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La loi pour protéger Le Morne adoptée
Un devoir envers l?histoire et la nation. C?est l?interprétation donnée au Morne Heritage Trust Fund Bill. Le texte de loi voté hier vise trois objectifs.
Il s?agit d?abord de gérer et promouvoir Le Morne comme un site historique. A travers ce texte de loi, la faune et la flore endémiques situées sur ou autour de la montagne seront également protégées. Enfin, une large place sera accordée à la recherche et la publication de travaux sur ce lieu de mémoire.
Les membres du Morne Heritage Trust Fund seront également chargés de soumettre un dossier technique et argumenté à l?Unesco pour que ce lieu puisse obtenir le titre de World Heritage site. Un premier dossier a d?ailleurs déjà été soumis l?année dernière par les autorités.
Pendant les débats sur ce texte de loi, les parlementaires ont été particulièrement loquaces. Certains se sont lancés dans des envolées verbales, tantôt réussies, tantôt médiocres, avec comme thèmes la traite négrière, le marronnage ou encore l?importance de protéger notre patrimoine culturel et historique.
Selon le Premier ministre, Paul Bérenger, ?personne ne s?est plus préoccupé et occupé de la Montagne du Morne que moi?. C?est un ?lieu sacré?, dit-il.
Selon ce dernier, l?Europe, l?Afrique, l?Inde et la Chine, présentes dans l?île, font l?identité mauricienne. Car les ancêtres des Mauriciens sont issus de ces quatre grandes diasporas. De plus, l?île Maurice est un des rares pays où la route des esclaves a rejoint celle des coolies.
?Viol de l?histoire?
Le Morne est mythique et ?il faut une dose de mythe entourant l?histoire de chaque pays?, soutient le chef du gouvernement. Il précise que, contrairement à ce que certaines personnes veulent faire accroire, tous les esclaves n?étaient pas ?des moutons consentants car ils ont fait de la résistance?.
De plus, le Premier ministre soutient que si le feu vert était accordé au projet de téléphérique présenté en 1999, cela aurait été un ?viol de l?histoire?. Le projet d?Integrated Resorts Scheme, qui proposait de construire des villas de luxe sur le flanc de la montagne est également avorté. Ainsi même si cela a été une décision difficile, il a fallu mettre fin à cette initiative et l?annoncer aux promoteurs qui malgré tout avaient un beau projet.
Pravind Jugnauth, vice-Premier ministre et ministre des Finances, insiste sur ?le devoir de mémoire? accompli en adoptant ce texte de loi. Par conséquent, il est important, selon lui, de mettre l?accent sur l?éducation et la sensibilisation de l?héritage culturel. Il estime qu?il est aussi impératif d?investir massivement dans la recherche.
Pour le ministre de la Culture, Motee Ramdass, qui présentait le texte de loi, ?l?héritage du passé nous aide à construire la nation?. Concernant Le Morne, l?héritage est encore flou et mérite d?être approfondi davantage. Il évoque également la construction d?un musée.
Rajayswur Bhowon trouve dans ce texte de loi, une tentative de ?rendre la dignité aux esclaves qui ont travaillé dur dans ce pays?. Il laisse entendre que le gouvernement ne devrait pas se limiter à protéger, à réhabiliter et à promouvoir Le Morne. ?Le Sud est la région la plus riche sur le plan historique. C?est l?endroit idéal pour créer une Route de l?esclave.?
Lui succédant, Gérard Paya fait une sortie en règle contre ce qu?il qualifie de ?développement sauvage?. Il souligne ainsi que Le Morne doit être à tout prix préservé.
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