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Le Festival de Cannes marqué par le renouveau
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Le Festival de Cannes marqué par le renouveau
Tout en misant sur le côté glamour avec la présence de vedettes internationales qui monteront les marches sous les acclamations de la foule venue les saluer, le Festival de Cannes 2004 veut être une rencontre culturelle, comme celles de Venise et de Berlin, où sont privilégiées les idées et l?expression artistique et esthétique avant tout, sans pour autant oublier l?aspect commercial.
Le choix des jurys et de leurs présidents ? Quentin Tarantino pour les longs métrages et Tim Roth pour la caméra d?or ? et la présence parmi les membres, de personnalités du cinéma et de réalisateurs (le Sénégalais Sembené Ousmane qui revient à Cannes à l?âge de 83 ans, Jerry Schatsberg et Tsui Hark, entre autres) ayant souvent démontré leur recherche d?originalité, laisse croire que cette qualité sera l?un des critères importants à l?heure des récompenses.
Beaucoup de noms connus à signaler : Youssef Chahine dont le film Alexandrie New York sera projeté pour la clôture du festival, Joel Coen et Ethan Coen en compétition avec The Ladykillers, de même que Wong Kar-Wai avec 2046, Walter Salles (Diarios de Motocicleta) Emir Kusturica (La vie est un miracle) et Michael Moore (Fahrenheit 911). Ce qui n?exclut pas des films aussi différents dans leur style que Shrek 2 ou, hors compétition, Kill Bill Vol 2, Notre musique, de Jean-Luc Godard et Troy de Wolfgang Petersen.
Le Festival a voulu faire cette année le pari de la jeunesse et inscrire de nouveaux cinéastes sur la carte mondiale. La compétition est marquée par un fort renouvellement. Douze cinéastes s?y alignent pour la première fois. Et parmi eux, de jeunes auteurs qui n?en sont qu?à leur deuxième ou troisième film. Leurs noms sont méconnus ou inconnus du grand public et ils n?étaient pas forcément attendus à ce niveau.
Nombre des films présentés sont très personnels et se situent dans la continuité d?une ?uvre déjà existante (de Emir Kusturica à Wong Kar-wai) : si on trouve comment les lier entre eux par leurs thèmes ou leurs histoires, on verra avant tout des films au ton extrêmement original. Plusieurs thèmes se dégagent.
Il y a d?abord une affirmation de la comédie avec Shrek 2 (?Il y a un ogre en chacun de nous?) ou les frères Coen : avec leur remake de The Ladykillers, ils permettent à une bande de joyeux drilles emmenés par Tom Hanks d?organiser leur sinistre dispositif. Et si Life and Death of Peter Sellers n?est pas à proprement parler une comédie (la vie de Peter Sellers fut sombre et pleine de drames), l?évocation du grand acteur comique par Stephen Hopkins est d?une facture qui rappelle certaines productions des années soixante.
L?on note un retour du cinéma de genre dans la grande salle Lumière : Old Boy de Park Chan-wook, en compétition, troisième film de ce jeune coréen mais aussi, hors compétition, Les poignards volants de Zhang Yimou, un film ?d?amour et d?arts martiaux ?, Kill Bill 2 de Quentin Tarantino ou comment ne pas résister à l?hommage aux cinémas de genre (au pluriel), Troy de Wolfgang Petersen, un peplum comme les USA savent aujourd?hui en perpétuer la tradition.
Quelques auteurs veulent inscrire le cinéma dans le champ de l?Histoire ou de la politique : c?est le cas de Michael Moore qui donne un film extrêmement contemporain autour du 11 septembre et de la guerre en Irak ; de Walter Salles qui en refaisant cinquante ans plus tard le voyage initiatique du jeune Che Guevara en dit long sur l?Amérique latine, ses beautés, ses drames ; de Jonathan Nossiter, qui propose un film sur l?état du monde vu à sa manière... d?aimer le vin ; de Hans Weingartner qui visite de façon inédite le dialogue intergénérationnel cher aux allemands.
Autre thème, la quête de l?identité, au singulier ou au pluriel : une adolescente dans Comme une image d?Agnès Jaoui ; un homme à la fin de sa vie qui s?interroge sur les hasards de l?existence dans Les conséquences de l?amour de Paolo Sorrentino ; des enfants sans père ni mère dans Nobody Knows ; une femme qui veut oublier son passé et recommencer sa propre histoire dans Clean d?Olivier Assayas, des enfants perdus de l?immigration et de l?Histoire dans Exils de Tony Gatlif. Enfin, l?amour traverse la plupart des ?uvres présentées, l?amour possible ou impossible mais l?amour toujours chez Lucrecia Martel dans La Niña Santa, Hong Sang-soo dans La Femme est l?avenir de l?homme, Wong Kar-wai dans 2046, Stephen Hopkins dans Life and Death of Peter Sellers et bien entendu chez Emir Kusturica dont le film à lui tout seul résume l?esprit qui irrigue la compétition cannoise 2004 : Life is Miracle !
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