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Choix compromettants

24 avril 2004, 20:00

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Il y a des choix en politique qui finissent par lier pieds et mains de certains partis, les rendant vulnérables aux pressions diverses. Il y a des mots en politique qui peuvent vous perdre à jamais. Dans les grandes démocraties, les leaders sont capables d?autocritiques. Dans notre démocratie, l?éthique est une valeur bien relative. En une semaine, on a eu droit à toute une panoplie d?expressions et de postures qui indiquent le peu de cas que font nos politiques des critiques qui sont émises à leur égard. Sans doute, ils en font tellement l?objet qu?ils se sentent immunisés. Parfois, à leur crédit, il faut admettre qu?ils font l?effort d?une lucidité intelligente. Mais souvent, il suffit que la griserie de la foule les gagne pour rendre cette sagacité éphémère.

C?est ainsi que le temps d?un congrès, dont le succès populaire est indiscutable, pour que le MSM se sente à nouveau pousser des ailes. Réunir quelques centaines de personnes enthousiastes est un bon signe de sa capacité mobilisatrice, mais c?est est loin de démontrer la réelle force d?un parti dont le leader ne parvient toujours pas à faire le choix d?un positionnement qui lui permet de renforcer sa place sur l?échiquier. Une carrière politique ne se bâtit pas sur quelques coups ponctuels mais sur une stratégie élaborée.

Question de choix, le MMM est, pour sa part, bien embarrassé par les affaires qui accablent son député Dev Hurnam. Voilà le choix d?une candidature qui, dès le départ, devait susciter un certain nombre de questions. Depuis, ce parti charrie son candidat comme un portefaix dont il ne peut pas se débarrasser. La suspension des instances du parti dont on l?a infligé est loin des mesures rigoristes auxquelles on s?attendrait d?un parti qui tient à des principes solides. Mais on se retrouve une nouvelle fois dans cette logique des transferts punitifs qui caractérisent notre police par exemple.

Du côté des gouvernants toujours, on se fait fort de mener une lutte inégalée contre la corruption et le trafic des drogues. Voilà deux champs de bataille où il sera difficile de convaincre la population. Il y a eu effectivement l?introduction d?un certain nombre de mesures pour assainir la situation. On est toutefois loin d?une situation où corrupteurs/corrompus et trafiquants de drogue ne trouvent plus un espace pour évoluer. Et puis lorsqu?on fait valoir le principe de la présomption d?innocence dès que l?un des siens est concerné, cela n?aide en rien à sa crédibilité.

L?argumentation développée par le PTr sur cette question, en assurant que les parlementaires Choonee et Hurnam ont eu droit à des traitements moins préférentiels que d?autres élus de la majorité, respire, elle, un communalisme primaire. On ne peut, par contre, omettre de relever que le député travailliste Arvin Boolell a eu la décence de présenter ses excuses à la suite de son comportement lors des travaux parlementaires de mardi dernier. Il est toujours préférable d?éviter de commettre des erreurs qu?à avoir à présenter des excuses mais, dans le présent cas, l?initiative se doit d?être soulignée.

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