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Mamade Fezal Buglah crache le morceau sur Deelchand
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Mamade Fezal Buglah crache le morceau sur Deelchand
Les enquêteurs de l?Anti-drug and Smuggling Unit (Adsu) ont des raisons d?être satisfaits. Mamade Fezal Buglah, ex partenaire du notaire Vinay Deelchand dans le business foncier, leur a fourni des informations cruciales et détaillées sur les affaires de ce dernier à Maurice et à Madagascar. Il a été interrogé pendant plus de quatre heures, samedi après-midi, par les hommes du chef enquêteur Hector Tuyau. Il a consigné sa déposition sans la présence d?hommes de loi.
Lors de cette déposition, il a expliqué le mécanisme pour ?voler les terres? des personnes ayant déjà payé dans l?attente de recevoir leur acte notarié. Il aurait cité des exemples concrets et les personnes impliquées dans ce sale boulot. L?ex-partenaire aurait également révélé comment le notaire Deelchand opérait et les noms de ceux qui se trouvaient dans ce réseau pour le protéger en cas de soupçons. L?express a appris de milieux proches des Casernes centrales que d?autres informations susceptibles d?apporter un nouvel angle à l?enquête ont été obtenues lors de cette déposition marathon.
Agression programmée à Madagascar
Mamade Fezal Buglah, dont le bureau se trouvait non loin de celui de Vinay Deelchand à Pearl House, à la rue Naz, à Port-Louis, aurait raconté comment il a fait la connaissance de ce dernier et comment ils sont entrés en partenariat dans des projets fonciers et immobiliers à Maurice et à Madagascar. Les enquêteurs se sont intéressés au volet malgache et aux contacts de Deelchand là-bas. Ce volet aurait occupé une place importante dans la déposition de Buglah.
Les enquêteurs ont essayé de voir plus clair dans la tentative d?assassinat de Fezal Buglah comme l?a allégué Antoine Chetty. Ce dernier avait indiqué aux enquêteurs que Buglah devait être agressé lors d?un déplacement à Madagascar. Il a d?ailleurs impliqué Sandeep Appadoo, un directeur d?Agnis Property dans cette tentative de meurtre, ce que les avocats de ce dernier ont catégoriquement nié.
Une première tentative pour piéger Fezal Buglah avait, selon Chetty, déjà eu lieu en avril 1999. Ce plan devait compromettre Buglah dans un trafic de drogue avec la complicité d?un dénommé Désiré Soyfoo contre paiement d?une somme de Rs 30 000. Antoine Chetty avait avancé que des instructions avaient été données pour placer de l?héroïne chez les Buglah. Désiré Soyfoo devait dire qu?il avait acheté de la drogue de Buglah et qu?il avait eu des problèmes avec ce dernier sur le prix de la drogue. Cette tentative a avorté. Désiré Soyfoo est en prison et il a déjà été interrogé par l?inspecteur Hector Tuyau.
Autre développement pendant le week-end : les principaux avocats concernés directement ou indirectement dans cette affaire, notamment Mes Samad Goolamally , Shakeel Mohamed, Rama Valayden et Ashley Hurranghee ont reçu des consignes strictes des enquêteurs. Ils ont été priés d?être très vigilants que ce soit à leur bureau ou à leur domicile, de vérifier l?identité de toute personne qui se présenterait comme client ou pour chercher de l?aide. Les enquêteurs auraient eu des informations troublantes à l?effet que ces avocats risquent d?être encore plus en danger au fur et à mesure que l?enquête progresse. Ces avocats ont retenu les services de firmes de sécurité mais bénéficient également depuis peu de protection policière.
La semaine qui commence sera tout aussi mouvementée. La reconstitution des faits sur l?agression brutale de Philippe Calou est prévue. Cet ex-employé de la sucrerie Mon-Désert-Mon-Trésor avait défié le notaire Deelchand et Moonsamy Moorghen, alias Veeren. Ce dernier s?était proclamé propriétaire d?un terrain ne lui appartenant pas au Bouchon dans le Sud et avait décidé de le morceler pour le vendre. Calou leur ayant résisté, il est agressé à coups de sabre le 17 janvier 2000, puis abandonné dans la rue. Il est secouru par des passants et passe deux mois à l?hôpital Nehru à Rose-Belle. Il dénonce à la police ses agresseurs, nommément Antoine Chetty et Moonsamy Mooraghen. Pendant ces quatre dernières années ils n?ont jamais été inquiétés jusqu?à leur arrestation en mars dernier.
Dev Hurnam toujours en clinique
Anju Lallah, la compagne d?Antoine Chetty chez qui à Vacoas on a découvert le mercredi 24 mars de l?héroïne, devrait comparaître en cour. Des débats sont prévus sur sa motion de remise en liberté provisoire. Elle pourrait aussi apporter un éclairage sur des caches d?armes alléguées.
L?avocat parlementaire Dev Hurnam qui est toujours admis à la clinique Med Point devrait comparaître en cour. Aujourd?hui, la motion du DPP contre la libération sous caution de Dev Hurnam par le magistrat Lutchmee Parsad Aujayeb en Cour suprême devrait être appelée.
Mercredi, si l?avocat parlementaire va mieux, il comparaîtra à nouveau devant le magistrat Aujayeb pour le prolongement de sa détention provisoire. Jeudi dernier, Dev Hurnam s?est fait excuser en produisant en cour un certificat médical. La veille, il avait été admis à la clinique Med Point.
Vinay Deelchand devra lui comparaître au tribunal de Curepipe pour sa demande de remise en liberté provisoire. L?interrogatoire de Chetty devrait continuer après la reconstitution des faits dans l?affaire Calou.
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