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Tanganyika Plantation : Aventure sucrière en Tanzanie
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Tanganyika Plantation : Aventure sucrière en Tanzanie
Le roi du Danemark passait régulièrement ses vacances dans cette plantation tanzanienne avant que la nationalisation ne ternisse sa splendeur. Finalement, un consortium mauricien vient redorer le blason de cette sucrerie au sud du mythique Kilimandjaro. Après des années de léthargie, la Tanganyika Plantation Company (TPC) est rachetée en 1999 pour US$ 8 millions par Sukari. Cette holding comprend CIEL Agro-Industry, le groupe Swan et Cartier Français, un groupe réunionnais.
Sukari prend officiellement le contrôle de la TPC en juillet 2000 et en confie la gestion à CIEL Agro-Industry. Cette dernière envoie Robert Baissac et une équipe de dix Mauriciens pour redonner vie à l?entreprise. Très vite, les Mauriciens font preuve d?efficacité. De 35 000 tonnes de sucre produites en 1999, la TPC attend 62 000 tonnes pour 2003-2004 et compte atteindre les 85 000 tonnes en 2006. Le gros de la production est vendu sur le marché local alors que seulement 12 % sont exportés.
Patrick d?Arifat, Chief Executive Officer (CEO) de CIEL Agro-Industry, explique le choix de la Tanzanie : ?A Maurice, l?élargissement des opérations est limité par la taille du territoire. On voulait aussi bénéficier des économies d?échelle et des opportunités offertes par d?autres pays.?
Cependant, l?Afrique offre sa part de défis, comme le souligne Robert Baissac, CEO de la TPC : ?Sur le continent africain, on est plus loin des compétences techniques et des fournisseurs de matériaux, ce qui implique que beaucoup de choses doivent être importées.? Il mentionne aussi la pauvreté de l?infrastructure, la salinité excessive de certains champs et les problèmes avec les insectes comme le ver blanc. ?En Tanzanie, l?opérateur est plus seul. C?est une aventure?, renchérit Patrick d?Arifat.
Mais le jeu en vaut amplement la chandelle. Le climat particulier de la région autorise la récolte sur huit mois contre cinq à Maurice. La coupe, aussi, est facilitée par une topographie relativement plate. La main-d??uvre est moins chère qu?à Maurice ce qui permet de baisser les coûts de production.
Robert Baissac note les progrès importants réalisés par la Tanzanie dans les télécommunications. Par contre, au niveau du réseau routier, l?amélioration est plus lente. La TPC bénéficie en outre du soutien du gouvernement face aux quelques lourdeurs administratives.
Le golf de la plantation
Les familles mauriciennes installées sur la propriété sucrière semblent s?y plaire. Les enfants fréquentent l?école internationale de Moshi, située à 25 km de la plantation. Le parcours de golf de neuf trous, sur place, a fait de tous ces expatriés des passionnés de la petite balle blanche. Le tennis et l?équitation constituent de séduisants choix. Les week-ends offrent l?occasion de s?évader vers la côte ou l?un des nombreux parcs nationaux du nord du pays, comme celui du cratère Ngorongoro. ?Les distractions sont limitées mais le grand air et l?espace compensent?, explique Robert Baissac.
L?aventure insolite de la Tanganyika Plantation Company a commencé au début des années 1930 avec le fondateur de la compagnie maritime internationale Maersk, le Danois Moller. Ami personnel du roi du Danemark, il avait fait construire un pavillon pour ce dernier sur la propriété. La première récolte eut lieu en 1936 et la dernière en 1976, avec 51 000 tonnes de sucre.
Les Danois ont ensuite vendu l?affaire au gouvernement socialiste du président Nyerere en 1980. Ce dernier fixait le prix du sucre à un niveau trop bas pour assurer la rentabilité de la propriété. La production a alors chuté drastiquement. Puis en 1999, le gouvernement a décidé de privatiser une partie de l?industrie : sucre, hôtellerie, brasseries? Sukari achète alors 75 % de la compagnie et le gouvernement conserve les 25 % restants.
La TPC souhaite à présent augmenter la superficie cultivable de 1 000 hectares. Elle veut produire plus d?électricité pour ne plus avoir à l?acheter (elle en utilise beaucoup pour le pompage de l?eau des nappes souterraines). Actuellement, la bagasse fournit environ 60 % de ses besoins en énergie.
Patrick d?Arifat estime que l?expérience tanzanienne ?sera très profitable pour Maurice?. ?Avant 1995, beaucoup de Mauriciens sont allés travailler dans l?industrie sucrière à travers le monde, mais c?était sur une base individuelle. La TPC est un projet structuré avec un suivi. Ce qui est intéressant pour le pays est qu?on acquiert la réputation qu?on est capable de gérer des opérations pas seulement chez nous mais ailleurs aussi.?
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