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Vétérinaire, un métier peu populaire

22 avril 2004, 20:00

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<B>NORBERT est aussi soucieux de la santé de ses chiens que de la sienne. Il tient minutieusement leur ?carnet médical? et ne rate aucun rendez-vous pour les vaccins. ?Je sais exactement quand les emmener chez le vétérinaire. C?est habituellement à intervalles réguliers.? Aussi réguliers que les check-up de Norbert.

Cette attitude envers les animaux domestiques est nouvelle dans les m?urs des Mauriciens. ?Ils sont désormais plus attentifs aux besoins médicaux de leur chien ou de leur chat?, confirme le vétérinaire Jean-Marc Marie-Jeanne. Preuve s?il en faut, cette multitude de bénévoles qui s?engagent avec la dévotion de missionnaires auprès d?organisations pour les animaux maltraités.

Tant mieux si les animaux sont mieux aimés. Sauf que cela a abouti à un manque de vétérinaires. Pas plus tard que mardi dernier, au Parlement, le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, le déplorait. Ils ne sont que 48 actifs dans le pays, 30 dans le secteur public et 18 dans le secteur privé.

Le besoin de vétérinaires se fait sentir d?autant plus que le domaine agricole requiert de plus en plus de bras. ?Le monde vétérinaire a évolué. Les nouveaux élevages, les nouvelles réglementations sur l?hygiène dans le secteur agroalimentaire font qu?il faut plus de vétérinaires qu?auparavant?, explique le Dr Lala Lajput Beeharry, qui a longtemps travaillé pour le gouvernement et qui s?est mis à son compte. Trente vétérinaires suffisaient auparavant, mais aujourd?hui, chaque secteur différent de l?agriculture a besoin de ?son? spécialiste.

Dans quelques années, les effets de cette pénurie seront plus pénibles, prévient le Dr Harryduth Bissessur, vétérinaire à la Division of Veterinary Services. Car, déplore-t-il, le métier n?intéresse pas les jeunes. Trop longues, trop chères, les études médicales ont désormais de sérieux concurrents.

Une question de passion

Quelques rares cas permettent de ne pas désespérer. Annabelle vient de quitter le pays pour des études de vétérinaire en Afrique du Sud. Nadia, qui vient tout juste de terminer l?école, se prépare à partir. Il faut en encourager d?autres; faire circuler l?information sur les différentes perspectives du métier qui n?atteint pas la jeunesse, conseille le Dr Bissessur.

Information ? N?est-ce pas surtout une question de passion. À entendre Nadia, on a tendance à le croire. ?J?ai été d?abord poussée par ma passion pour les animaux. Et puis j?ai vraiment su que je voulais en faire mon métier après avoir passé une semaine en forêt avec une équipe de la Wild Life à observer les animaux en voie de disparition, la cateau verte ou le pigeon des mares?, nous confie-t-elle. Peut-être faudrait-il plutôt encourager le contact direct avec les animaux?

Activités

Risques des maladies animales pour les humains

  • Les vétérinaires mauriciens marqueront la journée par des causeries aujourd?hui au Farmers? Service Centre à St Pierre, sur le thème ?Risk of Animal Diseases to Mankind?, sujet d?actualité après la peur causée par le décès de 30 000 poulets récemment. Plusieurs collégiens seront présents.

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