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Pour une vision partagée
L?actualité économique et financière en Europe tourne autour du feuilleton Sanofi/ Aventis/Novartis et de l?intervention du Gouvernement français. De l?autre côté de l?Atlantique, en marge des élections présidentielles, le protectionnisme fait l?objet, ouvertement, de tractations entre chefs d?entreprises et hommes politiques. L?investissement dans tel pays d?Asie ou d?Afrique est aussi régulièrement considéré par les décideurs.
Selon les penseurs ultra-libéraux, les politiques n?ont pas le droit de s?immiscer dans le débat économique et financier : les entreprises payent leurs impôts et, en échange, ont droit à la paix.
Des chefs d?entreprises estiment qu?ils ont plus à perdre qu?à gagner en participant au débat politique. Si politique signifie guerre de clans, ils ont raison. Si politique signifie gestion de la vie du pays, les chefs d?entreprises ont leur mot à dire. Dans le domaine social, environnemental ou éducatif, les chefs d?entreprises sont porteurs d?une mission à long terme, de laquelle dépend la pérennité des entreprises pour les générations futures.
Et dans la mesure où la majorité des pays sont endettés, alors que les populations s?accroissent, les gouvernements n?ont plus les moyens de subvenir à tous les besoins de la population, en matière de santé, d?éducation, d?environnement.
Même s?il s?agit d?investissements à long terme, les entreprises ont le devoir de s?exprimer et de s?engager, en fonction de leurs moyens, dans ces activités, traditionnellement réservées aux gouvernements. Les entreprises ne sont plus jugées uniquement sur leurs profits, mais aussi sur leur engagement à l?extérieur de leur cadre traditionnel d?activité.
Simultanément, les politiques ont le droit d?intervenir dans le débat économique, et même financier : d?abord pour insuffler une direction économique à long terme et avertir les chefs d?entreprises à l?avance, si cette direction est en train d?être modifiée.
Ensuite, parce que les meilleures lois sont celles qui relèvent d?un consensus entre les principaux concernés et non celles qui sont imposées. Des débats intégrant les acteurs économiques sont donc indispensables avant toute modification législative. Par exemple, un projet de réforme des modes de transport ne peut occulter les assureurs, qui souffrent de l?insécurité routière.
Tout est question d?hommes et de la justesse de leurs propos : les politiques et les chefs d?entreprises ont le devoir d?indiquer leur vision à long terme et de positionner leurs interventions dans le cadre de cette vision.
Les fonds d?investissements dits ?globaux? ou encore les chefs d?entreprises qui font des investissements directs à l?étranger ne regardent pas simplement les taux de croissance, d?inflation et le montant du déficit budgétaire.
Avant d?investir, ils rencontrent dans le pays ciblé leurs homologues chefs d?entreprises mais aussi les hommes politiques, majorité et opposition. De leur opinion suite à ces rencontres, davantage que des chiffres, dépend la décision stratégique d?investissement.
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