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Porto, c?est costaud
A bien des égards, Lyon et Porto pouvaient avoir le sentiment de retrouver leur double dans leur face-à-face en quart de finale. Les points de comparaison ne manquent pas, de la jeunesse des entraîneurs au style de jeu en passant par la primauté du collectif sur le vedettariat individuel.
Il est un domaine en revanche dans lequel l?OL ne peut rivaliser avec son adversaire, c?est celui du palmarès et de l?expérience : Vainqueur de la Coupe des champions en 1987 et de la Coupe UEFA l?an dernier, Porto dispute son 13e quart de finale européen, Lyon son premier...
Et le match aller, il y a quinze jours à Porto, a également souligné le degré d?expérience supérieur des Portugais sur les Français. En s?imposant 2-0 chez eux, Deco et ses coéquipiers ont mis les Lyonnais à distance et au pied du mur avant le retour, ce mercredi à Gerland.
Le talent au service du collectif
Les doubles champions de France ont ainsi eux la confirmation qu?ils n?ont pas forcément hérité du meilleur tirage à ce stade de la compétition. Juninho s?applique d?ailleurs à marteler le message. « Depuis mon arrivée en France et en Europe, c?est la meilleure équipe que j?ai affrontée même si j?ai joué contre l?Inter, Barcelone ou le Bayern », jure le milieu de terrain rhodanien.
Beaucoup pensaient que l?équipe de José Mourinho avait atteint son apogée lors de sa victoire 3-2 face au Celtic en finale de la Coupe UEFA l?année dernière. Cependant, il semble aujourd?hui que les rumeurs du déclin imminent de Porto étaient quelque peu prématurées?
L?élimination du grand Manchester Utd en quart est encore dans toutes les têtes là-bas. « C?était une énorme satisfaction, non seulement en ce qui concerne le résultat, mais aussi pour la fierté que nous tirons de notre victoire », a déclaré Mourinho. « Battre Manchester United et être la première équipe portugaise à ne pas perdre à 0ld Trafford, c?est quelque chose de spécial. »
Porto, c?est avant tout un collectif solide et soudé, où le talent est au service de l?ensemble et non l?inverse. « L?équipe est très soudée, on s?entend très bien, la mentalité est excellente », confie Costinha, l?ancien joueur de l?AS Monaco, auteur du but décisif à Manchester au tour précédent.
Stable depuis quelques années, le groupe a mûri et tire aujourd?hui les fruits de son travail. D?autant que la victoire en Coupe UEFA la saison passée, associée au doublé Coupe-Championnat dans les compétitions domestiques, a apporté un supplément de confiance à des joueurs qui se sentent capables de tout désormais.
Porto, sans faille apparente
Même si elle repose avant tout sur des vertus collectives, la formation de José Mourinho peut aussi compter sur quelques joueurs de grande classe, comme Benni McCarthy et surtout Anderson Luis de Souza, alias Deco, pur joyau de la sélection lusitanienne. Mi-meneur mi-attaquant, il accélère le jeu comme personnne.
Mais le reste de l?équipe, au milieu en particulier, n?est pas maladroite non plus. « La force de Porto, c?est qu?il est très solidaire dès lors qu?il n?a pas le ballon pour le récupérer et quand il l?a, il y a vraiment beaucoup de qualités techniques », reprend Juninho.
Etre dans la peau du favori, c?est quand même quelque chose de nouveau pour Porto, mais comme l?a souligné Mourinho (qui aurait été contacté par les dirigeants de Liverpool pour succéder à Gérard Houllier la saison prochaine), ignorer ce sentiment d?être l?outsider est l?une des principales clés pour faire de Porto une véritable équipe de champions.
Revenant sur le match contre Manchester, Mourinho a déclaré : « Les fans attendaient un bon résultat, et aujourd?hui ils commencent à y croire, et c?est très important. Cette saison, ils sont sans doute beaucoup à avoir pensé qu?on pourrait rencontrer Manchester, mais maintenant ils pensent que nous pouvons arriver en finale. »
Complet, sans faille apparente, le FC Porto version Mourinho peut succéder à celui d?Artur Jorge, champion d?Europe en 1987 et ce, même si le contexte actuel est beaucoup plus concurrentiel. Milan se profile en demi-finale (après le carton 4-1 contre le Deportivo, en quart de finale aller) et, pourquoi pas, une finale face au Real Madrid, Arsenal ou autre?
La chance lyonnaise, c?est d?être conscient de ce potentiel, que Manchester, particulièrement secoué au Portugal lors du match aller, n?avait peut-être pas mesuré. Respectueux mais ambitieux, voilà le credo des Lyonnais pour le choc de mercredi à Gerland. Mais n?est-il pas déjà trop tard ?
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