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Sheila ou la vie en rose

21 mai 2004, 20:00

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Il y a bien sûr la fourrure de sa voix. Le geste alangui, le bleu des yeux et la blondeur des cheveux qui s?illuminent majestueusement sous les lumières tamisées de l?hôtel Shandrani. La légende est là, en face. La silhouette est fine, les habits sont sobres, preuve d?un bon goût évident. Pleine d?attentions pour nous, souriante au fur et à mesure qu?elle ouvre son c?ur et sa vie. La dame est heureuse. Comme elle ne l?a jamais été. «C?est l?âge!» dit-elle sans la moindre once de regret dans la voix. Sheila est de celles qui ne ressassent pas le passé.

Elle est résolument tournée vers l?avenir mais elle feuillette avec bonheur, l?album photo des années Sheila.

Sur la plage où elle est installée,pendant que le piano joue des notes connues, celles de La vie en rose, Sheila se fond merveilleusement bien dans le décor. Telles les vagues qui viennent caresser le sable blanc, elle est calme et sereine. «Je suis portée par l?amour des gens. Les gens, c?est toute ma vie. C?est vrai qu?il y a le travail, mais un artiste existe seulement parce qu?il a un public. Je suis revenue en 1998 parce que les gens me manquaient.» Comme elle revient ? celle qui a fait de la variété intelligente, en chantant des chansons dans lesquelles on s?est tous reconnus n?est pas qu?une gentille chanteuse. Elle a l?intelligence du métier et l?intelligence de ceux qui ont su compter sur leur bonne étoile. «Ma plus grande victoire aujourd?hui serait d?avoir réussi à réunir quatre générations de fans lors de mon spectacle à l?Olympia en 2002.» C?était pour fêter ses quarante ans de carrière. Dans la salle, il n?y avait pas des fans de son âge, mais également des fans qui ont découvert la Sheila disco, accompagnés de leurs propres enfants. De l?arrière grand-mère à la petite fille, les fans de Sheila se comptent à la pelle. «J?ai eu la chance de démarrer à seize ans. Depuis, je vis avec le public. On a eu nos premiers fiancés, connu nos premiers chagrins d?amour ensemble. Aujourd?hui, si je chante encore, c?est parce que le public me porte. J?ai la chance d?avoir un public d?une fidélité exceptionnelle.»

Quand on aime, on est heureux. L?amour la protège. «J?ai reçu le plus de lettres des fans alors que j?avais décidéd?arrêter de chanter. » Cela ne trompe pas. Et quand on lui dit qu?elle, est indestructible, l?adjectif la fait sourire. Sheila a eu ses moments de doute, ses moments de déprime, mais jamais, elle n?a douté de l?amour des autres et de l?amour des siens. Son modèle, c?est sa grand-mère. Une femme exemplaire et indépendante, décédée à l?âge de cent quatre ans. «Elle était l?une des premières femmes à avoir décroché son permis poids lourd. Pendant qu?elle s?affairait pour gagner sa vie, mon grand-père faisait la vaisselle ! C?était une chose impensable à l?époque.» Pour solder ses leçons de la vie, Sheila perd ses parents il y a un an et demi. «Cela a été une coupure épouvantable. Je n?étais pas du tout préparée. Par contre, mes parents ont été séparés que seize jours dans leurs vies. Ma mère est partie pourpréparer la place à mon père.» «J?ai appris que l?on peut seulement être en accord avec les autres que si on est en accord avec soi-même. »

Les autres. C?est devenu une raison de vivre pour Sheila. La chanteuse est depuis plusieurs années, la présidente d?honneur de l?Association des élus locaux contre le sida (ELCS), créée par Jean-Luc Romero. «Mon ami Jean-Luc se bat bec et ongles pour apporter plus d?humanité dans ce monde. J?essaye d?apporter l?énergie nécessaire à ceux qui en ont besoin. Rien ne vaut une main tendue. C?est comme cela qu?on se sent invincible ! » Sheila a la peau dure. Elle a traversé les années de galères sans avoir garder la déchirure. Aujourd?hui, il ne reste que la femme épanouie. Sheila aime et Sheila est aimée de retour. L?escale à Rodrigues, lors du rallye touristique du groupe Beachcomber qu?elle a arbitré avec sérieux, lui a donné une occasion en or d?aller à la rencontre d?un nouveau public. Les Rodriguais l?attendaient nombreux à l?aéroport. « Il y avait un petit garçon. Il avait une bouille ! J?ai eu la chance de découvrir Rodrigues et son peuple. Je les trouve aussi charmant l?un que l?autre. Je suis extrêmement touchée de l?accueil que l?on m?a réservée.» C?est dit avec une telle candeur que cela étonne. Même après une carrière longue de quarante-deux ans, Sheila s?émerveille encore de l?attention des gens. «C?est toute ma vie ! Avec les gens, c?est autant un échange qu?une belle histoire d?amour. »

La peinture, la sculpture, l?écriture et l?astrologie, ses nombreux amours après la chanson, l?ont aidé à redonner une nouvelle dimension à sa vie. Une vie sans fard, marquée par des rencontres régulières avec son public, lors de divers rendez-vous étalés dans toute la France depuis son come-back en 1998.

Profondément éprise de notre île, qu?elle visite à raison de deux fois l?an, depuis 1984, Sheila caresse le rêve de venir chanter bientôt chez nous. Dans la foulée, elle explique qu?elle a encore une foule de chose à accomplir. « Si je vous disais tout ce qu?il me reste à faire, vous ne me croirez même pas ! » s?est-elle exclamée dans un grand rire. Sheila on le sait, ne finira jamais de noussurprendre.

Succès incontesté pour le rallye Beachcomber

«Plus qu?une belle organisation, ça a été une organisation d?exception !» a déclaré enthousiaste Sheila, marraine du rallye touristique du groupe Beachcomber qui avait également le rôle de directrice du rallye. Depuis le coup d?envoi de la seizième édition du rallye, orchestré par le groupe Beachcomber, les quarante-deux participants sont aux anges.

Comme Emilie, Magali ou encore Ludivine de l?agence Tureia à Chamberry, les participants ont eu la chance de découvrir l?île Maurice dans toute sa splendeur. «Bravo Maurice ! C?est vrai qu?être agent de voyage ça fait rêver des milliers de gens. Cette fois, on a pu rêver les yeux ouverts, pendant ces cinq jours,» explique Emilie en riant.

La soirée de clôture du rallye, qui a mis fin de fort belle manière à cette présente édition du rallye touristique, a récompensé Nadia Boulahya de l?Agence Dauphin Voyage, Nathalie Mathieu de Bleu Voyage et Pierre Thonazo du Bearn Touriste Tour. Ces derniers sont venus à bout des énigmes, des chasses au trésor, entre autres. «Nous avons le sentiment d?avoir accompli notre mission puisque les quarante-deux agents de voyage ont découvert une île Maurice autre que celles des cartes postales,» a déclaré heureux, Jean-Paul Poussin, directeur de Hertz et membre de l?organisation du rallye. «Les autorités mauriciennes, la MTPA, Air Mauritius et le ministère du Tourisme ont été des partenaires de choix,» a précisé Jean-Paul Poussin. La soirée de clôture, célébrée en grande pompe à l?hôtel Shandrani, mercredi dernier, a brillé par son originalité. Outre le somptueux dîner et l?orchestre, un piano a été installé sur des pilotis et a été planté au beau milieu des vagues. Rendez-vous l?année prochaine, avec d?autres participants, puisque les agents de voyages n?ont droit qu?à une seule participation, pour une autre édition du rallye touristique du groupe Beachcomber.

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