Publicité
Jack Bizlall joue gros
«Mo outre a enn degre inimazinab en tant qu?homme lib et demokrat kan mo finn pran conesans tou bann erer ki finn ena nivo l?Icac. » Lorsqu?il est convaincu de la justesse d?une cause, le syndicaliste Jack Bizlall ne recule devant rien.
Hier, il a rendu public, un document qui donne de plus amples détails sur ce qu?il qualifie de huit cases qu?il a établis contre Navin Beekarry, commissaire de l?Independant Commission against Corruption (Icac) et la commission en tant qu?institution.
Six de ces cases touchent directement Navin Beekarry. Ils concernent, entre autres, la vente de sa voiture par le biais du concessionnaire Iframac, une transaction que le syndicaliste estime être teintée de «pratiques criminelles», les pressions prétendument exercées sur l?ex-enquêteur Devenand Halkharee pour que celui-ci consigne une déposition défavorable contre l?ex-directeur de la division des investigations de l?Icac, Roshi Bhadain, l?utilisation alléguée de la voiture de celui-ci par l?épouse du commissaire, le réaménagement des bureaux du commissaire et de ses adjoints au coût de plusieurs millions de roupies.
Jack Bizlall n?épargne pas Gérard Bisasur, commissaire adjoint. Il allègue que celui-ci serait intervenu pour interdire l?arrestation de deux suspects. Il soutient que Gérard Bisasur n?a pas jugé utile d?indiquer qu?il était avoué d?Advance Engineering Ltd, une compagnie ayant prétendument bénéficié des fonds détournés de la Mauritius Commercial Bank (MCB).
Le citoyen et la commission
Jack Bizlall donne l?impression qu?il confond l?homme Navin Beekarry et l?institution qu?il dirige. Les transactions autour de la vente de voiture sont une affaire personnelle qui concerne le citoyen Navin Beekarry. Jack Bizlall ne se limite pas à cette transaction. Il cite volontiers d?autres affaires qui concernent la commission en tant qu?institution. Cependant, il s?étonne que c?est la commission qui fait publier un communiqué à la suite des allégations contre Navin Beekarry.
En exigeant des explications de Navin Beekarry, Jack Bizlall donne à penser que ses critiques sont vagues et n?auront de poids que lorsque Navin Beekarry décide de parler. Devant le silence de celui-ci, Jack Bizlall menace et promet de passer à l?action. Il fixe un ultimatum à Navin Beekarry qui a expiré. Devant le silence de Navin Beekarry, il a repoussé l?ultimatum.
Quid du droit d?un citoyen constitutionnel de garder le silence face à des accusations portées contre lui. Jack Bizlall a révisé sa position : «Je n?ai pas de leçon à donner à Beekarry. »
Malgré les contradictions apparentes de sa démarche, Jack Bizlall est convaincu qu?il dispose de suffisamment d?éléments pour justifier non pas un fact finding committee (« qui prendra trop de temps pour publier ses conclusions »), mais une enquête au niveau de l?Appointment?s Committee.
En ciblant Navin Beekarry et l?organisme que dirige celui-ci, Jack Bizlall a pris un grand risque : celui de porter des allégations très graves contre le symbole même de la lutte contre la corruption.
Nous avons, à maintes reprises, sollicité une déclaration du commissaire de l?Icac. Mais en vain. La seule communication, signée de l?Icac, était le communiqué diffusé mardi. « Les allégations de Bizlall font l?objet d?une étude (? ) et la commission et les commissaires prendront les décisions qui s?imposent. »
Dans cette affaire, Jack Bizlall sait qu?il joue gros. Seul l?avenir dira s?il a misé, comme dans l?affaire Air Mauritius, sur le bon numéro...
<B>L?affaire portée au Parlement</B>
Le député Siddick Chady revient à la charge sur l?Icac au Parlement mardi. Il interrogera le Premier ministre sur les allégations de Jack Bizlall à l?encontre du commissaire Navin Beekarry. Il veut connaître la position du gouvernement sur la question de même que les mesures envisagées. Récemment, Paul Bérenger avait répondu qu?il ne pouvait divulguer certaines informations sur la commission et qu?il appartenait au comité parlementaire de veiller à son bon fonctionnement.
<B>Le syndicaliste porte des allégations graves contre le symbole même de la lutte contre la corruption. </B>
Publicité
Publicité
Les plus récents