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La course au sac en plastique(non-dégradable)est terminée !
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La course au sac en plastique(non-dégradable)est terminée !
«Les fabricants de sacs en plastique n?étaient nullement concernés par le moratoire car depuis le 1er janvier dernier, nous n?avions plus le droit d?en produire. Ce délai de trois mois avait pour unique but de permettre aux revendeurs, distributeurs ou utilisateurs qui avaient déjà un stock en leur possession, de pouvoir en disposer », explique d?emblée Ken Lim Sam, Managing Director de LS Plastics*, membre de la Plastic Products Manufacturing Association. Cette association a d?ailleurs été l?un des partenaires privilégiés du ministère de l?Environnement pour l?élaboration de la loi sur les dangers que représentent les sacs plastiques à Maurice. Les autorités se sont elles-mêmes conformées à cette règle depuis le début du mois de janvier, en commandant des sacs biodégradables aux fabricants pour des institutions telles que les hôpitaux.
Les coupables seront sanctionnés
Mais il ne suffit pas de faire les lois, il faut encore les appliquer et punir les contrevenants. « C?est à la police de l?environnement de faire son travail car autrement, tous les efforts entrepris jusqu?ici seront vains », estime Ken Lim Sam. Et ses craintes ne peuvent qu?être justifiées quand on sait que même lorsque la production était interdite, certaines petites sociétés anonymes, donc inconnues de l?association officielle des fabricants, trouvaient le moyen de fabriquer des sacs non-dégradables et même de les écouler en toute impunité. « Qui nous garantit que les sacs qui seront mis en vente ou distribués gratuitement par les supermarchés seront vraiment dégradables ou pas, alors que nous les fabricants dûment enregistrés nous nous sommes engagés à observer strictement les normes établies ? », s?interroge Philippe Koo de Philippe Polybags Manufac-turers Co Ltd*.
À cela le ministère répond que le travail sera fait, notamment grâce à une collecte régulière d?échantillons qui seront alors scrupuleusement testés par le Mauritius Standards Bureau (MSB), chargé d?effectuer les contrôles nécessaires. « Les coupables seront sanctionnés ! », promet-on au ministère de l?Environnement.
Les utilisateurs, quant à eux, disent accepter de bien vouloir jouer le jeu, mais ils évoquent néanmoins le coût supplémentaire des sacs, car il est vrai que pour rendre le plastique biodégradable, le procédé consiste à mélanger un additif spécial aux matières premières. Ce qui ajoute au coût de production. Résultat : certains d?entre eux ont déjà commencé à faire payer les « sacs 50 sous » à leurs clients pour, disent-ils, pouvoir rentrer vraiment dans leurs frais.
L?ultime recours au biodégradable
Mais les fabricants sont sceptiques : « L?ajout de ces additifs qui ne constituent que 3 % par rapport aux matières plastiques, ne coûte pas énormément et les dépenses supplémentaires peuvent être facilement amorties. Pas plus de cinq à dix sous sur cent sacs, tout au plus, à mon avis. Qu?est-ce que Rs 10 sur mille sacs ? », répond l?un d?entre eux. Quand on sait que les additifs coûtent moins chers que l?idée première qui consistait à augmenter l?épaisseur des sacs, il semble que tout le monde y gagne avec la nouvelle formule de biodégradation : en effet, de 20 microns (N.D.L.R. : 1 micron mesure un millionième d?un mètre et est aussi appelé micromètre), il était prévu que l?épaisseur passe à 80 microns. L?idée de rendre les sacs plus épais, donc plus solides, consistait principalement à favoriser leur réutilisation, mais elle n?allait visiblement pas permettre d?en réduire la consommation vu le nombre de sacs utilisés par les Mauriciens qui, selon nos interlocuteurs, pourront difficilement s?en passer. Le ministère en est conscient, d?où l?ultime recours au biodégradable.
Petite incohérence toutefois qui mérite d?être signalée : l?Environment Protection (Plastic Carry Bags) Regula-tions Act 2004 ne concerne que les sacs en plastique utilisés pour les achats domestiques et pas les sacs-poubelle qui ne constituent pas un danger pour le centre d?enfouissement technique de Mare-Chicose. « Nous y travaillons », dit-on au ministère de l?Environnement.
