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La valse de Pravind

24 avril 2004, 20:00

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«Bal fine largué », plaisante un syndicaliste. Pour lui, les consultations pré-budgétaires ne sont qu?une série de formalités qu?on complète sans trop attendre de résultats concrets en retour. Pravind Jugnauth, le ministre des Finances qui a lancé les auditions lundi dernier, est résolument opposé à cette façon de voir les choses. « Ces rencontres sont très importantes pour moi, car elles me permettent d?interagir avec tous les partenaires majeurs et d?entendre les propositions qu?ils peuvent apporter. »

Pravind Jugnauth semble effectivement accorder un grand intérêt à ces consultations. Avant de présenter son budget le 11 juin, il aura eu 14 rencontres avec différents groupes, associations et corps de métiers. Son appel au public pour des contributions a également été entendu. Ainsi, une centaine de lettres, mémoires et mails ont déjà atterri sur son bureau ou sur le site Web de son ministère dédié aux consultations pré-budgétaires.

Loin de reléguer ces rencontres au simple rang de folklore, Ariff Currimjee, le président du Joint Economic Council (JEC), fonde de réels espoirs dans les auditions. Le JEC et d?autres associations du secteur privé rencontrent Pravind Jugnauth mercredi prochain. La préparation du mémorandum que remettra le JEC au ministre à cette occasion fait l?objet d?une grande minutie. « Ce n?est pas le même type d?interaction que l?on peut avoir lors de la réunion habituelle gouvernement-secteur privé », explique Ariff Currimjee. Il pense que ces auditions permettront à toutes les associations du monde des affaires de demander des mesures concrètes, et parfois techniques, qui ne sont pas nécessairement débattues lors des grands-messes, faute de temps.

Outre le secteur privé, un autre groupe attire toute l?attention du ministre des Finances : les syndicats. Leur réunion avec Pravind Jugnauth a eu lieu jeudi dernier. Radhakrishna Sadien, président du Mauritius Trade Union Congress se dit « heureux » que les rencontres formelles aient repris. Les réunions pré-budgétaires n?avaient effectivement pas eu lieu en 2002 et 2003. « Il semble avoir accordé beaucoup d?attention aux propositions que nous lui avons faites. » Mais Sadien relativise l?exercice : « Ce n?est que lors de la présentation du budget que nous saurons si nos idées ont été prises en compte ou si les auditions n?ont pas été, en fait, qu?une opération de relations publiques. »

Les auditions ne sont-elles qu?une occasion de se voir et de prendre une tasse de thé ensemble ? À un peu plus d?un mois de la présentation du budget, le ministre des Finances dispose-t-il d?assez de latitude pour y inclure de nouvelles idées ? Radhakrishna Sadien et Ariff Currimjee répondent tous deux par l?affirmative à la deuxième question.

Le principal intéressé, Pravind Jugnauth confirme : « C?est tout à fait possible. Mais tout dépend de la nature de la proposition qu?on me fait. Une proposition simple peut nécessiter une série de mesures compliquées pour la mettre en application, elle peut également coûter cher à l?État ». Le ministre des Finances ne veut toutefois pas laisser passer les bonnes idées. Il explique donc que toute proposition intéressante peut éventuellement être reprise dans le budget suivant.

En attendant, les interlocuteurs de Pravind Jugnauth s?activent sur leur mémorandum. On trouve même des mauvais élèves et des retardataires parmi eux. Certains étant arrivés aux réunions pré-budgétaires, sans une idée concrète de ce qu?ils voulaient et surtout sans le précieux mémorandum. « Je leur ai demandé de me soumettre leurs memorandums le plus rapidement possible pour que nous puissions les étudier et considérer les propositions les plus intéressantes », commente Pravind Jugnauth.

Les consultations pré-budgétaires prennent fin le 29 mai avec une séance dédiée à la presse. Mais le ministre des Finances ne pourra pas se reposer très longtemps car les négociations tripartites seront lancées une semaine plus tard. Pravind Jugnauth risque de ne pas connaître de nuits calmes avant le 11 juin. Néanmoins, pour qu?il en connaisse après, il faudrait qu?il réussisse à marquer les esprits avec son premier budget. S?il ne sait pas ménager la chèvre et le chou, les commentaires des mécontents du budget pourraient le narguer longtemps après.

On trouve même des mauvais élèves et des retardataires parmi les interlocuteurs de Pravind Jugnauth

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