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Changement de tendance
La semaine dernière a été très mauvaise pour les marchés actions et obligations, la majorité des marchés actions étant dans le rouge pendant cinq séances consécutives et les rendements sur les obligations du Trésor américain passant au-dessus de 4.5 %.
Il y a une seule explication fondamentale : le retour de l?inflation, qui est un prélude à la hausse des taux d?intérêt aux Etats-Unis. Les statistiques principales publiées pendant la semaine ont conforté les craintes des marchés.
Les statistiques de croissance nominale aux Etats-Unis pour le premier trimestre se sont établies à 6.7 % contre 7.0 % attendus par les prévisionnistes. La croissance a été moins forte que prévu, à 4.2 % contre 5.0 % anticipés. Par contre, l?inflation a été plus forte que prévu : 2.5 % contre 2.0 %.
Face à cette certitude que constitue maintenant la hausse des taux d?intérêt par la FED, il convient de faire trois observations.
La première est de s?attendre à une baisse combinée des marchés actions et obligations jusqu?à des niveaux de stabilisation, qui ne peuvent être anticipés. Pour les obligations, il est logique financièrement que des rendements plus élevés fassent baisser les cours des titres émis.
Pour les actions, la baisse est liée au retournement des positions dites longues sur les titres les plus affectés par la hausse des taux : les banques, l?immobilier et les titres liés aux marchés émergents.
La seconde observation est la progression du dollar. Au cours des derniers mois, les investisseurs empruntaient et donc faisaient baisser le dollar. En clôturant leurs positions, ils remboursent les banques et rachètent des dollars, faisant ainsi monter le billet vert.
La troisième observation réside dans le timing du début de la hausse des taux d?intérêt par la FED, les discours d?Alan Greenspan et de ses collègues étant analysés à la loupe par les spécialistes. Les spéculations vont bon train, entre ceux qui parient pour une hausse avant, pendant ou après l?été de l?hémisphère Nord.
Ce timing n?est, à notre sens, pas très important : il est plus judicieux de suivre l?évolution des marchés obligataires, qui anticipent davantage que la FED les statistiques économiques.
Les marchés obligataires modifient leurs prix en temps réel, soit chaque seconde, alors que la FED ne le fait, au mieux, qu?une fois par mois. La hausse des rendements des obligations est une preuve suffisante du changement des conditions économiques, qui va modifier les prix des actifs financiers dans les mois à venir.
Il ne reste plus qu?à souhaiter que la bulle spéculative due aux taux d?intérêt très bas que nous venons de connaître ne se dégonflera pas trop vite, car les plus aventureux pourraient y laisser quelques plumes.
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