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?La Passion? selon Gibson
Acteur, producteur et réalisateur, volontiers provocateur, Mel Gibson a, dans sa filmographie, un bon nombre de films où la violence occupe une place importante. Cela est évident dans les films d?action du genre L?arme Fatale ou Payback, dans lesquels il se fait tabasser presque par masochisme ou dans Mad Max et Braveheart, pour ne citer que ceux-là, où la réalisation semble miser sur des scènes de violence autant pour le réalisme que pour émouvoir le spectateur.
On pourrait débattre longuement sur l?utilisation de la violence au cinéma sans se contenter seulement de ?déplorer son effet sur les jeunes? et de s?éterniser sur la mauvaise influence du cinéma, tenu responsable de tous les actes criminels. Le problème, c?est que l?on peut difficilement savoir comment ces scènes sont perçues par chaque individu et que, chez nous au moins, l?éducation aux médias (et pas seulement le cinéma) n?a toujours pas trouvé sa place dans le programme scolaire.
En espérant que les cinéphiles, eux, jugeront sans parti pris cette représentation très personnelle de La Passion, et que, dans les écoles, il se trouvera quelques enseignants disposés à faire réfléchir leurs élèves sur le sujet, nous vous offrons ici quelques textes puisés sur le site d?Allo ciné, suivi d?un texte publié il y a quelques jours dans La Vie Catholique, qui pourraient servir d?éléments de réflexion.
?Crédité de 354,8 millions de billets verts, le film se classe désormais au huitième rang des plus gros succès de tous les temps outre-Atlantique devant Le Monde de Nemo et Le Seigneur des anneaux.? (Allo Ciné)
?La Passion du Christ est une grande ?uvre, non par son apparence esthétique mais par la profondeur de la pensée, la beauté de sa structure interne. Nous avons perdu l?habitude de ces vastes compositions qui proposent une vision du monde.? (Le Figaro - Marie-Noëlle Tranchant)
?A travers cette chute vertigineuse, Gibson édifie un audacieux exercice d?exorcisme en même temps qu?une solide parabole sur la barbarie, la haine ordinaire, l?intolérance et la cruauté.? (aVoir-aLire.com - Romain Le Vern )
?C?est une oeuvre de prosélyte, au service d?un christianisme SM. Il paraît que des spectateurs se convertissent en sortant de la salle. Ca fait froid dans le dos.? (TéléCinéObs - Gilles Verdiani)
?La Passion du Christ ressemble à une blague. A vrai dire, même s?ils avaient essayé, les Monty Python n?auraient pas fait mieux.? (Première - Mathieu Carratier)
?Le réalisateur signe un spectacle grand-guignolesque qui plaira aux nostalgiques du marquis de Sade et les amateurs d?un cinéma populaire, où le larmoyant côtoie le gore. Conviendra-t-il aux croyants ? Peu probable. Les paroles du Christ ont du mal à surnager dans ce flot d?hémoglobine.? (Le Point - François-Guillaume Lorrain)
?La volonté de réalisme rejoint alors un désir de spectaculaire qui n?appartient plus au domaine de la foi. Nous sommes dans l?univers de l?image non plus pieuse mais démonstrative. Et La Passion devient un spectacle. ? (Le Figaro - Dominique Borde)
?Si l?on veut une preuve du mystère qui entoure la représentation de la religion au cinéma, on la trouvera dans l?évidence suivante : il y a moins de grâce dans toute La Passion du Christ du catholique Mel Gibson que dans un seul plan de L?Evangile selon Matthieu de Pasolini.? (Le Monde - Thomas Sotinel)
?La sincérité du cinéaste n?est pas en doute et le film attirera des hommes et des femmes qui cherchent peut-être à savoir qui est Jésus. Dans ce film, pourtant, le visage du Christ transparaît moins que nos obsessions contemporaines : angoisse du mal, fascination pour la violence, recherche de coupables (?)
En particulier, ce parti pris d?isoler la passion de la prédication du Christ conduit à ne rien montrer des controverses entre Jésus et les pharisiens, les scribes et les chefs des prêtres : le film les prend à l?heure de l?arrestation et de la comparution du Christ, dans une colère démente. Ainsi, indépendamment de savoir si le film est intentionnellement antisémite, il pourrait être utilisé pour conforter des opinions antisémites (?)
En même temps, aucun Chrétien n?est assuré de produire un témoignage chimiquement pur. Il serait injuste de faire le reproche à Mel Gibson de personnaliser son regard sur le Seigneur, en le mélangeant des couleurs de sa spiritualité propre. Ce film, donc, comme toutes les ?uvres d?art imaginées à partir des récits des quatre évangiles, représente les mystères de Jésus selon un angle de vue, et il ne peut pas échapper aux déformations, certaines de grande portée, imposées par ses choix.? (La Vie Catholique )
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