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Mandla Bebeza et Sello Pesades danseurs au rythme de l?Afrique

23 avril 2004, 20:00

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«Je sculpte les formes de mon corps, je noie mes émotions dans mes gestes et j?exploite les langages corporels». Sello Pesa porte son art dans son âme et son esprit. Ce qu?il fait sur scène, c?est de la danse contemporaine, «moins classique, moins traditionnelle avec moins de technique. Une danse créative, l?ère du troisième temps, le temps présent et imaginaire».

Quand on pense qu?il a commencé par faire du hip-hop dans son village à Soweto, en Afrique, on se demande comment il en est arrivé là, sublime danseur aux longues tresses rastas, qui joue avec sa chair et parle avec les mains. Sello Pesa «croyait avant, que seuls les blancs pouvaient danser». Maintenant, il est sûr que c?est faux.

En 1997, Sello Pesa s?élance en Angleterre pour étudier la chorégraphie, le ballet, le jazz et la danse contemporaine. Puis, c?est sa vie qui défile, entre les spectacles, les impros et autres projets autour du monde. Sello découvre une autre vision, le sens profond du mot «contemporain».

Ses créations, ils les portent sur sa peau, comme Scars, un travail inspiré de la vie d?un écorché vif, ou encore, le Same but different, un titre qui oppose deux parallèles. Pourtant, c?est simple. «A Soweto, les gens ne croient pas au

lendemain. Ils vivent au jour le jour, répétent presque toujours ce qu?ils font. Cela prouve que partout où nous sommes, on vit peut-être des événements différents mais nos émotions restent inchangées. Nous sommes toujours les mêmes !».

Voilà comment il se retrouve, aujourd?hui, parmi tant d?artistes mauriciens assoiffés de connaître une autre culture de la danse, celle de Sello et de Mandla. Les yeux voilés par ses lunettes jaunes, la stature droite, il installe la vingtaine d?artistes en cercle, augmente leurs pulsions, fait vibrer la salle et établi une communication entre lui et eux.

«Le travail des Mauriciens est très intéressant et très prometteur. Je suis là pour le partage des émotions et de mon savoir». C?est ce qu?il démontrera au public avec Same but different, le 27 avril, avec Jean-Renat Anamah, le Mauricien choisi pour remplacer Virginie Berger, habituelle partenaire de Sello. Plus, en retrait, ses mains virevoltent dans les airs, frôlent parfois l?épaule de son interlocuteur et attendent inlassablement de pouvoir s?exprimer enfin. Mandla Bebeza jouera aussi dans le spectacle avec Sello Pesa et Jean-Renat Anamah.

Il piétine d?envie de découvrir «les énergies» qui émanent des danseurs mauriciens. «Il faut s?ouvrir l?esprit, connaître différentes cultures et traditions pour créer nos propres techniques. Quand je voyage, je dois tout oublier et réapprendre des autres.» La passion de la danse l?a pris par les sens alors qu?il n?était encore qu?à l?école. Suivant les danses zouloues de l?Afrique, Mandla recherche beaucoup plus. Il passe une audition à Johannesburg, vole de groupe en groupe, puis, décide de se lancer seul car «l?homme doit se fondre dans la danse pour en extirper son talent».

Ce n?est pas en fréquentant une école de danse professionnelle qu?il sera danseur. Mandla Bbeza naît de nouveau. Sous l?apparence d?un artiste qui joue avec les ficelles de la liberté de la danse contemporaine.

«J?aime faire des mouvements inattendus.

Surprendre les autres». Au CCB, Mandla étonne par sa simplicité. Avec Jean-Renat Anamah, le trio guide, fusionne sur les mouvements, mélange les gestes.

Tandis qu?une musique africaine envahit la salle, avec ses rythmes, ses pas et ses percussions, les artistes s?oublient. Ils délaissent leur enveloppe corporelle et dansent avec l?âme. Christine Monique et Christian Rouget, deux danseurs confiaient plus tôt que «la danse, c?est notre vie. Notre seul moyen d?extérioriser ce que nous avons à l?intérieur». Ce moyen est surtout empreint de beauté, de talent et de créativité. Trop beau pour des mots. La danse contemporaine c?est bien plus qu?un corps, c?est un appel de l?âme en fusion.

Sello Pesa, Mandla Bbeza et Jean-Renat Anamah seront au Théâtre Serge Constantin le 27 avril à 20h00. Le billet est à Rs 200.

Durant le passage de ces danseurs, l?Afrique aura épousé toutes les courbes et les mouvements de notre île.

<B>«Il faut s?ouvrir l?esprit, connaître différentes cultures et traditions pour créer nos propres techniques. Quand je voyage, je dois tout oublier et ré-apprendre des autres.»</B>

<B>«A Soweto, les gens ne croient pas au lendemain. Ils vivent au jour le jour, répétent presque toujours ce qu?ils font. Cela prouve que partout où nous sommes, on vit peut-être des événements différents mais nos émotions restent inchangés. Nous sommes toujours les mêmes !».

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