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Le Premier ministre déterminé à rattraper le temps perdu
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Le Premier ministre déterminé à rattraper le temps perdu
Les dirigeants de l?alliance gouvernementale ont réitéré hier leur volonté d?honorer les engagements pris lors de la conférence de la Southern Africa Development Community (SADC) en 1997 concernant une plus grande participation des femmes en politique, soit 30 % jusqu?à 2005. C?était à l?occasion du lancement du livre Ringing Up the Changes ? Gender in Southern Africa Politics par le Premier ministre, Paul Bérenger, à la salle de réception de l?Assemblée nationale.
Hormis les parlementaires de l?opposition qui ont quitté l?hémicycle hier et les ministres et parlementaires de la majorité en déplacement outre-mer, tous les députés ont assisté au lancement du livre édité par Gender Links d?Afrique du Sud. La publication présente les conclusions d?une étude effectuée par un vétéran de la politique sud-africaine auprès de 172 politiciens de six pays situés au sud de l?Afrique.
Changement d?attitude
Colleen Lowe-Morna, directrice de Gender Links, a évoqué l?importance d?une participation plus équitable des femmes en politique. Pour elle, il ne s?agit pas que d?un droit démocratique. Il est aussi question d?une meilleure gestion des affaires publiques. Trois des pays si-gnataires de la Gender and Development Declaration de 1997, en l?occurrence l?Afrique du Sud, le Mozambique et les Seychelles, ont atteint l?objectif de 30 % des femmes au sein des instances décisionnelles. L?étude a porté sur ces pays mais aussi sur la Namibie, où bon nombre de femmes siègent au sein d?administrations régionales, le Lesotho et la Zambie où la représentation des femmes est très basse.
Les conclusions de l?étude démontrent une différence marquée entre politiques, hommes et femmes, dans l?approche, le style, les procédures et les normes. Le lien entre une proportion plus importante de femmes dans les instances décisionnelles et le changement d?attitude des hommes en faveur du ?gender equity? ont aussi été clairement établis.
Un plus grand nombre de réformes judiciaires en faveur du genre a été noté dans les pays où les femmes sont bien représentées au Parlement. Il a aussi été constaté que les parlementaires femmes ont pris des initiatives plus innovantes. Celles-ci se sont montrées plus accessibles à leurs mandants et plus promptes à agir en leur faveur.
Arianne Navarre-Marie, ministre de la Femme, a fait un plaidoyer pour que le gouvernement honore les engagements pris dans la Gender and Development Declaration de 1997. Le Premier ministre lui a fourni cette garantie, reconnaissant que Maurice peut être cité en mo-dèle dans bien des domaines, excepté celui d?une plus grande participation des femmes en politique.
?Nous sommes les plus mauvais élèves de la SADC. Mais les leaders de l?alliance gouvernementale et les partis de ladite alliance sont déterminés à rattraper le temps perdu.? Pour Paul Bérenger, ?les deux opportunités en or? pour le faire sont la réforme électorale, qui est en cours de fina-lisation et introduira une dose de proportionnelle, et les prochaines élections générales quand les partis alloueront leurs tickets.
Mais en entendant Pravind Jugnauth, vice-Premier ministre et ministre des Finances, déclarer que ?nous serions heureux si le pourcentage de femmes en politique, actuellement à 5,7 %, passe à 15 % pour commencer?, on réalise que le pays est encore loin des 30 % spécifiées dans la Gender and Development Déclaration ?
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