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Trois bombes explosent devant un commissariat

5 mai 2004, 20:00

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Cent jours précisément avant le coup d?envoi des Jeux Olympiques d?Athènes, trois bombes ont explosé hier devant un commissariat de police du centre de la capitale grecque.

Précédée d?un avertissement téléphonique anonyme, l?explosion de ces trois bombes reliées à un minuteur n?a pas fait de victimes, si ce n?est un policier légèrement blessé. Le commissariat a en revanche été fortement endommagé, notamment sur sa partie arrière, a indiqué un porte-parole de la police.

Cette action n?a toujours pas été revendiquée. Le bâtiment visé est situé à Kalithea, quartier proche de plusieurs hôtels qui accueilleront des responsables du mouvement olympique pendant les Jeux d?Athènes du 13 au 29 août.

Le problème de la sécurité reste l?un des enjeux majeurs des JO d?Athènes, en raison du contexte international tendu et de la cible privilégiée que constitue un tel événement très médiatisé.

?Les deux premières bombes ont explosé dans un intervalle de cinq minutes. La troisième a explosé une demi-heure plus tard alors que des démineurs étaient en train de l?examiner?, a déclaré à Reuters le responsable de la police.

?L?auteur du coup de téléphone n?avait donné que dix minutes à la police pour trouver les bombes?, a ajouté ce porte-parole.

Le policier touché a été légèrement blessé par la troisième explosion alors qu?il participait aux recherches de cette bombe.

Les forces de l?ordre avaient auparavant bouclé le quartier et évacué le commissariat juste après l?avertissement téléphonique adressé par un correspondant anonyme à un journal.

Incident pris ?très au sérieux?

La première bombe a explosé à 03h55 locales (00h55 GMT), la deuxième à 04h00 et la troisième à 04h29.

?Personne n?a revendiqué ces attentats jusqu?à présent. La police attend que les responsables appellent le journal pour les revendiquer?, a poursuivi le porte-parole.

Les autorités grecques ont démantelé en 2002 le groupuscule d?extrême gauche du 17-Novembre, actif depuis le milieu des années 70 et considéré comme la principale menace interne à la sécurité des Jeux Olympiques.

Les démineurs ont toutefois été appelés à plusieurs reprises depuis pour désamorcer des bombes artisanales posées par des groupuscules extrémistes, parfois en signe de protestation contre les JO.

En 2003, la Lutte révolutionnaire, groupuscule d?anarchistes présumés, a fait exploser des bombes devant une agence de la Ctibank et un tribunal d?Athènes.

?À seulement trois mois des Jeux, la police traite cette affaire très au sérieux. Trois bombes sophistiquées qui explosent devant un poste de police, c?est assez sérieux aux yeux de la police?, a encore déclaré le porte-parole.

Le Comité international olympique a en revanche minimisé la portée de cet attentat, le qualifiant d??incident relativement limité?.

? À l?évidence, il s?agit d?un incident qui n?est pas lié à un site olympique?, a déclaré une porte-parole du CIO, Giselle Davies. Elle a ajouté que les responsables olympiques suivaient cette affaire en étroite collaboration avec les autorités grecques.

La Grèce a débloqué 650 millions d?euros pour la sécurité des Jeux d?Athènes. Plus de 50 000 membres des services d?ordre seront mobilisés et les autorités grecques ont réclamé le soutien aérien et maritime de l?Otan.

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