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Monaco, ou l?art de déjouer les pronostics

6 mai 2004, 20:00

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Il était une fois un club princier... L?aventure européenne de Monaco, qui s?est qualifié pour sa première finale de Ligue des champions mercredi soir grâce à son match nul à Chelsea (2-2), ressemble à ces contes de fées pleins de sortilèges, de magie et de rebondissements.

Souvent avec Monaco, l?histoire commence mal mais se termine dans le bonheur. Pour preuve, le parcours continental des Monégasques, truffé de renversements de situation.

Mercredi soir, les joueurs de la Principauté, qui avaient creusé l?écart à l?aller (3-1) alors qu?ils étaient réduits à dix, s?attendaient à un gros choc dans le quartier chic de la capitale londonienne.

Les Monégasques voulaient tenir le plus longtemps. Mais ils ont été emportés quand la houle bleue gonflée par les clameurs venues des tribunes de Stamford Bridge s?est abattue sur eux.

Les occasions ont alors plu sur la cage de Flavio Roma, et si ce dernier fut impuissant sur les frappes de Jesper Gronkjaer (22e) et Franck Lampard (44e), il sauva trois ou quatre balles de match.

?On savait que la première mi-temps serait délicate?, a souligné le portier italien de l?ASM. ?C?était mentalement très difficile. Les joueurs de Chelsea poussaient sans confusion, avec logique et ils arrivaient pratiquement à chaque fois dans la surface.?

?Il faudra que nous réalisions notre meilleure performance et que Monaco fasse son plus mauvais match?, avait dit Claudio Ranieri, le coach en partance de Chelsea. Le scénario de la première période lui donnait raison, et comble de malchance, Fernando Morientes manquait deux occasions que d?ordinaire il n?aurait pas laissé passer.

?On n?est pas bien rentrés dans le match?, a déclaré l?entraîneur monégasque Didier Deschamps. ?Notre animation n?était pas bonne offensivement comme défensivement. On ne jouait pas notre jeu habituel alors il a bien fallu se lâcher.?

De Deschamps, qui a salué la qualification de son équipe avec deux poings rageurs tendus vers le ciel, les joueurs de la Principauté ont certainement appris la culture de la gagne.

Esprits rebelles comme les premiers des sans-culotte, les joueurs Princiers avaient déjà, au tour précédent, démantelé la Bastille réputée imprenable du Real Madrid (2-4 et 3-1). Mercredi, ils ont à nouveau pris les armes pour abolir les privilèges de la caste des riches de Chelsea.

?Il fallait se révolter. C?est ce qu?on a fait. Depuis le début de la saison, à chaque fois que l?on a manqué une mi-temps on a presque toujours su se relancer pour faire une bonne deuxième?, s?est félicité Jérôme Rothen, impliqué dans les deux buts monégasques.

Quand ils sont passés du stade de spectateurs à celui d?acteurs, les Monégasques ont tout de suite posé des problèmes aux Londoniens. Le but d?Hugo Ibarra (45e) a singulièrement compliqué l?équation de Chelsea, contraint alors de marquer deux fois pour rallier Gelsenkirchen le 26 mai prochain.

Un but décisif qui a relancé Monaco et ouvert indirectement les espaces dont a pu profiter ensuite le ?pistolero? Morientes pour égaliser et enrichir d?une unité son tableau de chasse de meilleur buteur de l?épreuve (9 buts).

Monaco, aux portes de la relégation administrative en début de saison avec ses finances malades. Monaco, avec un groupe jeune et inexpérimenté quand il a commencé sa campagne européenne. Monaco, avec son effectif très juste.

Qui aurait pu penser en septembre que cette formation se qualifierait pour la première finale de C1 de son histoire ? ?Monaco gagnant la Ligue des champions ? Cela n?arrive que sur Play Station?, s?était amusé le buteur Shabani Nonda avant le coup d?envoi.

Présent à Stamford Bridge, José Mourinho, l?entraîneur du FC Porto, l?adversaire de Monaco en finale, n?a pas caché qu?il aurait préféré rencontrer Chelsea. Qui sait en effet quel nouveau tour de passe-passe réserve cette équipe de la Principauté et son alchimiste Deschamps, qui dit respecter les Portugais sans les craindre ?

?Ils partiront en position de favoris en raison de leur niveau d?expérience?, a estimé Deschamps. ?Mais je reconnais que les battre reste dans le domaine de ce dont nous sommes capables.?

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