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Hauts gradés sur la sellette
Info ou intox ? Depuis le début de cette semaine, les noms de plusieurs hauts gradés sont cités avec insistance dans les milieux de la police comme faisant l?objet d?une enquête interne en vue d?établir leurs liens éventuels avec le notaire Vinay Deelchand. Ils ont été, à un moment donné, responsables des enquêtes criminelles qui impliqueraient directement ou indirectement le notaire soupçonné de pratiques mafieuses. Les Casernes centrales vérifient s?il n?y a pas eu des failles volontaires au niveau des dossiers ? cités par Antoine Chetty, l?homme de confiance du notaire ? traités par ces officiers. L?enquête porte sur un assistant commissaire de police (ACP), un surintendant de police (SP), un assistant surintendant de police (ASP) et un ancien ACP ayant tenu les rênes du Central Criminal Investigation Department (C CID), entre autres, selon une source de l?hôtel du gouvernement, digne de foi.
Jusqu?ici, la rumeur au sein de la force policière voulait que les noms de ces officiers aient été balancés par Antoine Chetty. La rumeur avait atteint une telle proportion que l?homme de loi du garde du corps, Me Samad Golamaully, a fait parvenir une lettre au commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, pour souligner que son client n?a pas consigné de dépositions en ce sens.
Protégé par des policiers
En fait, les Casernes centrales semblent avoir pris les devants pour tenter d?établir si ses hommes avaient des liens avec le notaire cité dans le passé dans plusieurs affaires criminelles.
Depuis son arrestation en mars dernier avec sa compagne, Anju Lallah, pour possession de 825 grammes d?héroïne évalués à plus de Rs 8 millions, Antoine Chetty a fait un déballage en règle. Il accuse Vinay Deelchand d?être le propriétaire de la drogue et soutient que ce dernier est impliqué dans le trafic de drogue depuis plusieurs années. Il l?accuse également d?être derrière des transactions douteuses dans le domaine foncier, de faire usage de faux, d?avoir ordonné des missions d?intimidations , de tentatives d?assassinats ainsi que d?assassinats, entre autres. Antoine Chetty allègue aussi que le notaire, qui nie les faits jusqu?ici, n?aurait pas été inquiété par la police car il bénéficiait de certaines protections au sein de la police.
Ce qui expliquerait l?enquête menée par les Casernes centrales ces jours-ci. De vieux dossiers dans lesquels le nom de Vinay Deelchand a été mentionné à un moment ou un autre, sont déterrés. Il y a, entre autres, le cas de Parvez Damree, un homme retrouvé mort par overdose en 1994. Antoine Chetty raconte aux hommes de l?inspecteur Hector Tuyau que le notaire a ordonné son kidnapping et son assassinat après qu?il l?a impliqué dans une affaire de drogue? Après la mort de Parvez Damree, le ministère public n?a alors eu d?autres alternatives que de rayer l?accusation provisoire contre Vinay Deelchand.
Il nous revient que l?ancien commissaire de police, Raj Dayal, sera incessamment entendu par les enquêteurs de l?Anti Drug Smuggling Unit (Adsu) par rapport à l?affaire Parvez Damree. Un ancien compagnon de cellule du disparu avait fait parvenir une lettre à Raj Dayal. Lettre dans laquelle il raconte qu?Antoine Chetty lui avait demandé d?alerter les autorités sur les agissements du notaire si jamais il venait à disparaître. La lettre avait été versée au dossier à charge mais il semble qu?aucune enquête n?avait été initiée contre le notaire. L?ancien commissaire de police sera également appelé à s?expliquer sur l?allégation selon laquelle il aurait demandé que le nom du notaire soit enlevé d?une liste de présumés trafiquants de drogue durant les années 90.
L?affaire Vinay Deelchand n?est pas près d?être terminée. En attendant, les bureaux du notaire ont été mis sous scellés et il doit aussi faire une déclaration de ses avoirs. Ceux-ci pèseraient Rs 100 millions, avance une deuxième source de l?hôtel du gouvernement. (Voir aussi pages 14-15 pour l?affaire Dev Hurnam)
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