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Un parfum de Supercoupe

8 mai 2004, 20:00

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Le futur finaliste de la Ligue des champions reçoit celui de la Coupe de l'UEFA, ce Monaco-Marseille de la 35e journée de Ligue 1 pourrait très bien être l'affiche de la future Supercoupe d'Europe qui opposera en août les lauréats 2003-2004 des deux compétitions européennes à... Monaco ! C'est en effet sur la pelouse du Stade Louis II qu'a désormais traditionnellement lieu cette rencontre de prestige qui marque chaque année le début de la saison européenne.

Pour l'instant, il ne s'agit cependant que de finalistes, Monaco comme Marseille devant désormais franchir la dernière et sans doute la plus difficile marche vers le Graal continental. Et pour les Phocéens, pas de doute, le mot d'ordre de cette fin de saison sera « tout pour l'Europe », quitte à sacrifier le Championnat. 7e de Ligue 1 à quatre points d'Auxerre, pour l'instant le mieux placé pour décrocher le dernier billet européen, les coéquipiers de Drogba misent en effet tout sur la finale de la Coupe de l'UEFA pour retrouver les joutes continentales la saison prochaine (la victoire n'est pas qualificative pour la prochaine Coupe de l'UEFA, mais la FFF aura alors le droit de réserver un billet européen à l'OM).

<B>Anigo : « On ne peut courir deux lièvres à la fois »</B>

Bref, le seul moyen pour Marseille de goûter de nouveau aux joies de l'Europe est de battre Valence le 19 mai. D'où la décision de José Anigo d'ériger le rendez-vous de Göteborg en priorité absolue, au détriment du Championnat et de ce déplacement de prestige à Monaco. « Avant le match de Newcastle, on nous a critiqués parce que j'avais aligné une équipe « bis » contre Metz, explique-t-il ainsi sur le site du club olympien. Mais je voulais préparer ce match retour de la meilleure des manières. Cela a été chose faite et les événements m'ont donné raison, parce que cela nous a permis de faire un bon match. Notre objectif est désormais d'être prêts le 19 mai et vu l'enchaînement des matches, on ne peut pas courir deux lièvres à la fois. Il faut donc faire un choix et la finale de la Coupe de l'UEFA l'emporte sur la L1. »

Le discours a le mérite d'être clair sur les intentions olympiennes, même s'il chagrinera sans doute les rivaux de Monaco dans la course au titre, le PSG et surtout Lyon, battu récemment sur sa pelouse par une équipe de Marseille alors au complet. Mais José Anigo assume ce choix, persuadé de ne pouvoir faire autrement : « Ce ne sera pas un match amical, mais l'équipe sera remaniée à 50 %. En jouant le championnat à tout prix, on risque de tout perdre. On est distancé au classement. Dimanche, il y aura deux équipes fatiguées qui ont laissé beaucoup de forces dans la bataille. J'ai le souci de préserver mes joueurs qui ont tout donné jeudi soir. »

Les Monégasques ne s'en plaindront pas, eux qui n'auront sans doute pas à se frotter à Didier Drogba, « carbonisé », selon José Anigo qui a le « souci de le préserver ». Car pour l'AS Monaco, ce choc de la 35e journée revêt un tout autre enjeu. Pas question pour l'équipe de Didier Deschamps de tenter le quitte ou double marseillais (si l'ASM gagne la Ligue des champions, elle sera automatiquement qualifiée pour la C1 la saison prochaine), le titre de champion de France reste un objectif, au même titre que la plus prestigieuse des coupes d'Europe.

<B>Giuly : « Quatre finales pour être champion »</B>

L'appétit vient en mangeant et le récent succès obtenu par l'équipe de la Principauté chez le voisin niçois a décuplé les ambitions. « La victoire à Nice nous a donné un coup de fouet, explique ainsi Patrice Evra, qui ne jouera pas contre Marseille à cause d'un coup reçu face à Chelsea. On est prêt pour mener les deux compétitions de front. » Même son de cloche chez son capitaine Ludovic Giuly qui estime que la qualification pour la finale de la Ligue des champions va permettre à l'ASM de jouer plus libérée en Championnat. « Ça va être mieux pour enchaîner avec le championnat. On a quatre matches, quatre finales à gagner pour être champion. Les quinze jours à venir seront décisifs. On a l'envie de tout bien finir. »

Reste que ce discours volontariste se heurtera peut-être à un double écueil : les Monégasques, qui ont beaucoup donné mercredi à Londres, accuseront sans doute le coup physiquement (mais Marseille aussi). Surtout, ils risquent inconsciemment de vouloir se ménager en vue de la finale de Gelsenkirchen le 26 mai. Mais ça, c'est le travail de Didier Deschamps qui devra faire comprendre à ces joueurs qu'une telle finale se prépare aussi par le biais de prestations convaincantes en Championnat. Vu que le message de « La Dèche » passe plutôt bien en ce moment, Monaco peut encore rêver du doublé...

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