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France 3 Angleterre 0

8 mai 2004, 20:00

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Et un, et deux et trois zéro ! Incroyable mais vrai, la toute puissante Premier League, surmédiatisée à souhait, a par trois fois, cette saison, subi la loi de la modeste Ligue 1 sur la scène européenne. L?Angleterre en est encore toute retournée. L?île Maurice aussi. Elle qui croyait que le football commençait et s?arrêtait au pays de sa Majesté la Reine !

La France, elle, peut légitimement bomber le torse. De mémoire, un tel scénario ne s?était jamais produit. Trois confrontations directes sur fond de rivalité historique, trois qualifications pour la France. Et les unes sont plus méritées que les autres. Voilà qui devrait fouetter le sang des British à l?approche du choc France-Angleterre de l?Euro-2004.

Cela d?autant plus que personne dans le Royaume-Uni n?a oublié que la dernière fois que les Bleus avaient croisé la route de la Rose à Londres, Nicolas Anelka avait marqué deux fois et la France s?était imposée 2-0. It?s terrible !

L?Olympique de Marseille, qui regrettait à tort de ne pas s?être qualifiée pour la Ligue des Champions, avait montré la voie en huitièmes de finale de la Coupe de l?UEFA face à un Liverpool qui, il est vrai, n?est aujourd?hui légendaire que de nom. Un partout à Anfield, 2-1 au Vélodrome.

Le club phocéen allait en remettre une couche jeudi, cette fois en demi-finale, face à Newcastle. Une victoire plus facile que prévue, 2-0, acquise dans un stade Vélodrome déchaîné, victoire qui porte exclusivement, ou presque, la griffe de ce diable de Didier Drogba, auteur d?un doublé.

Intercalé entre ces deux prouesses olympiennes, figure le chef-d?oeuvre monégasque sur la plus prestigieuse des scènes, la Ligue des champions. Mercredi, en effet, les petits princes de Didier Deschamps étaient revenus de l?enfer de Stamford Bridge plus braves, plus vaillants que jamais. A leur victoire de prestige acquise à Louis II deux semaines plus tôt, 3-1, ils ont cette fois ajouté un nul déconcertant à leur collection. Menés 2 à 0 à l?aube de la mi-temps face à une équipe de Chelsea qui n?avait eu de cesse jusque-là de mettre le feu, le club de la Principauté a laissé passer la tempête avant d?aller égratigner l?orgueil de l?indécent Roman Abramovich, lequel croyait que ses pétro-dollars feraient de Chelski le club du futur. L?AS Monaco, sous l?impulsion de son trio magique Giuly-Rothen-Morientes, a marqué deux fois, confirmant au passage qu?elle avait des ressources morales insoupçonnables.

Bien plus qu?une leçon de football, c?est une leçon d?humilité que la France a infligé à l?Angleterre. On l?a dit et redit cette semaine. Avec un budget de 45 millions d?euros, soit cinq fois moins que le Real Madrid, Monaco ne pouvait prétendre, sur papier, franchir un tel palier. Plus que le talent, c?est le coeur qui a parlé. Ne parlons pas de Marseille, incapable de battre Metz en championnat, et qui a tour à tour damé le pion à Dniepr, Liverpool, l?Inter Milan et maintenant Newcastle. Un OM qui, empressons-nous de le souligner, a toujours battu les clubs anglais au stade Vélodrome, Newcastle étant la cinquième victime beacon and eggs du club phocéen.

<B>Monaco, 18 buts contre 3 géants ! </B>

Pour la France, le moins que l?on puisse dire, c?est que les années se suivent mais ne se ressemblent pas. L?année dernière, aucun représentant tricolore n?avait passé le modeste cap des huitièmes de finale. Cette année, véritable don du ciel, la Ligue 1 sera présente en finale des deux compétitions européennes. Le 19 mai, dans le froid suédois de Goteborg, Marseille défiera Valence, impressionnant leader de la Liga. Une semaine plus tard, Monaco sera à l?épreuve de Porto en Ligue des Champions dans l?antre magique du Gelsenkirchen, stade de Shalke 04, là où l?équipe de France a récemment renvoyé l?Allemagne à ses études sous la forme d?un inoubliable 3-0. Ce sera la cinquième finale française en C1 après Reims en 1956 et 1959, Saint-Etienne en 1976, et Marseille en 1991 et en 1993. Ce sera aussi la deuxième finale monégasque en Europe après celle perdue de 1993 contre les Allemands du Werder Brême en Coupe des Coupes.

Monaco imitera-t-elle l?OM de Bernard Tapie, seul lauréat français à un tel niveau de compétition ? Porto, donné favori par une majorité, ne l?entend pas de cette oreille. Mais eu égard au parcours des rouges et blanc cette saison, on peut penser que l?heure de gloire a peut-être sonné. N?élimine pas qui veut le Deportivo la Corogne, le Real Madrid et Chelsea. Huit buts contre les Galiciens, cinq buts contre les Madrilènes, cinq buts contre les Londoniens, ça fait beaucoup pour un petit poucet. Petit poucet qui, soit-dit en passant, possède les deux meilleurs buteurs européens de la saison en Fernando Morientes et Dado Prso, auteur de quinze buts à eux deux en C1 !

Contrairement aux idées reçues, ce n?est pas la première fois que la France est représentée la même année dans deux finales européennes. En 1996, année où le Paris Saint-Germain avait dominé le Rapid Vienne en finale de la Coupe des Coupes, pour devenir le deuxième club français à décrocher la timbale continentale, Bordeaux avait marqué les esprits en atteignant la finale de la Coupe de l?UEFA au terme d?une mémorable qualification face au Milan AC. Vainqueur 2-0 à San Siro, les Rosoneri avaient encaissé trois buts deux semaines plus tard au Parc Lescure. Mais Bordeaux ne fut pas en mesure de décrocher le sésame européen, le Bayern Munich s?imposant en finale. Dans cette équipe de Bordeaux, figuraient Bixente Lizarazu, Christophe Dugarry et un certain Zinedine Zidane.

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