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Bibliothèques Le monde du silence et du savoir
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Bibliothèques Le monde du silence et du savoir
L?homme s?y sent bien. Midi sonne à travers les cloches de l?église et réveille les ventres, mais eux n?entendent que Sartre, Picasso ou Astérix. La salle est peuplée de mots au Centre Culturel Charles Baudelaire, à Rose-Hill. Quelques têtes farfouillent dans les bouquins, à la recherche d?une peinture, d?une information ou d?une minute de plaisir, tout simplement. Dans le recueillement le plus complet, on ose à peine parler. Il faut murmurer et écouter pour comprendre ces souris de bibliothèque.
Leur regard se lève à peine. Plongés dans leur lecture, Yannick Sagor, 20 ans, et Didier Jeewooth, 19 ans, étudient. Didier gribouille quelques notes, Yannick se noie dans un livre retracant les pratiques du journalisme. «Ce que nous retrouvons ici, c?est l?ambiance inégalable des bibliothèques. Une atmosphère qui nous encourage à étudier», souffle Didier. Venu de Saint-Pierre, il s?est déplacé pour titiller ses neurones au Centre Culturel Charles Baudelaire, parce que «dans une bibliothèque, on obtient plus de références, d?informations et de répertoires». Didier préfère de loin étudier ici que chez lui !
Le nez niché dans son bouquin, les mains constamment en mouvement, Yannick Sagor est venu pêcher des notes. Il ne tarit pas d?éloges sur le silence agréable des lieux. «Parfois, la sonnerie du téléphone me dérange, mais c?est si plaisant de travailler parmi tant de livres ! J?y viens deux fois par semaine, ça m?offre plus de facilités». Tout est dit. On pourrait sentir les esprits virevolter dans la salle où cohabitent concentration et plaisir de découvrir. Les esprits rêvassent, errent dans les histoires et les images qui défilent devant les yeux. Au loin, une petite fille timide admire les peintures d?un certain Cézanne, tandis qu?un autre feuillette les liasses de magazines étalés çà et là pour allécher le lecteur.
<B>Lecture Et Voyage
Dans la bibliothèque des petits du Centre Culturel Charles Baudelaire, Tania, neuf ans, Laeticia, onze ans et leur mère Shalini Beerjeeraz sont plongées les bandes dessinées et les contes. Sur la pointe des pieds, Tania contemple les livres sur les étagères. Blanche Neige la fait vaciller, les aventures de Ratus ou de Romain, Graine de champion encore plus. «La lecture me permet de voyager. C?est même pour cela que je regarde des documentaires sur les animaux», confie Tania qui cherche des yeux un livre enfoui dans la colonnie de contes féeriques. Sa mère reste tout près. «Au fait, je lui ai montré à choisir ses bouquins. Au fur et à mesure que les années passent, je reconnais que son style d?écriture évolue beaucoup», explique-t-elle. Mais ce qui incite ces jeunes esprits à vagabonder entre les étagères truffées de livres, c?est la magie qui y règne. Des petits fauteuils ornent les pièces rien que pour accueillir les corps frêles de ces enfants subjugués par l?attraction des histoires de conte de fées.
Retrouvons maintenant, la fabuleuse histoire des vieux livres de la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill. Combien de lecteurs affamés ont parcouru les mots de ces livres datant de plus de 50 ans ? Combien de yeux ont caressé les habits difformes, salis et en lambeaux de ces bouquins ? Impossible à déchiffrer. Ce sont plus de 40 000 livres qui s?entassent dans cette bibliothèque. Chaque jour, les abonnés se rassemblent, contemplent jusqu?à satiété ces vestiges du passé. Le c?ur gros, la faim encore présente, ils repartent alors avec deux livres seulement, selon leur abonnement.
