Publicité
Riez pour être en forme
«Nous ne rions pas parce que nous sommes heureux mais nous sommes heureux parce que nous rions ! » Ces riants propos sont du Dr Madan Kataria, médecin qui a créé le premier club de rire en Inde. Aujourd?hui il y en a un peu moins de 1 500 à travers le monde. À Maurice, c?est le yogi Tamby Chuckravanen qui s?est fait le porte-parole du rire.
Sa première conférence sur l?art du rire qui a eu lieu au Plaza le 23 mars dernier a eu un franc succès. Une autre séance de thérapie du rire est prévue le 13 juin prochain au Jardin de la compagnie. « Les Mauriciens ne rient pas assez. La vie est difficile. Les gens sont endettés. Sans compter les problèmes familiaux et autres maladies. Vraiment il n?y a pas de quoi rire ! Mais pourtant c?est justement dans ces moments-là qu?il faut le faire pour faire évacuer le stress », explique-t-il. « Tous les maux passent par le cerveau, provoquant certains dysfonctionnements qui agissent directement sur les différentes parties de l?organisme. Or il a été prouvé que les quelque 1 080 sons produits par le rire mélangés au pranayama (oxygène) peuvent avoir un effet positif sur ces mêmes cellules », poursuit-il. Le rire est en effet considéré comme une mine de bienfaits qui agit sur de nombreux troubles : tension artérielle problèmes cardiaques, diabète, allergies, insomnie, dépression et autres problèmes neurologiques.
Mais il ne faut surtout pas croire qu?il s?agit là du même type de rire gras qui secoue généralement les salles de spectacle. Il est question ici de quelque chose de plus « technique », souligne le yogi Chuckravanen. « C?est un rire qui n?est pas provoqué. On l?appelle aussi « rire sans raison ». Il est naturel et peut même être considéré comme une prière. Et tout comme pour une prière, il se pratique en groupe. » Le but de cette thérapie est de guérir, de faire oublier les soucis quotidiens et de se relaxer.
Et ça marche ! Le yogi ne compte plus les fois où après une séance, des participants sont venus le trouver pour essayer de comprendre ce qui leur était arrivé, car pendant toute la durée de cette étrange thérapie, ils avaient complètement oublié leurs soucis. « Le rire est contagieux et n?a pas de religion. D?ailleurs ceux qui viennent aux séances de rire sont issus de toutes les communautés. L?idéal serait qu?il y ait des clubs de rire partout, pour que chacun puisse en profiter au maximum sans avoir faire de longs trajets, d?autant plus que c?est quelque chose de gratuit. »
Selon le yogi, il existe différents types de rire qui portent des noms d?animaux. « Certaines postures de yoga portent des noms d?animaux comme celle du chat, du paon ou du tigre par exemple. C?est la même chose pour le rire. Chaque son a un effet différent sur chaque partie de l?organisme et il faut jouer sur tous les registres et exploiter tous les syllabes possibles », explique-t-il.
Le rire a non seulement des effets bénéfiques sur l?organisme, mais il a aussi une fonction sociale. « Il permet de se défouler. Je conseillerais aux familles de s?accorder au moins quinze minutes par jour de rire. Cela permet de resserrer les liens familiaux, mais aussi entre amis et collègues, voire entre voisins. Tenez, le chien du voisin vient salir votre jardin le soir et vous voulez en informer ce dernier. Si la conversation débute par un sourire, on peut dire que le problème est à moitié réglé », assure le yogi.
Faut-il en conclure que l?on peut rire de tout ? Non, car s?il est permis de rire de soi, il n?est pas recommandé de rire des autres, d?utiliser un nom ou un défaut de l?autre pour s?en moquer. Mais se raconter une blague de temps à autre entre copains peut faire partie de la thérapie.
Tamby Chuckravanen, qui a à c?ur le bien-être de ses contemporains, a imaginé une autre thérapie. Il s?agit de pas de danse inspirés des mouvements que l?on faisait autrefois : écraser la pâte de massala, brosser la maison avec la moitié d?une noix de coco, balayer la cour avec un balai coco, etc. « Ce sont des gestes qui avaient des effets bénéfiques sur tout le corps et qui raffermissaient les muscles. Maintenant, avec les appareils ménagers, tout est devenu facile. Il suffit de presser sur un bouton et le tour est joué. Résultat : les muscles s?atrophient. J?ai pensé à introduire cette thérapie pour inciter l?individu à reprendre l?habitude de faire ces bons gestes mais dans la bonne humeur », dit-il. Alors pourquoi s?en priver ? Rions et dansons ! À consommer sans modération !
« L?idéal serait qu?il y ait des clubs de rire partout pour que chacun puisse en profiter »
« Si la conver-sation débute par un sourire, on peut dire que le problème est à moitié réglé »
Publicité
Publicité
Les plus récents