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La MCB révise le taux de croissance à la baisse

4 mai 2004, 20:00

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La Mauritius Commercial Bank (MCB) a légèrement révisé à la baisse ses prévisions concernant la croissance économique cette année. Elle sera de 5,5 % au lieu de 5,8 % comme estimé en janvier. C?est ce qui ressort du MCB Focus rendu public hier. Cette légère correction à la baisse est essentiellement due au fait que les analystes de la banque sont un peu plus pessimistes qu?initialement à propos des secteurs de la zone franche et du tourisme.

Malgré tout, la MCB demeure plus optimiste que le Central Statistics Office (CSO) qui a révisé à la hausse ses estimations de croissance, passant de 5,1 % en décembre 2003 à 5,3 % en avril dernier. Ainsi, l?écart entre les prévisions de la MCB et celles du CSO se resserre.

En janvier, en raison des incertitudes qui planaient sur la zone franche, la MCB avait avancé que la croissance de ce secteur serait dans une fourchette de 0 à 3 %, mais probablement plus proche de 2,3 %.

Depuis, de nouveaux éléments sont venus noircir le tableau et l?institution bancaire estime aujourd?hui que la croissance dans la zone franche sera quasi nulle.

Gilbert Gnany, le Chief Economist de la MCB avance plusieurs raisons à cela. La zone euro, notre principal marché d?exportation, continue à être aux prises à des difficultés économiques et les signes d?une solide reprise se font toujours attendre.

La Chine plus menaçante

L?appréciation de la roupie au cours du premier trimestre 2004 comparativement au trimestre précédent a pu être défavorable à la zone franche.

Par ailleurs, la menace que représente la Chine pour ce secteur devient de plus en plus apparente. Il y a d?une part la possibilité que l?industrie du textile et de la confection du pays perde des parts de marché au profit du géant asiatique. D?autre part, la forte demande de ce pays pour toutes les commodités a fait grimper le coût du fret et du pétrole au niveau mondial. Ce mouvement pourrait finir par se retourner contre la zone franche d?exportation.

Néanmoins, tout n?est pas noir. La MCB qui est proche des entreprises de zone franche note qu?il y a une amélioration au niveau de la rentabilité de ces dernières.

Par ailleurs, l?autre facteur qui a poussé la MCB à réviser à la baisse les perspectives de croissance du produit intérieur brut (PIB) est la tendance décevante des arrivées touristiques. Malgré une hausse satisfaisante du nombre de touristes français ? la France est notre principal marché touristique ? le nombre d?arrivées de touristes en général a enregistré une modeste augmentation de 1,5 % seulement au cours du premier trimestre.

?D?une manière générale on s?attend que la croissance du tourisme se reprenne grâce à l?amélioration de l?environnement international. L?ampleur de la reprise dépendra toutefois de l?efficacité des efforts déployés pour dynamiser ce secteur?, écrit la MCB. La politique de l?accès aérien et le marketing sont les deux éléments qui méritent une attention particulière, ajoute les analystes de la banque.

Par ailleurs, on doit s?attendre à une forte croissance dans le secteur des services financiers cette année, soit plus du taux de 7,4 % avancé par le CSO, soutient la MCB. Les banques commerciales devraient bénéficier de la reprise de l?activité économique. Toutefois, le surplus de liquidités dans le système bancaire de même que la baisse des taux d?intérêt devrait exercer des pressions sur la profitabilité.

Au sujet des taux d?intérêt justement, la MCB attire l?attention sur le fait que le Bank Rate ? une moyenne des taux d?intérêt des divers papiers du gouvernement ? est à 3,51 %, ce qui est même inférieur au taux d?inflation qui est de 3,9 %. Le rendement moyen des bons du Trésor d?une maturité de 728 jours est de 4,2 % seulement.

Au niveau du déficit budgétaire, la MCB estime que le taux du déficit par rapport au PIB devrait être inférieur à l?objectif annoncé de 5,5 % pour l?année financière 2003-2004.. Malgré un ralentissement de l?activité économique au cours de cette période, les revenus de l?Etat demeurent appréciables, tandis que l?on doit s?attendre à des dépenses moindres en raison de la baisse des taux d?intérêt qui a allégé le service de la dette.

La MCB s?inquiète du niveau de la dette publique qui, au 30 septembre 2003, s?élevait à Rs 102,7 milliards représentant plus de 65 % du PIB. Les économistes de la banque estiment que le gouvernement a raison de vouloir rééchelonner la dette sur une plus longue période de maturité.

80 % de la dette publique étant à court terme, cela représente un fardeau pour le budget. Même si une dette à plus long terme pourrait impliquer un coût plus élevé il serait plus juste d?avoir une structure de la dette plus équilibrée entre le court et le long termes. Toutefois, le gouvernement aurait dû envisager ce changement plus tôt quand les taux d?intérêt à Maurice comme sur le plan international commençaient à baisser.

La MCB maintient à 10,8 % le taux de chômage. Commentant la décision du CSO de recourir au Continuous Multi-Purpose Household Survey pour déterminer le taux de chômage, l?institution bancaire soutient que ?peu importe l?approche, le fait indéniable demeure la tendance persistante à la hausse du taux de chômage qui est une source majeure de préoccupation?.

A 22 % du PIB, le taux d?investissement en 2004 demeure largement insuffisant pour résorber le nombre de chômeurs, insiste la MCB.

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