«Les très vieux livres, nous ne les conservons pas. Qui voudraient lire de tels livres ? On les brûle ou on les envoie dans les prisons», explique Marie-Claude Duval, Senior Librarian à la Municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill. Mais ce que les lecteurs viennent capter dans cette bibliothèque, c?est justement recueillir chez eux, la poussière qui recouvre les vieux livres. Une poussière de longues années d?attente. Cette bibliothèque publique s?efforce d?offrir un service quasiment gratuit à ces abonnés. «Ce n?est pour rien que le public paie la taxe ! On leur propose ce service de bibliothèque publique à un prix minimal. Et nous avons aussi des branches dans certaines zones annexes, comme à Camp Levieux, Plaisance, Chebel? », explique Marie-Claude Duval. Tous ceux qui pénètrent dans cette salle savent que le silence prime. Certains se plongent derrière les journaux, obtenus gratuite ment, d?autres prennent un air plus sérieux devant un livre de Paulo Coelho, tandis que de l?autre côté, des enfants entrent dans les bulles des bédéistes. A Rs 5 le mois, l?abonnement se fait tout naturellement.
Qu?elles soient privées ou publiques, les bibliothèques entretiennent les passions et déchaînent les lecteurs. Jeunes comme vieux, tous fondent dans le silence apaisant d?une bibliothèque, mère des inspirations et des rêves.
<B>Yves Chan Kam Lon, Directeur de la National Library
«Que cette journée réunisse tous les lecteurs !»
<B>Nous célébrons la journée du livre. Quel est votre message pour cette journée ? </B>
En tant qu?institution phare, nous avons pris une initiative : que cette journée mondiale du livre réunisse tous les lecteurs ! Cela fait 10 ans que nous prenons les devants, avec nos partenaires cette année et l?ouverture de plusieurs Centres de Lecture et d?Animation Culturelle, nous mettrons tout en ?uvre pour qu?elle soit réussie !
<B> Et vous, que vous apportent les livres ? </B>
Ah ! Moi, j?ai été élevé dans la culture des livres même si je n?en avais pas les moyens ! A l?époque, je lisais des bandes dessinées ou des classical illustrations. Ce sont ces livres qui m?ont donné un apprentissage de la culture et je payais 10 sous par jour ! J?étais aussi abonné à la municipalité de Port-Louis, et maintenant, je suis le directeur de la National Library ! Cela prouve qu?à travers les bibliothèques, on peut devenir quelqu?un de grand ! Je veux inciter les autres à suivre les mêmes traces que moi !
<B> Nous entendons souvent que Maurice est atteinte d?inculture, est-ce vrai ? </B>
Dans l?ensemble, les Mauriciens n?achètent plus autant de livres. Bien sûr, il existe plusieurs facteurs qui provoquent cette baisse d?achat, notamment le coût des livres ! Voilà comment certains arrivent jusqu?aux bibliothèques publiques, de cette façon, ils garnissent leur collection de livres. Je suis assez d?accord, Maurice a encore du chemin à faire.
<B>Le public a l?impression que la National Library n?est pas assez accessible. Qui peut y accéder et quels services offrez-vous ? </B>
La National Library est ouverte à tout le public ! Au contraire, j?encourage toutes les écoles primaires et secondaires à venir découvrir nos collections de livres. Ce serait formidable si nous pouvions avoir plus de visiteurs !Nous sommes ouverts au monde entier ! Du lundi au vendredi, de 9h00 à 16h00 et le samedi de 9h00 à 12h00.
<B>Rendez-vous au Port-Louis Waterfront</B>
Aujourd?hui, au Port-Louis Waterfront, de 9h30 à 22h00, plusieurs associations culturelles, bibliothèques ou libraires proposeront une panoplie d?activités au public. Des bibliobus et des cybercaravanes seront présents de 10h00 à 18h00 tandis que le National Computer Board proposera une initiation à l?Internet durant toute la journée. Plusieurs auteurs feront des dédicaces, parmi, Yvan Martial, Lilian Berthelot et Mirella Couronne. Un récital de poésie et des lectures d?extraits de livres mauriciens auront lieu de 11h30 à 13h00. La Bibliothèque Nationale lance un quiz à 13h00 et un concours d?orthographe à 13h30. Divers prix seront offerts aux gagnants. A partir de 16h00, le Kimé Acrobatic Group qui animera un mini-spectacle. Menwar égayera la scène du Port-Louis Waterfront avec sa musique sagaï et fusion à 16h30 ! Le Centre Culturel Charles Baudelaire organise par la suite, à 18h30, une projection de films documentaires. La Fête du livre finira par de l?humour avec les Komiko, de 20h00 à 22h00.
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