué dans un complot ourdi, en présence de Raj Dayal, ex-commissaire de police, pour dissimuler de la drogue chez un dénommé Satish Nundlall. Moonsamy Mooraghen a aussi été inculpé pour un autre complot visant à cacher de la drogue chez Fezal Buglah.
Par ailleurs, la police ne s?opposera pas à la demande de remise en liberté sous caution de Dev Hurnam, autre suspect, quand l?enquête sera bouclée. C?est ce qu?a annoncé le Premier ministre, Paul Bérenger, lors d?une conférence de presse.
L?avocat-parlementaire est incarcéré depuis mi-avril. Il répond d?une accusation provisoire d?avoir donné des instructions pour agresser le Senior Puisne Judge Bernard Sik Yuen et deux policiers.
Détention prolongée pour Dharmanadan Sambon
- Pas de remise en liberté sous caution, a statué la magistrate Vedalini Phoolchand-Bhadain, hier. Dharmanadan Sambon, dit Kovi, restera donc en détention policière. Il est accusé provisoirement d?avoir planqué de l?héroïne chez Mamade Fezal Bhuglah. L?inspecteur Hector Tuyau a évoqué quatre raisons pour justifier l?objection de police à la remise en liberté conditionnelle du suspect. Des raisons qui ont été considérées par la magistrate qui estime que la véracité des allégations portées contre le suspect est une affaire qui devra être déterminée par un «trial court». Dharmanadan Sambon a ainsi été reconduit à la cellule policière jusqu?au 10 juin 2004, le temps que la police complète son enquête. La magistrate a souligné que celle-ci doit être bouclée au plus vite afin qu?une charge formelle soit déposée contre le suspect. Selon elle, les enquêteurs «are treading in the realm of the right to personal liberty of the applicant» comme le stiplule l?article 5 (3) de la Constitution.
Le suspect était représenté par Me Jacques Tsang Mang Kin. Me Carol Green-Jokhoo, «Senior State Counsel», avait paru pour le Directeur des poursuites publiques.
Anju Lallah : ? Chetty a été contacté pour m?agresser?
- Le notaire Vinay Deelchand et Moonsamy Mooraghen auraient donné des instructions à Antoine Chetty en 1996 pour agresser Anju Lallah. C?est du moins ce que cette dernière, fille du notaire Rajkumar Lallah, décédé en novembre 2001, a affirmé aux journalistes. Cette déclaration a été faite dans la cour des Casernes centrales après le départ de Mooraghen pour la cellule policière où il est en détention. Mais au moment où ces instructions étaient données, dit-elle, Deelchand et Mooraghen ne savaient pas encore qu?elle entretenait une liaison avec Antoine Chetty. Elle réagissait aux déclarations du suspect Moonsamy Mooraghen, qui a décidé de faire des révélations sur la mort du notaire Lallah. Elle considère la décision de Raj Dayal et de Moonsamy Mooraghen de faire des «statements» sur la mort de son père comme «un blessing in disguise». Car, ajoute-t-elle, cela lui donnera l?occasion de démontrer comment Deelchand aurait utilisé son père pour lui faire signer des documents illégalement.
Hurnam fixé sur son sort lundi
La question est sur toutes les lèvres : Dev Hurnam sera-t-il libéré ? Le Premier ministre dit tenir de la police qu?elle ne s?opposera pas à la demande de remise en liberté de l?accusé, quand l?enquête sera bouclée (voir page 6). C?est lundi que les juges Asraf Caunhye et Nalini Matadeen feront connaître leur décision sur un point préliminaire à la motion du Directeur des poursuites publiques (DPP).
L?avocat et parlementaire est provisoirement accusé d?avoir donné des instructions à Antoine Chetty, l?homme de main du notaire Vinay Deelchand, pour l?agression du «Senior Puisne Judge», Bernard Sik Yuen, de l?inspecteur Heman Dass Ghoorah, et d?un officier de police. A l?issue des allégations de Chetty, l?Adsu a procédé à l?arrestation de Dev Hurnam.
Ce dernier a alors été remis en liberté provisoire par le magistrat Lutchmyparsad Aujayeb, un jugement contesté par le DPP. Néanmoins, lors des débats en cour, lundi dernier, la motion n?a pas été débattue. Les magistrats devront d?abord statuer sur un point préliminaire à cette motion.
Dev Hurnam a comparu devant le magistrat Lutchmyparsad Aujayeb, mercredi. Me Glover, un de ses avocats, a informé le magistrat que la motion du DPP est toujours «pending» devant la Cour suprême.
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