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Calme à Falloudja, Bremer s?apprête à parler aux Irakiens
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Calme à Falloudja, Bremer s?apprête à parler aux Irakiens
Les armes sont restées silencieuses hier matin à Falloudja, à l?ouest de Bagdad, où des habitants tentaient d?extraire des corps de bâtiments détruits et des civils déplacés par les combats de regagner leur ville.
A Bagdad, l?administrateur américain de l?Autorité provisoire de la coalition (CPA), Paul Bremer, apportait la dernière touche à une déclaration télévisée attendue dans la journée sur la réintégration d?une partie des anciens cadres du Parti Baas de Saddam Hussein.
Dans la crise des otages, le ministre allemand de l?Intérieur, Otto Schilly, a confirmé jeudi soir que deux agents de sécurité allemands portés disparus depuis deux semaines en Irak étaient «certainement» ou «très probablement» morts. Au moins 29 civils étrangers ont péri de mort violente en Irak au cours des mois de mars et avril. Au total, une cinquantaine de ressortissants étrangers ont été enlevés, la plupart d?entre eux ayant recouvré leur liberté sains et saufs.
<B>«QUELQUES JOURS» AUX INSURGÉS</B>
Aucune information nouvelle n?est parvenue en revanche concernant le sort des trois otages italiens, dont la détention prolongée inquiète les Italiens alors que le président du Conseil, Silvio Berlusconi, avait publiquement exprimé son optimisme en début de semaine.
A Falloudja, dans le «triangle sunnite», une vingtaine de volontaires s?affairaient vendredi autour des ruines d?habitations détruites dans les combats acharnés entre «marines» américains et insurgés irakiens. D?après des témoins, trois corps ont été extraits de l?enchevêtrement de béton et de barres métalliques dans le quartier de Golan. Sept autres avaient été retrouvés la veille.
Une trêve fragile, toutefois ponctuée d?affrontements, tient depuis le début de la semaine dans cette ville de 300.000 habitants qui a été le théâtre de combats sans précédent depuis la chute du régime de Saddam Hussein, en avril 2003.
Mais le général James Conway, commandant le 1er Corps expéditionnaire des «marines» basé dans l?ouest de l?Irak, a donné «quelques jours et non quelques semaines» aux insurgés de la ville encerclée par les forces américaines pour remettre leurs armes.
«Nous ne faisons pas confiance aux Américains. Nous craignons qu?ils ne violent le cessez-le-feu», estimait vendredi un habitant de Falloudja, Ali Saleh. «Si les occupants veulent la stabilité, ils doivent rester hors de cette ville.»
Selon des médecins de l?hôpital général de la ville, plus de 600 Irakiens ont été tués dans l?offensive lancée le 5 avril par les «marines» contre Falloudja, six jours après que quatre agents de sécurité américains eurent été tués et leurs corps mutilés et exhibés.
Falloudja est un bastion de l?insurrection sunnite depuis l?an passé. Lors de la guerre éclair menée par les forces anglo-américaines contre le régime de Saddam Hussein, aucun combat ne s?y était déroulé.
<B>«REBAASSIFICATION» ?</B>
Mais l?hostilité de la population contre les Américains a éclaté en avril de l?an dernier, lorsque les forces américaines ont ouvert le feu sur des manifestants, faisant une quinzaine de morts.
Le mois suivant, l?Autorité provisoire de la coalition (CPA) démantelait les forces armées irakiennes, les services de sécurité, les ministères de la Défense et de l?Intérieur de l?ancien régime, et limogeait des dizaines de milliers de fonctionnaires dans le but de défaire l?Irak de son passé «baassiste».
Mais cette politique de «débaassification» n?est plus d?actualité, du moins sous sa forme initiale. Les Etats-Unis ont en effet annoncé jeudi qu?ils réintègreraient certains ex-officiers et hauts fonctionnaires du régime de Saddam Hussein.
Cette révision pourrait même permettre à d?anciens membres du Parti Baas d?intégrer un gouvernement intérimaire irakien dont les émissaires de l?Onu tentent actuellement de mettre au point la formule, a déclaré le porte-parole de la Maison blanche Scott McClellan.
Paul Bremer, le gouverneur américain de l?Irak, devait s?en expliquer dans une déclaration aux Irakiens.
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