« Nous avons voulu commencer avec les sacs dont l?utilisation était plus conséquente », ajoute-t-on. Finalement, faut-il ou non bannir complètement les sacs en plastique ? « Faites-le et vous verrez que les gens recommenceront à jeter leurs ordures directement dans la poubelle, et ce sera encore plus difficile pour la collecte. Dans le contexte mauricien, comme partout ailleurs, la solution se trouve dans les sacs plastiques biodégradables », insiste Ken Lim Sam. Ce qui est sûr, c?est que le Mauricien doit d?abord commencer à penser en termes de diminution et de réutilisation desdits sacs et par extension, des déchets en général.
Le chiffre 300 m de sacs en plastique sont mis sur le marché chaque année. En termes de poids, ce chiffre représente environ 1 000 tonnes.
Le chiffre 28
C?est, selon un rapport de l?EPZDA, le nombre officiel d?entreprises qui fabriquent des sacs en plastique à Maurice. Dix-neuf en produisent pour le marché local et le reste pour l?exportation. Ils emploient environ 700 personnes directement et 2000 autres indirectement. L?investissement en termes d?équipements pour ces dernières années s?élève à Rs 400 millions.
Que dit la loi ?
Introduite le 24 janvier 2004, l?Environment Protection (Plastic Carry Bags) Regulations Act 2004 fait partie de la section 96 de l?Environ-ment Protection Act 2002 qui vient régir la production, la commercialisation et l?utilisation des sacs en plastique à Maurice. Ainsi, il est interdit de fabriquer, d?importer, de stocker, de commercialiser ou de distribuer des sacs en plastique qui sont en infraction avec les normes établies. Ces normes exigent entre autres que l?épaisseur minimale du sac soit de 20 microns (20 micromètres), que la dégradation complète soit faite dans un laps de temps inférieur à douze mois dans la nature, le centre d?enfouissement ou dans un dépotoir à compter du jour où les sacs y sont disposés. Cette dégradation doit être également sans danger pour la nature. Toute infraction à cette loi est passible d?une amende maximale de Rs 50 000 et d?une peine de prison inférieure à deux ans pour le premier délit. En cas de récidive, l?amende peut atteindre Rs 100 000 et l?emprisonnement huit ans.
Exoconcept : un additif miracle
Fabriqué par KGTEX Ltée à Mer-Rouge, l?additif Exoconcept permet de rendre les sacs en plastique dégradables. « Nous utilisons le processus de l?oxydégradation. Il s?agit d?ajouter une petite quantité d?additifs lors de la fabrication des sacs en plastique pour changer leur composition. Après la fabrication, la dégradation des sacs en plastique est immédiate et s?accélère avec l?exposition à la chaleur, l?oxygène et la lumière », déclare Serge Lachkar, directeur de la compagnie. Selon lui, le plastique est détruit par les bactéries dans un temps qui dépend du lieu où il est disposé. « Nous collectons aussi des sacs en plastique non-dégradables pour les recycler et former des granulés. On y ajoute ensuite l?additif de dégradation », ajoute-t-il. Chaque acheteur d?Exoconcept reçoit un certificat attestant la conformité aux normes exigées par l?État. « Je suis heureux de constater que l?État est pour l?utilisation des sacs en plastique dégradables. Dans d?autres pays, comme à la Réunion, les négociations sont toujours en cours. Je vais utiliser l?exemple mauricien », affirme notre interlocuteur. Celui-ci envisage aussi d?étendre le processus de dégradation aux sacs-poubelle : « En deux ans, ils sont mangés par les bactéries. Nous souhaitons aussi concevoir des sacs pour la buanderie des cliniques et hôpitaux. Lorsque les vêtements seront placés dans la machine à laver, il ne sera plus nécessaire de les ôter des sacs. Le plastique disparaîtra au lavage ».
Quelle est la différence entre le dégradable et le biodégradable ?
Simplement dégradables, les sacs en plastique, sous l?effet des rayons ultraviolets ou de la chaleur, se désagrègent jusqu?à devenir une poudre.
Mais comme elle n?est pas organique, elle ne se décompose pas et donc ne disparaît pas dans la nature. En revanche, si les mêmes conditions sont réunies pour les sacs biodégradables, les additifs mélangés aux polymères enclenchent un processus qui ne s?arrête pas à disparition complète dans la nature grâce à l?action combinée des rayons UV, de la chaleur, de l?humidité et des substances organiques. Contrairement aux sacs simplement dégradables, les fragments ou la poudre obtenue alors sont consommés par les microbes. Ce processus prend en moyenne une année, mais en fonction des additifs utilisés, cette période peut être réduite de trois à six mois.
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