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« Que l?on se rassure, le bénévolat à Maurice n?est pas mort »
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« Que l?on se rassure, le bénévolat à Maurice n?est pas mort »
Qu?est-ce le Macoss et quel est son rôle dans la société ?
Le conseil a été créé en 1965 à un moment où Maurice préparait son accession à l?Indépendance. À cette époque, il n?y avait que des organisations comme la Croix Rouge et la St-John Ambulance, avec des activités centrées sur la communauté, et elles devaient coordonner leurs actions pour offrir un meilleur service. La période post-indépendance est ensuite venue soulever de nombreuses interrogations par rapport aux problèmes tels que la pauvreté, les personnes âgées, les enfants défavorisés, l?environnement, la drogue et il a fallu gérer tout cela. D?où ce besoin d?encadrer ces petites organisations qui commençaient alors à émerger. Le Macoss s?est surtout intéressé à la formation des volontaires et aide les organisations dans leur mission en les recommandant auprès des sources de financement telles le NGO Trust Fund, le Trust Fund for Vulnerable Groups et autres IFAD. De temps à autre, nous organisons des campagnes de sensibilisation sur les problèmes sociaux comme celle organisée récemment sur la courtoisie.
Quelle est la situation des ONG à Maurice et quelles sont leurs forces et leurs faiblesses ?
Ce n?est pas le rôle du Macoss d?évaluer les forces et les faiblesses de ses membres, mais nous essayons autant que possible de les aider à mieux gérer leurs organisations. D?autant qu?elles bénéficient de plusieurs sources internationales de financement sans compter les subventions de l?État. Nous tentons de leur offrir la meilleure assistance possible en faisant des études afin d?établir les paramètres dans lesquels elles seront appelées à évoluer. Nous leur offrons alors l?encadrement nécessaire.
Le Macoss n?a donc aucun droit de regard, par exemple, sur la gestion du financement ?
Il existe un code de conduite auquel sont tenues les organisations et elles doivent nous soumettre un rapport régulièrement.
Quel est en fait le rôle du NGO Trust Fund ?
C?est un plan de financement qui a été mis à la disposition des organisations non-gouvernementales par l?État pour leur permettre de financer leurs projets. Ce plan les aide à mettre en place un système pour offrir un service permanent.
Il y a des organisations qui ne représentent qu?elles-mêmes mais qui obtiennent le financement des autorités. Qu?en pensez-vous?
Auparavant, alors qu?il n?y avait aucun système de contrôle, nous avons parfois eu affaire à des organisations fictives gérées essentiellement par une famille. Leur principale activité était de se faire inviter par des sociétés internationales pour effectuer des voyages à l?étranger ou encore entrer en contact avec ces mêmes organisations pour obtenir de l?argent. Le problème était que ces organisations profitaient d?ouvertures pour s?infiltrer. Nous avons alors adopté une stratégie qui encourage les gens crédibles à créer des organisations, occuper le terrain et barrer la route aux escrocs. Nous prévenons les organisations internationales contre certains individus mal intentionnés et je peux vous assurer que nous arrivons à garder un certain contrôle et que nous parvenons à faire reculer les pratiques trompeuses.
Quels sont les principaux objectifs de ce plan stratégique de trois ans ?
Il vise à revoir et remettre en question tout le travail accompli jusqu?ici pendant les quarante ans d?existence du Macoss et dégager une nouvelle stratégie d?encadrement pour les organisations non-gouvernementales. D?où la présence du National Productivity Competitiveness Council (NPCC) dans ce programme. Nous visons l?excellence. De toutes les façons, avec l?évolution, les visions finissent par changer et il faut savoir s?adapter, d?où l?importance de revoir de temps à autre tout le système de fonctionnement pour nous permettre de rectifier le tir et de mieux servir la population. Et ce n?est qu?avec un personnel plus expérimenté que nous arriverons à atteindre notre but. Le service doit être professionnalisé et bien ciblé.
Les ONG ne devraient-elles pas être gérées par des professionnels payés ?
Je pense plutôt qu?une personne qui a une vocation profonde de servir et qui le fait volontairement et bénévolement est plus à même de fournir un meilleur travail que si elle n?était qu?un simple employé, plus intéressée par son chèque à la fin du mois que par le travail social. Cela dit, je pense que les travailleurs sociaux pourront bénéficier de l?apport technique de consultants par la formation et un bon suivi.
Le NGO Trust Fund fait d?ailleurs régulièrement appel à des travailleurs sociaux, comme c?est le cas en ce moment, pour leur proposer des cours, notamment sur les sciences sociales, à l?université de Maurice.
Êtes-vous personnellement un gestionnaire professionnel ?
Non, je suis responsable de l?élevage sur la propriété sucrière de Savannah mais je fais depuis toujours du travail social dans des organisations socioculturelles. J?ai été le président de la Jeune chambre économique de Quatre-Bornes et j?ai plusieurs fois travaillé au sein des sous-comités du Macoss. Et c?est avec beaucoup de plaisir que j?assume ce poste et j?essaie tant bien que mal de faire honneur à cette confiance placée en moi.
Il y a comme une impression que le volontariat se perd de plus en plus à Maurice, le ressentez-vous personnellement ?
Je dirais plutôt que l?esprit de service et du bénévolat est toujours là mais que le matérialisme, où les individus ont tendance à penser plus à eux-mêmes qu?aux autres, est en train de gagner du terrain. Les leçons particulières qui se déroulent souvent des week-ends entiers n?offrent plus beaucoup de possibilité aux jeunes pour faire du social. Mais que l?on se rassure, le bénévolat n?est pas mort. Je mettrais plutôt cela sur le compte d?un manque de motivation.
« Il existe un code de conduite auquel sont tenues les organisations et elles doivent nous soumettre un rapport »
« Nous avons parfois eu affaire à des organisations fictives gérées essentiellement par une famille »
« L?esprit de service et de volontariat est toujours là, mais le matérialisme est en train de gagner du terrain »
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