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Ramgoolam : «Le GM ne veutpas la vérité sur les portiques»

21 mai 2004, 20:00

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La controverse autour de l?achat des deux portiques n?est pas près de s?éteindre. Cette fois, ce sont les attributions de la commission d?enquête confiée à Sir Victor Glover qui posent problème. Le leader de l?opposition, Navin Ramgoolam, qui avait porté l?affaire au Parlement le 4 mai, s?insurge aujourd?hui contre les « attributions très limitées » de cette commission.

Les premières auditions de la commission démarrent mercredi avec la convocation des cadres de la Cargo Handling Corporation (CHC) et de la Mauritius Ports Authority (MPA).

Sir Victor Glover est chargé d?examiner s?il y a eu versement ou non de pots-de-vin pour l?achat de ces équipements. Ce faisant, le gouvernement coupe l?herbe sous les pieds de l?opposition et réalise un coup politique. Il sera en effet difficile à la commission d?établir s?il y a eu pots-de-vin. « Bribes have been taken. I know », avait notamment déclaré Navin Ramgoolam à l?Assemblée nationale.

Telles que libellées, les attributions de la commission d?enquête sont : « to inquire into whether bribes have been paid or taken in the process of the procurement of two ship-to-shore gantry cranes for the CHC from International Management and Construction Corporation (IMCC) Abu Dhabi. »

Or l?examen des vices de procédures dans la réalisation de la transaction ? vices qui ont été parmi les principales objections invoquées par l?opposition ? ne figure pas dans « les attributions » de la commission. Navin Ramgoolam est outré : « C?est de la mauvaise foi. Le gouvernement n?est pas intéressé à connaître la vérité. D?une part, les pouvoirs de la commission sont limités, et d?autre part, il nous empêche de poser des questions au Parlement avec la création de cette commission. » Les syndicalistes du port, à travers leur porte-parole, Gérard Bertrand, réclament eux aussi un élargissement des attributions de la commission Glover.

« Toujours en fonction »

Navin Ramgoolam s?étonne également que les « responsables des organismes parapublics soient encore en poste alors que le gouvernement a lui-même reconnu que la CHC et la MPA ont commis des erreurs dans ce dossier. »

Le leader du PTr se préoccupe du fait que ces responsables « ti capave tire certains documents ». Sir Victor Glover a d?ailleurs débarqué à la CHC en début de semaine pour récupérer les dossiers concernés.

Gaëtan Pillay réplique aux accusations de Rama Valayden, leader du Mouvement républicain. Ce dernier avait émis plusieurs allégations ? dont celles de versement de pots-de-vin pour l?achat des portiques ? contre le président du conseil d?administration de la CHC. Gaëtan Pillay a logé une plainte contre Rama Valayden, hier. Le leader du MR réplique à cette démarche en écrivant à la Commission Glover pour une éventuelle déposition.

C?est la différence entre le (bail avec option d?achat) et l?Operating Lease (bail sans intention d?achat) qui a été le point saillant des débats à l?Assemblée concernant l?acquisition des portiques. L?opposition avait augmenté que la procédure engagée était en réalité un Finance Lease et que, de ce fait, l?avis du Central Tender Board (CTB) était nécessaire.

Pour l?acquisition des deux portiques, la CHC avait recherché l?avis du CTB. Cet organisme avait, lui, considéré que le bail de cet équipement ne tombait pas sous sa juridiction. «? Operating lease of equipment to be a service activity and as such the request does not fall under the purview of the CTB ». Le député Xavier-Luc Duval s?était dit scandalisé. « Ayant pris connaissance de la lettre du CTB, nous réalisons que cet organisme a été misled », a t-il protesté. Il ne s?agit pas d?un Operation Lease mais bien d?un Finance Lease ».

Navin Ramgoolam devait lui déplorer lors de la Private Notice Question que le CTB ait été « bypassed ». Pour lui, l?opinion exprimée par le CTB est « wrong ». Le leader de l?opposition a de plus affirmé que « It is a way of bypassing the CTB so that money can be stolen ».

Pour toute réponse à l?Assemblée, le ministre des Communications extérieures, Sangeet Fowdar, avait affirmé qu?il avait été « misled ». Cette PNQ avait d?ailleurs eu lieu dans une ambiance très animée et avait débouché sur le walk-out de l?opposition.

Le leader de l?opposition avait également affirmé qu?une banque s?était proposée de financer l?acquisition des portiques à un taux d?intérêts inférieur à 3 %. Sur ce volet, le Premier ministre Paul Bérenger devait par la suite exprimer son mécontentement que la CHC n?ait pas jugé bon d?informer le gouvernement qu?une telle offre avait été faite.

C?est en novembre 2003 que la CHC prend contact avec trois compagnies maritimes dans le cadre de ces achats. Un mois après, seule l?une d?elles répond favorablement à la requête de la corporation. Les trois mois de discussions avec ladite compagnie ne devaient pas aboutir en raison des implications financières jugées inacceptables exigées par la compagnie pour la location des portiques.

Entre alors en scène l?IMCC. Toutefois, la MPA et la CHC ne souhaitent pas négocier directement avec la compagnie d?Abu Dhabi et lance un appel d?offres. IMCC sera choisie à l?issue de cet exercice. Une procédure dénoncée par l?opposition qui a critiqué le délai de dix jours accordé pour la soumission des offres.

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