Publicité
Dans la cour des grands
Toc ! Toc ! Toc ! L?impact du ciseau sur des morceaux de bois se fait entendre dans la cour de Lewis Dick. Pourtant, cet après-midi-là, le sculpteur ne travaille pas. Le bruit devient de plus en plus assourdissant au fur et à mesure que le groupe d?enfants augmente dans le jardin du sculpteur. ?Dépêchez-vous les enfants. Vous êtes en retard?. Ils filent vers l?atelier pour ressortir avec des maillets à la main et vont vers une plate-forme où traînent des troncs d?arbres en partie sculptés. Bienvenue à l?école de sculpture de Lewis Dick et de Jean-Marc Mardi.
Certes, c?est une école en plein air, où les enfants sont passés maîtres dans l?art de manier le bois, le ciseau et le maillet. Mais elle connaît un véritable succès auprès des jeunes depuis sa création l?année dernière. Lewis Dick rentre alors d?un symposium de la sculpture en Suisse. L?expérience a été enrichissante. L?artiste rêve de lancer une école pour partager ses connaissances avec les jeunes. Et comme par hasard, quelques parents partagent la même idée que lui. Hassam Lallmohamed, un travailleur social du village, met le village hall à sa disposition.
Et le message passe. Une centaine d?enfants, âgés entre 11 et 15 ans, répondent positivement à l?appel. Ils se font un devoir d?être présents les après-midi dès 16 heures et travaillent jusqu?à 18 heures. Et les week-ends, ils sont là pour une bonne partie de la journée. ?Ils emmènent leur casse-croûte car ils ne veulent jamais rentrer chez eux.? Le village hall n?étant pas toujours disponible, Lewis Dick transformera son jardin en musée de la sculpture. Ses ?uvres et ceux de son ami, Jean-Marc Mardi, sont joliment exposés sur une pelouse pour inspirer les artistes en herbe.
Un coin en béton sert de lieu de travail. Les jeunes bossent uniquement sur de grandes pièces car ils n?ont pas les outils nécessaires. ?C?est bien de travailler avec de grosses pièces. Les enfants ont l?entraînement physique nécessaire pour utiliser le maillet.? L?école est gratuite. Les deux sculpteurs formeront 20 chefs d?équipe qui auront, chacun, cinq jeunes sous leur responsabilité. Lewis Dick et Jean-Marc Mardi laissent les enfants donner libre cours à leur imagination. Ils ne sont là que pour les conseiller. Les enfants ont compris la leçon, à l?image de Sandeep Mannick, 9 ans, travaillant un morceau de bois. ?La première chose à faire est de bien observer et nous verrons autre chose qu?un simple morceau de bois car chaque tronc cache la forme d?un animal ou d?un être humain?.
Et des ?sculpteuses?
Sculpteur se conjugue aussi au féminin dans cette école. Liza et Coralie Lindor et Jenna Figaro sont quelques-unes des filles qui s?adonnent à la sculpture. Elles ne se soucient guère d?avoir des ampoules à la main. Elles se sont mises ensemble pour sculpter deux chevaux jouant ensemble. D?ailleurs, c?est décidé, elles en feront leur métier.
Ces sculpteurs en herbe apprennent aussi à chercher leur propre matériau. Ils sillonnent les environs à la recherche de bois.
?Nous avons utilisé un chariot pour transporter un tronc qui fait deux mètres de haut?, raconte Jercy Juste et Jean-Daniel Orient. Debout sur un bloc, ils enlèvent des écorces à coup de ciseaux.
Les ?uvres des enfants sont mis en vente pour l?achat d?outils. Lors du salon des artistes le mois dernier à Phoenix, les jeunes sculpteurs ont volé la vedette aux grands. Ils se voient déjà dans la cour de leurs maîtres, c?est-à-dire, dans les salons de la célébrité.
Publicité
Publicité
Les plus récents