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Minority Report

8 mai 2004, 20:00

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Que serons-nous, lorsque la prophétie de George Orwell se réalisera et que Big Brother percera toutes nos défenses ? Tel est le propos de Minority Report, le deuxième film d?anticipation de Steven Spielberg après A.I, à suivre ce soir à 20 h 05 sur Canal+.

La société américaine de 2054 annihile toute rébellion en anticipant tout ce qui pourrait compromettre la bonne marche de la société. Cette peur de l?accident, de la mort, de la tragédie, entre autres, a provoqué la naissance d?une société futuriste, dans laquelle tout est asceptisé. L?homme n?a plus qu?un choix. Etre au-dessus de tout même si cela signifie la perte de son humanité. A trop faire confiance à son propre génie, l?homme devient son propre ennemi. Mais lorsque l?illusion du parfait se heurte à la réalité, le résultat ne peut être que la destruction. Désormais, seul l?apprentissage du doute, l?acceptation de la souffrance et la prise de risque peuvent encore sauver l?homme.

C?est ainsi que Steven Spielberg crée un futur sombre et étouffant, inspiré de la nouvelle de Philip K. Dick, à qui l?on doit notamment Blade Runner et Total Recall. Spielberg met sa virtuosité et ses moyens considérables au service d?un condensé de genres, qui va de la science-fiction au thriller, en passant par le whodunit, c?est-à-dire le film policier à énigme.

Si l?histoire de John Anderton, incarné par un Tom Cruise au sommet de sa forme, préférant faire intégralement les cascades du film, est plutôt facile à suivre, le film soulève d?abord une question morale à laquelle il est difficile de trancher. L?arrestation d?individus encore innocents et la dérive totalitaire qui en découle, pose définitivement problème. Cela dit, Minority Report est un divertissement high-tech totalement réussi. Il n?y a pas une scène, pas une séquence du film où il n?est pas question d?une trouvaille technologique surprenante. La scène la plus saisissante du film est celle au cours de laquelle de nombreuses araignées mécaniques poursuivent John Anderton. C?est une équipe de l?université de Cornell qui est parvenue à restituer les sons de ces arachnides, inaudibles pour l?homme. Le film nécessita près de quatre cent quatre-vingts plans d?effets spéciaux et presque autant d?images de synthèse.

Si l?avis des critiques est partagé par rapport à la réussite du film, il faut reconnaître que le public n?a pas boudé son plaisir. Déjà, le budget du film qui s?élevait à $ 100 millions de dollars, pour $ 40 millions en plus pour la publicité, les producteurs du film n?ont pas lésiné sur les moyens de faire du bruit avant la sortie du film. Du coup, Minority Report a engrangé des recettes nettes de £130 millions, aux Etats-Unis uniquement et $100 millions de recettes internationales.

Audacieux dans le fond et dans la forme, Minority Report a définitivement classé son réalisateur dans le clan de ceux qui savent marier génie créatif et avancées technologiques. Minority Report est un film de science-fiction grand angle qui aurait certainement ravi Stanley Kubrick, le mentor de Steven Spielberg.

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